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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 15:49

ophelie sourceMon amie Eline est venue se ressourcer chez moi,  à la campagne, dans mon donjon médiévale. A l’origine c’était un immense château fort. Mais il s’est écroulé durant la  guerre de cent ans, il ne reste que cette tourelle et les traces d’un chemin de ronde qui délimite le jardin. Les villageois on reconstruit avec les pierres du château, des maisons et des granges. Sur certaines pierres des animaux sont gravés: hiboux, chevaux, lion, licorne, dragon…La où je vis, au village nommé « Les lavandières » c’est très boisé.

Eline m’a apporté un très joli présent. Un jeu divinatoire. Un artiste à eu l’idée brillante d’utiliser des dessins de Redon pour en faire des lames. La peinture de Redon est si énigmatique, riche de symbole…On retrouve : l’araignée souriante, Jane d’Arc, le centaure, the Golden Cell, le bouddha, la cape jaune, le cyclops, les yeux clos… L’interprétation des lames a été écrite par Orianne Ducheval, qui à fait de longues études d’histoire de l’art. Il est enseignant à la faculté d’histoire de l’art de Poitiers, et a écrit plusieurs essaies : la peinture symboliste, la biographie de Redon, l’interprétation symbolique des œuvres de Redon, l’origine et l’interprétation du tarot de Marseille, les derniers druides… Redon à toujours eu un ŒIL ouvert sur le surnaturel.

Assit autour de la table ronde nous regardions les différentes lames éparpillées…J’ai fait infuser de la sauge dans de l’eau bouillante. On en a bu avec un peu de miel extrait de ma ruche. J’ai sortie le service à ma grand-mère, de jolies tasses, fragiles comme du cristal. Transparentes, teintée d’encre bleue nuit avec des motifs dessinées, des entrelacs, très fins en or. Le feu dans la cheminée s’affaiblissait alors j’ai remis une buche. Un hibou est sculpté sur le blason de ma cheminée. Des éclats de lumières bleues et or dansait dans la pièce. Un rayon de soleil filtrait par la rosasse.  Mon amie frissonnait encore de froid. Elle serrait la tasse dans ses mains pour se réchauffer un peu, et soufflait légèrement sur l’eau. Eline à des mains frêles, de longs doigts fins, une belle manucure.  Elle portait une longue robe noire. Elle a de longs cheveux blonds. Elle est très naturel, juste un peu de poudre, et un peu de mascara bleu allongeant ses cils. Moi je suis brune, les cheveux mis longs. Ce jour là je portais une robe mauve, mi longue avec de la dentelle noire aux extrémités.    

Nous sommes allées nous promener dans la forêt. Nous avons aperçu une biche. Alors Eline à pensé à l’astrologie chamanique.

-Nikita, moi je suis du signe chouette, animal nocturne, on ne peux rien lui cacher, elle voit et devine tout. Elle est très intelligente et pleine de sagesse. Attirée par l’ésotérisme. La chouette peut guérir les blessures émotionnelles de ses amis.

- Et moi ?

 -Tu es Faucon, Nikita, une vision extraordinaire, tu peux voir tous les détails mais aussi avoir une vue d’ensemble. Tu es très observatrice. Tu as aussi un troisième œil. Une grande sensibilité. Tu es active et volontaire mais tu peux être égoïste.

-Tu as raison Eline c’est tout à fait moi.

Nous avons marché sur les rives d’un lac…J’ai gouté l’eau bleuté avec ma main, des petits poissons s’approchaient de moi. Ressemblaient à des étoiles. Et le lac à une nuit étoilée. Chemin faisant, dissimilés entres les pétales des ficaires et des jonquilles,  j’ai trouvé un petit œuf. Comme dit Eline, j’ai l’œil. Un œuf avec de jolies taches, comme des grains de beauté sur la peau ou des taches de rousseurs. Il a du tomber du nid. En effet sur une des branches de l’érable, j’ai aperçu le nid, brimbalé par le vent. Cet œuf ressemblait à un œuf de caille. Par chance, il n’était pas cassé. Je l’ai emmené à la maison.

Chez moi j’ai des poules. Elles sont très marrantes, elles me suivent partout dans le jardin. Et pondent de bons œufs. Avec des brindilles, de la paille on lui a fait un nid douillet. Je l’ai installé non loin de l’âtre pour qu’il ai bien chaud. Je ne suis pas un oiseau, je ne pouvais pas le couver. Avec les œufs des poules nous avons fait des crêpes.

J’ai joué de la harpe et chanté d’une voix cristalline prêt de l’âtre. Eline m’a écouté. Ses yeux pétillaient. Elle buvait à petites gorgées son vin (d’une belle couleur sang) que j’avais versé dans une corne. Pendant qu’elle prenait son bain (dans la baignoire en ivoire, au robinet d’or et aux pieds griffus), je préparais le repas. La salle d’eau est une pièce voutée.  J’ai allumé quelques cierges, et lui ai mit  quelques larmes d’huile de monoï et de coco dans son bain. (Un présent d’un vieux loup de mer. Des huiles venant d’une île très lointaine. Ses huiles sont très rares ici dans nos campagnes Bretonnes) Du savon d’Alep sur le rebord de la baignoire. J’ai préparé une salade de pissenlit avec des glands et des noisettes. J’ai fait griller des tranches de pain de campagne. J’ai  tartiné dessus du fromage de chèvre. Un fromage que j’ai fait moi-même, mon vieux voisin à une chèvre et il me donne de temps en temps du lait. Elle s’appelle Pâquerette. Je la vois, intrépide, courir dans les prés et dévaler la colline. Pâquerette est libre comme l’air mais le soir il la rentre, car il y a des loups. En dessert nous avons mangé les crêpes au miel.     

Avant de nous coucher, j’ai consulté l’oracle de Redon. J’ai tiré une série de trois lames, l’œuf de la création, Mélusine et le gardien du seuil…Eline m’a conté son ressenti.

-C’est un bon présage. Il y a le gardien de seuil qui protège ton foyer, la fée Mélusine à la foi protectrice, elle est aussi la bâtisseuse mais elle détruit aussi lorsqu’elle est en colère, mais associé avec l’œuf de la création, c’est plutôt un bon signe. Le signe d’une naissance. 

-L’œuf c’est celui que j’ai trouvé dans les bois…Quel oiseau va sortir ?   

-L’œuf que tu as trouvé est un signe en effet…Mais je pense que les lames parlent d’une naissance plus importante que ça…

-Je suis enceinte ?

-Non, je ne pense pas, c’est sans doute une naissance symbolique…Il ne faut pas interpréter les lames au pied de la lettre…

On est monté se coucher. J’ai mit une grosse bûche dans le feu. J’ai tué la chandelle. Des chauves souris tournoyaient dehors,  une est passée très prêt de la fenêtre et s’est cognée les ailes contre le vitrail…La lune nous faisait de l’œil.  

J’ai fait un étrange rêve. Alors que je me baignais tranquillement dans la baignoire en chantant, Mélusine a surgit du bain. D’une voix malicieuse elle m’a murmuré et les murs on des oreilles, surtout sous la voute, où nos voix sont répétés par l’écho…

-Bientôt, tu auras un gardien de toi, de ton donjon. 

Dans sa paume de main, l’œuf aux tâches de rousseur.  J’ai éclaté de rire en le voyant. Ce n’est pas un petit oiseau qui pourra protéger mon donjon. Mélusine en remuant sa queue de poisson m’a éclaboussé, agacé par mon rire moqueur…Et je me suis réveillée. Le soleil se levait.

Mon amie dormait encore. J’ai fait ma toilette. Je suis sortie dans le jardin en longue robe bleue ciel, je me promenais entres les tulipes perlées par la rosée scintillante au soleil. Mon pied a heurté une dalle que je n’avais jamais remarquée. Un dragon en relief. Avec des ailes de chauves souris comme les avions…Et une longue queue de serpent comme Mélusine. Les écailles en forme de losange. J’ai soulevé la dalle, j’avais l’intuition que je pouvais trouver un trésor en dessous. Elle était lourde. J’ai hurlé en découvrant un nid de serpent. Un couple, leurs queues entortillaient l’une à l’autre.  J’ai crié si fort, qu’ils se sont enfuis en rampant… J’étais tétanisée, et je tremblais. Et si c’était un œuf de serpent que j’avais cueilli dans les bois ?! J’ai frissonné de terreur à cette idée.

J’ai découvert quelque chose, se couple de reptile était gardien d’un minuscule cercueil. Comme un cercueil de poupée. Moins large qu’une boite à chaussure. J’ai ouvert ce petit cercueil. On aurait dit le squelette d’un dragon, en miniature. C’était probablement le squelette d’un dinosaure bébé, car les dragons n’existent pas. Ceux qui on imaginés les dragons avaient découvert des sépultures de dinosaures…J’ai souvent pensé ça…Au moyen âge on devait trouver des carcasses dans la nature… Les chevaliers durant leurs chevauchés faisaient une halte parfois, recouvraient le squelette d’une peau de bête, et s’abritaient dessous…En ville, il y a un muséum d’histoire naturelle, je devrais montrer ce que je viens de découvrir, ils l’étudieront. Celui la, avait des ailes, des ailes comme les chauves souris. Comme celle qui s’est cogné au vitrail de ma chambre.  Et un long cou, une longue queu…Une longue colonne vertébrale.

J’ai pensé à mon rêve, à l’œuf dans la main de Mélusine. Cet œuf qui va bientôt éclore, je l’espère. Sans sa mère oiseau pour le couver… Mélusine m’a parlé d’un gardien. Jadis, dans les légendes, les dragons protégeaient les châteaux…Mais un dragon si petit, est vulnérable. Il n’était sans doute qu’un bébé lors de son décès.  

Nous sommes allées nous promener et avons fait une pause à un lavoir. Mon village « Les lavandières » porte bien son nom avec ses nombreux lavoirs. J’avais préparé un pique nique. Une salade de riz, et une tarte à la pomme parfumée à la cannelle. La tarte a cuit au feu de bois avec le pain au levain et aux graines de sésame. Nous avons goutté un excellent vin de pèche. L’eau chantait d’une voix claire mêlé au chant des oiseaux, les feuillages bruissaient…Dans l’eau, j’ai vu un visage se dessiner. Un mirage.

-Nikita, j’ai une impression de déjà vu, ça me trouble…Tu sais, nous avons plusieurs corps. Parfois il m’arrive de faire des voyages astraux. Et j’ai découvert qu’il existe des mondes parallèles…Des mondes féériques. Il y a le peuple des fées, le peuple des elfes, les lutins, les gnomes…Certains d’entre nous sont à la foi des humains mais aussi des êtres féérique. Comme nous avons plusieurs corps c’est possible. Si nous sommes incarnées ici, c’est que nous avons une mission sur cette terre. Ses personnes sont souvent très rêveuses et on des difficultés à vivre dans ce monde matérielle, avec un corps et la réalité terre à terre. Mais un jour nous retrouverons cet autre monde. Dans l’eau, j’ai vu une scène, comme un flash.  Tu sais, je suis signe de la chouette dans l’astrologie chamanique, j’ai un troisième œil. Je nous ai vu, nous avions des ailes de libellules, et portons de longues robes blanches et des bijoux en or. Nos cheveux étaient très longs, jusqu’aux chevilles. Tu les avais tressés. Moi je portais une couronne de fleurs. Nous étions aussi très fines. Nous frottions les draps en chantant gaiment pour la déesse. Les taches s’en allées instantanément, dans le courant…Et le drap devenait si blanc, presque transparent, et scintillant comme la neige au soleil…C’est vrai que le drap était dans l’eau, emporté par la rivière baignée de soleil. L’eau scintillait. Mais ce n’était pas seulement ça, la partie émergée hors de l’eau que nous frottions scintillait aussi. Une délicieuse odeur de savon de Marseille s’émanait dans l’air… Se mélangeait à l’odeur de l’eau si légèrement salé, imprégnée de la terre, des pierres…Une odeur de forêt, d’écorce, de mousse, de lichen, de fleurs…Il y avait une grande diversité de fleurs. J’ai vu des couleurs étranges, inquiétantes, des couleurs qui n’existent pas ici dans notre monde. Et les formes aussi m’étaient inconnues. Leurs odeurs singulières et merveilleuses. Les fleurs semblaient respirer. Les feuillages des arbres chantaient, ce n’était pas seulement un bruissement…C’était un chœur très aérien. J’ai trempé ma main dans l’eau, elle a chanté. Ce n’était pas une voix humaine, mais une voie d’eau, cristalline…Un oiseau au plumage bleu avec de beaux reflets mauves, s’est posé sur ton épaule nue. Ses pattes et son bec n’étaient pas jaune mais or…Et il  a dit : « Je reviens ».

Le soleil baignait la campagne. J’ai mit le nid dehors dans le jardin, au beau milieu des jonquilles et des boutons d’or, pour que l’oisillon profite du soleil.

Assise dans l’herbe nous regardions le petit œuf. Il s’est fissuré. Un oisillon bleu est sorti. Il lui restait une coquille sur la tête. Il s’est posé sur ma main. Et réclamait déjà à mangé.

Je l’ai nommé Céleste, car il vît dans deux mondes, ici et le monde des fées lavandières. Les premiers jours je l’ai nourrit avec les œufs des poules. Je me servais d’une allumette que je trempais dans la coquille d’œuf. Il en avalait quelques gouttes. Puis progressivement je lui donnais de la mie de pain, puis des graines.

Il virevoltait dans le donjon, se perchant sur les meubles, aux chandeliers, aux poutres, à la rambarde…Il s’envolait même dans le jardin et revenait. Céleste était libre.  

J’ai posé le squelette du dragon sur le rebord de la cheminée…Prêt de son élément, le feu. Je me suis dit qu’il protégerait le donjon des mauvais esprits et des chimères.

J’ai rêvé d’un dragon aux écailles bleues. Un dragon un peu asiatique. Il volait avec grâce, tournoyant autour du château. L’oiseau bleu planait à ses côtés. Ils jouaient ensemble. Dans mon rêve, mon château n’était pas en ruine. Il faisait beau, mais le ciel s’est assombri. Des nuées de fantômes noires se sont approchées du domaine…Encerclant le château. C’était des formes incertaines, mais menaçantes, leurs yeux cruelles, injectées de sang…Le dragon se débattait douloureusement, tournoyait à vive allure, en crachant des flammes …Il balançait sa queue aux écailles tranchantes, violement, sur les formes. Ses pattes griffues les déchiraient parfois mais le plus souvent ces fantômes passaient au travers son corps et grossissaient, se nourrissant de son énergie. Il était puissant mais les chimères étaient si nombreuses, il semblait se vider de l’intérieur…Comme si la rage le bouffait de l’intérieur. Dans le ciel le dragon semblait ivre, se cognait aux tours…Il gémissait plaintivement. Le dragon s’est mit à sangloter, ses larmes était des pépites d’or. Il a chaviré, tombé du ciel, épuisé…Son corps s’est écrasé dans la cours du château sans un bruit. Comme si il n’était qu’un dragon en papier ou en tissu pour le carnaval…Dans sa chute, son sang argenté a éclaboussé les murs et les vitraux. Les ombres se sont précipitées sur lui, l’enveloppant de nuit, le dévorant…Un vent léger s’est levé, les murs se sont envolés…Ce n’était qu’un château de carte. Je le pensais solide comme un roc…

 

 

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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 00:59

2----untitled.jpgJe suis dans le train couchette en seconde classe. Mon homme m’a laissé ce soir à la gare. On n’a pas pleuré, c’est une habitude du dimanche soir. Mon chat habitué à voyager, est couché sur le lit, semble m’attendre. Son grelot tinte. C’est un beau chat noir aux yeux bleus, phosphorés la nuit. Je le nomme Arabica. Je l’avais avant de rencontrer Soan. Dans la salle d’eau j’enfile ma longue chemise de soie bleue nuit avec un petit nœud couleur or. Flotte dedans. Je me brosse les dents. Me lave les mains avec du savon à la lavande que j’ai emporté dans une petite savonnière rose. Je me démaquille avec une crème hydratante bio à l’huile d’amande douce. Je me maquille beaucoup. Crème teinté rose ivoire aux huiles essentielles  (je l’achète dans une épicerie bio. Le vendeur me plait et m’intimide. Je rougis.) Au pinceau, de la poudre minéral à l’odeur de savon…Rose à lèvre à la cerise. Mascara et eye liner couleur eau.

Je sors de la salle d’eau, rejoins ma cabine. Grimpe à l’échelle du lit en hauteur. Arabica ronronne. Je me faufile sous les couvertures moelleuses. Je me sens comme sur un nuage. Arabica se couche sur ma poitrine. Par la fenêtre, je regarde le paysage défiler…Les étoiles si lointaines et se cil de lune. Une ville, des arbres, des lumières jaunes, bleues…Puis l’océan plutôt tumultueux, le sable…Une silhouette à la longue chevelure blonde marchant pied nu sur la plage, comme un fantôme. La pluie tombe sur les vitres. Les arbres échevelés par le vent qui se lève…Les vibrations du train ne me gênent pas, me bercent. J’entends mes voisins, un couple, parlaient à voix basse, paroles inaudibles mais je devine des mots doux…

 Avant de m’endormir je retire mon pendentif. Il ne me gène pas, je dors avec mes bijoux. Mais je m’en sers comme un pendule. Je lui pose des questions, il répond par oui ou par non. C’est toujours les mêmes. C’est une habitude avant de m’endormir, mais il me dit ce que j’ai envie d’entendre. Ma grand-mère aimé l’ésotérisme.  Elle m’a fait mon thème astral. M’a appris à lire l’avenir dans le marc de café. Elle faisait du très bon café indien et de délicieuses crêpes au chocolat et aux amandes. Le matin j’aimais ça…Le train longe la côte, je m’imagine dans l’eau, je flotte à l’intérieur de mon corps…Le train passe dans un long tunnel.   

Sursaut. Dans la nuit je m’éveille. Des yeux violets me dévisagent. Mirage…Un cauchemar mais je m’en souviens plus. J’ai la bouche sèche. Et mon ventre gargouille. Crampes dans l’estomac. Pas assez mangé hier. Je suis très mince…Arabica est à mes pieds, dort profondément. Je descends l’échelle prudemment. Petite fille, j’aimais les lits en hauteur pour dormir au ciel non loin de mon grand père. Je m’imaginais comme dans l’album de tintin « on a marché sur la lune ». Dans la couchette d’une fusée. Mon rêve devenir astronaute. Je traverse le couloir dans la pénombre jusqu’au wagon restaurant. Il n’y a pas un chat sauf la jeune serveuse probablement étudiante. Longs cheveux blond platines, visage fin de louve, yeux bleues mystérieux…Grande et fine, elle porte une longue robe en velours noir. Ecoute de la musique, du hard rock au casque. Elle dansait, je l’ai surprise, elle a rougit…Son parfum Serge Lutens. Je suis connaisseuse. « De l’incendiaire je tien l’allumette en déclarant ma flamme, je mets au feu ce qui me brule, m’immole… » J’entends sa voix masculine mélancolique, profonde. Devant une si belle jeune femme j’ai eu honte d’être ébouriffé. J’ai commandé une tisane à la camomille qu’elle a sucré avec du miel. Et une barre chocolatée aux noisettes. La jeune fille semble épuisée. Elle est belle, mais à présent, malgré son maquillage de geisha je remarque qu’elle a des petits yeux tristes, des cernes…Comme elle s’ennuie, elle cherche à parler avec moi…Je sens qu’elle a envie de se confier. Sa voix est douce, grave, monocorde…

-Vous n’arrivez pas à dormir ?

-Si. Mais je me réveille souvent dans la nuit…

-Moi, je ne dormais plus et j’angoissais…Alors j’ai décidé de travailler de nuit. Mais à force de ne pas dormir j’ai parfois l’impression de me dédoubler, de flotter hors de mon corps et je n’arrive pas à contrôler…Mon corps physique elle là mais ma conscience ailleurs, c’est comme dans des rêves…Je suis assez tranquille ici, les voyageurs dorment. Alors j’étudie, je lis…Je suis en fac de lettre. J’ai peur du noir, et de rester seul chez moi, ici je me sens moins angoissée. 

- Pourquoi êtes-vous triste ?

-Mon père est mort d’un cancer. A la fin de sa vie il était très faible et je me suis beaucoup occupée de lui.

-Et votre mère ? 

-Elle nous a abandonné, j’avais un an…Je n’ai aucune trace d’elle.

On a causé plus d’une heure. Je suis retournée au lit. J’ai dérangé Arabica.

Dans un demie sommeil, j’ai ressentie une main glisser sur mon sein. Une bouche bisant mon ventre. J’étais trop endormie, incapable de bouger. Mes bras étaient si lourd, tout mon corps me semblait si si ensommeillé, ancré…Je n’ai pas eu peur. Sa main tiède creuser un chemin entres mes cuisses humides. Elle a soulevé ma chemise de nuit. Elle m’a léché le sexe comme un chat lape du lait. C’était elle. Sauf qu’elle avait une corne à son front, des écailles de poisson sur la peau.

Je me suis réveillée. Arabica était anxieux, tremblait tant qu’il faisait tinter son grelot. J’avais du rêver mais mon sexe était irrité. Je me sentais vidé. Un peu comme après une dispute, des mots qui vont trop loin…

J’ai regardé par la fenêtre, j’ai vu une femme à la longue chevelure blonde, en longue chemise de nuit blanche, marchait le long de la voix ferrée. J’ai pensé à un suicide. J’ai caressé Arabica pour le rassurer. Si ce n’était qu’un rêve, pourquoi est-il dans cet état ?

Malgré tout j’étais tellement fatiguée que je me suis endormie jusqu’au matin. Le soleil comme un œuf. Sur le drap bleu j’ai découvert une alvéole de sang, des grains de sable…Et un cheveu blond. Ce n’était pas le mien. Je boitais. J’ai vu que les gens me dévisageaient méchamment. J’avais peut être trop hurlé de plaisir ou de douleur cette nuit. Je me suis sentie honteuse, surtout lorsque l’agent d’entretien est venue pour changer les draps. Elle n’a rien dit. Dans la salle d’eau, j’ai appliqué un baume magnétisé par un druide sur mon sexe pour apaiser l’irritation et surtout pour chasser succubes et incubes. J’ai eu à peine le temps pour me préparer. Je suis descendu à la gare avec Arabica. Je le tenais en laisse de la main droite, ma main gauche faisait rouler ma valise. Il fallait affronter ce lundi, premier jour de travail après une nuit si agitée. Même le chat trainait de la patte, je tirai sur sa laisse. J’ai finis par le porter.   

       

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 21:55

publicite-lolita-lempicka.jpg

Les deux amoureuses courent dans les champs en maillot de bain. Le coffre de la voiture est resté ouvert. Elles grimpent sur les meules de foin.  Se roulent dans l’herbe…Mulan à la longue chevelure de jais photographie son amie Timaka la rousse qui n’aime pas ça. Une libellule vient se poser sur le doigt de Mulan. Un appel, un signe d’eau. Elles se baignent dans l’eau émeraude de la rivière.  Leurs pieds roulent sur les pierres multicolores, transparentes et scintillantes comme des pierres précieuses. Au milieu de la rivière, une roche. A la nage, elles la rejoignent, grimpent dessus, et s’amusent à plonger . Des aigles qui ont fait leurs nids contre la falaise tournoient dans le ciel bleu.  Des arbustes poussent  sur la paroi rocheuse. Des plantes grimpantes escaladent la falaise. Des abeilles viennent les butiner…

 Les deux amies vont chercher le panier dans la voiture. Il commence à faire frai. Alors elles font un feu et mange la salade de riz avec du mais, puis une tartelette aux framboises. Boivent de la liqueur de framboises. Mulan va chercher sa guitare dans le coffre de la voiture. Mulan joue, Timaka  chante.

Deux yeux phosphorescents striés d’or dans le chêne bleuté. Un chêne millénaire dont les racines s’abreuvent dans la rivière. Dans le creux de l’arbre niche une chouette, où bien un chat ?! Intriguées les deux amis s’approchent. La chouette blanche effrayée s’envole. Un flacon en forme d’œuf posé sur le nid. Un liquide doré à l’intérieur. Mulan plus petite et plus menue que Timaka, grimpe sur les épaules de son amie pour joindre, et attrape le flacon. Timaka retire le petit bouchon en liège. L’une et l’autre se passent le flacon, sentent.

-Qu’est ce que tu ressens Mulan ?

-En sentant ce parfum, je me ressens envoutée, fascinée. Des larmes d’étoiles, une goutte de miel, de la rosée, des pétales de rose et des épices légères d’orient…

-C’est étrange qu’une chouette couve un flacon de parfum…

-Je vais me parfumer…

Pschitt Pschitt, des larmes odorées coulent sur son cou. Une fée bleue vaporeuse apparait...Elle défroisse ses ailes. Un O sort de la bouche de Mulan comme une bulle se savon. Timaka fait de grands yeux émerveillés, pétillant comme des bulles de champagne.

La minuscule fée d’une voix fantomatique dit :

- Vous rêvez que votre amour ne fane pas, comme une rose éternelle, qu’il conserve sa fraicheur et sa magie un peu comme la rosée du matin. Je vais vous indiquer ce qu’il faut faire. Une nuit étoilée, en lune montante, ou à la pleine lune. Cueillez un coquillage coupez-vous légèrement votre paume gauche, faire couler des larmes de parfum sur la blessure qu’elles se mélangent au sang. Ce parfum est magique. Prenez vous la main affectueusement, ainsi vos sangs se mélangeront. Puis tournoyer trois fois autour du chêne, vous devez visualiser une chouette planant autour de l’arbre…Cette chouette sera la divinité de vous deux unis, deux moitiés ne faisant qu’une...Si le souhait est accordé, dans l’eau, un poisson lune d’argent apparaitra. C’est à la pleine lune symbolisé par l’œuf qu’il sera exaucé.

La fée disparait. Les deux jeune filles observent la voute céleste. Une étoile filante file…La lune est pleine. Elles marchent sur la rive cherchant un coquillage assez coupant…Elles traversent un chant de coquelicots. C’est ici qu’elle trouve le coquillage qui convient. Timaka le garde précieusement dans sa main frêle.

Devant le chêne, Mulan se griffe la main gauche la première avec le coquillage. Ce n’est pas facile. Timaka lui vient en aide. C’est elle qui la griffe. La main de son amie saigne…Des gouttes de sangs tombent sur les hautes herbes. Mulan à son tour, tente de saigner la main de son amie, mais la sienne tremble tellement et elle n’ose lui faire du mal. Alors c’est Timaka qui le fait elle-même. Pschitt, Pschitt sur sa main, Pschitt Pschitt sur la sienne. Ca brule, picote un peu. Paume contre paume devant l’arbre leurs sangs se mêlent. Elles pensent à la sève de l’arbre.  Elles tournoient légèrement trois fois autour du chêne, se pensant oiseau, chouette…Elles semblent danser, on l’impression de s’envoler…Si l’amour donne des ailes. Deux elle amoureuses créaient un oiseau. Dans l’eau un poisson lune d’argent remonte à la surface, il nage à travers l’eau, à contre courant, elle le suive un moment…Puis dans l’eau se lavent les mains, le courant emporte de fins filets de sangs…Des poissons bleues attirés s’approchent d’elles, viennent effleurer leurs mains…

Elles s’embrassent tendrement, leurs bouches sont sucrées.

Elles rangent leurs affaires dans le panier. Mulan le met dans le coffre. Une musique s’infuse, comme un doux parfum dans la voiture…Elles roulent à vive allure sur le chemin bordé d’arbres…Cheveux aux vents. Mulan se poudre, se met du rouge à lèvre. Timaka berce sa tête légèrement au son de la musique. Le paysage défile à travers la vitre, comme un songe. La lune se fissure comme un œuf, une chouette effraie sort de sa coquille. La chouette devient l’astre de nuit.    

 

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 11:33


Veille du jour de l'an

Orianne à la fenêtre de sa chambre contemple la forêt bleutée, et les flocons se détacher du ciel gris. Sur les cotés, le bleue nuit s'infuse dans les cieux. Et les traces mauves d'un soleil couchant disparait derrières les grands arbres. Comme un feu affaibli. Les premières étoiles émergent de la nuit, palpitantes. Le visage fantomatique de la lune ronde s'éclaire timidement. La musique de Holst, the planet, vibre dans la chambre de l'adolescent. Une musique cosmique.

Orianne ressemble à un personnage dessiné par un mangaka. Avec ses grands yeux émeraude mélancolique, son visage anglu, si pâle, son nez droit, long et fin, et sa mèche de cheveux noire zébrant son front rêveur...Il semble rêveur, en réalité il est pensif, triste…Sa mère se soule en bas dans la cuisine, il l’entend sangloter. Elle se soule toute les nuits avec du mauvais vin. Angel sa maman est si jolie, elle peut être si adorable…Mais parfois elle est violente. Elle ne le bat pas, mais elle l’insulte… Il a passé son réveillon à sangloter. Elle était si violente. Il a peur d’elle. Il la craint comme la mer, l’océan trop lunatique. Mais il ne veut pas l’abandonner, il veut la protéger. Alors il ne la contredit pas, ne dit jamais rien, il est sage, trop sage. Il ne souffle jamais sur la braise. Il est la prudence. Sous contrôle de lui-même par peur de provoquer sa colère, s’oubliant…Quel est son vrai soi ? A l’école ses camarades se moquent de lui, il ne sait pas se défendre…Il a appris à être soumis. Parfois il rêve de transparence, d’être invisible. Il est presque invisible car si discret. Il s’efface. La violence il l’exprime contre lui. Il se fait du mal. Il se scarifie. De la violence il en a, en lui, débordante…Elle n’est pas à lui. Son père Luis est une légende, Le Guitariste de flamenco, il est sur les routes avec son groupe de musique. Son père est invisible, Orianne appelle, supplie son fantôme. Il fantomatise son fils en l’oubliant. Le fantôme l’écoute à la radio, lui parle à travers les ondes. Parfois Luis entend une petite voix cristalline. Elle ne doit pas être humaine cette voix. Orianne vît dans la maison fissurée de sa maman, une maison si fragile où il ne se sent pas en sécurité. Une maison où il fait froid d’y vivre. Mais les fantômes habitent leurs maisons tristes, parfois une éternité. Leurs vies est une nostalgie, pas une espérance. Angel vit dans ses souvenirs, est morte depuis longtemps. Sans amour elle n’est pas heureuse…Luis est parti, a abandonné elle et son fils, et les femmes tournent autour de lui. Luis ne téléphone pas souvent à son fils. La seule chose qu’il aime c’est sa guitare, sa musique…Avec les femmes il s’amuse. Il est beau, brun aux yeux bleus, la peau mate. Ce n’est pas qu’il est méchant le Luis. Mais il ne se sent pas capable, les responsabilités l’effrayent, il est comme un enfant…Lui, il n’a pas eu de parent, c’est un enfant de la DASS. Il ne sait pas faire, il ne sait pas s’y prendre…Il ne voulait pas d’un enfant. Il ne voulait pas d’une femme trop attachée à lui, il ne rêvait pas de se marier. Alors il est lâche. Il sait bien qu’il est minable, il se le dit souvent en picolant. Face au miroir il se crache à la gueule.  lady-of-the-lake_1982.gif

Orianne est maintenant lasse de regarder à la fenêtre. Il rêve de fugue mais n’en a pas le courage. S’il fugue, c’est dans ses rêves, cela fait moins mal. Il est surpris en découvrant la table basse. A la lueur d’une bougie, une galette couronnée, une bolée de cidre. La table est décorée d’une jolie nappe brodée et d’un bouquet de houe. Ce n’est sans doute pas sa maman qui…Mais qui ? Il ne reconnait pas la nappe, si belle, brodée finement. Quelle belle surprise ! Il mange une part de la galette. Elle est délicieuse. Elle est moelleuse. Mais ses dents percutent quelque chose de dur. Il a la fève. La fée bleue de Pinocchio. Alors il se couronne.

Il est dans la forêt. Assit sur son trône. La fée bleue est à sa table parmi les animaux : ours, loup, cerf, renne, chouette, faisant, lièvre ... Il comprend qu’il est le roi. La table est joliment décorée, poudré de neige. Les roses, les lys et les chandeliers sont glacés. Les verres, les assiettes sont en cristal. Des lampions sont accrochés aux arbres. Ils se partagent la galette, savourent. Une chorale de lutins chante au creux d’une roche d’une voix caverneuse…Tandis que des fées dansent autour d’un feu.

Orianne doit choisir sa reine. La fée bleue devient sa reine. Elle est si belle avec ce beau visage doux, lumineux, ses longs cheveux dorés. Elle lui demande de faire un vœu. Il veut être aimé et pas seulement en rêve.

Le roi et la reine montent dans le beau carrosse attelés de magnifiques chevaux blancs. Les flocons tourbillonnent. Le carrosse roule sous la cathédrale d’arbres. Des arbres glacés, comme soufflés par un verrier. A la croisé du chemin, le carrosse s’arrête, hésite…Orianne entend au bout du chemin droit la voix de sa mère, elle l’appelle d’une voix angoissée. Au bout du chemin gauche, il aperçoit un magnifique palais de glace creusé à même la cascade, dans la montagne. Les rayons de la lune, le reflet des étoiles fait étinceler le palais de glace. Le carrosse tourne à gauche. Orianne entend sa mère le supplier, il est déchiré mais il rêve d’autre chose.  

La fin est heureuse comme dans beaucoup de contes, ils se marièrent…Mais ce n’est pas cela le plus important, Orianne est devenu adulte…Volant de ses propres ailes. Il apprit à être lui. A être aimé, aimer, et s’aimer, se respecter. A la source se ressourçant, à l’origine. Au printemps ce n’était plus un palais de glace mais un palais d’Emeraude…La glace avait fondu et la nature était verdoyante. Des morceaux de soleil flottaient sur l’eau. Sa belle fée bleue chantait au fil des jours d’une voix cristalline. Les nymphes s’abreuvaient de sa voix. Orianne avec sa fée se baladaient dans la forêt. Festoyaient de temps en temps avec tous les animaux de la forêt. Les fées, les elfes et les princes venaient aux bals danser.       

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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 11:17

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Tokyo veille du jour de l'an 2015


Tamaru juchée sur ses hauts talons aiguilles, perchée dangereusement sur le balcon sans rambarde de son immeuble, à l'étage 777, écoute John Taverner, song for the angel...La voix de Séraphine s'élève dans les cieux. Elle contemple son vide, l'espace infini. La nuit d'encre, sans lune, sans étoile. La ville à ses pieds, illuminée, scintillante. Elle sanglote. Elle est un peu ivre, tien dans sa frêle main une flute de champagne...Toute de blanc vêtue, elle ressemble à un ange.  Elle a de longs cheveux noirs et une peau si blanche, de grands yeux violets et or comme dans les mangas. Si menue,  maquillée comme une geisha, parfumé d'eau stellaire...L'ombre de sa silhouette s'étire à l'intérieur, dans son bel appartement design et épuré. L'ombre des flocons de neige et l'ombre des oiseaux qui planent...Tamaru frissonne de froid ou de peur. Perchée sur le seuil de la mort. Des livres sont éparpillées sur son lit défait: 1Q84 d'Haruki Murkami, Insomnie Marina Tsvétaïéva, un recueil de contes de Léa Silhol, livre de sang de Clive Barker...Et sur sa table un dessin inachevée et des crayons éparpillés. Tamaru est illustratrice. Ses dessins sont à la fois enfantins, purs et surréalistes. Ses personnages bien étranges...Un cygne bleue turquoise, aux ailes de papillon qui ressemble un peu à une plante avec ce bouton de fleur. Cette toute petite sirène dans l'eau, sans yeux, ni bouche, cheveux comme des algues, haut du corps disparu dans l'eau...Cet oiseau de mauvais augure qui passe au travers le miroir ovale. Les plantes aquatiques flottantes. La lune et les étoiles noyées dans l'eau. Elle l'a dessiné en écoutant Gustav Holst, Neptune the Mystic. Ce morceau lui évoque Tristan et Yseult de Warner, la musique du film Mélancholia de Lars Von Trier. Tamaru chante aussi pour des dessins animés japonais. Elle à une voix angélique, éthérée qui convient bien aux musique oniriques de ces mangas.

Ses cheveux virevoltent, un flocon de neige se dépose entre la courbe de ses cils.

Sans hésitation elle plonge dans sa nuit. Comme perchée sur le plongeoir d'une piscine olympique. Elle se pense oiseau, colombe. Elle n'a pas d'aile. Et s'écrase dans la constellation éternelle de son rêve. Son corps percute une jaguar roulant à vive allure, la vitre se fissure, formant une toile d'araignée. Tamaru roule sur l'avenue enneigée, son sang se diffuse dans la neige tel une tâche d’encre. 

Le conducteur sort du véhicule...Une silhouette longiligne. Sa cape en sky noire dans le vent, et sa chevelure blonde virevolte. L’homme sort son magnum, se tire une balle en plein cœur. Le coup de feu retentit. Choquée d'avoir assistée à la mort d'un ange. L’alpha Roméo qui le suivait va trop vite, freine au dernier moment, glisse, s’entrechoque avec la jaguar. La gueule de la voiture est défigurée, la tôle pliée.

Tamaru flotte au dessus de son corps. Un « oups » lui échappe en assistant à la scène. Tout ça c’est de sa faute !

Elle entend une mélodie lointaine, féérique, un son de clochettes, de flutes, de xylophone, d’orgue puis de harpe…Il y a aussi un chant, un chant qui l’envoute. Peut être celui d’une sirène. Elle marche dans la rue à pas silencieux, s’éloigne de son corps, de la scène d’accident…Suit la musique. Elle pose son pied sur la bouche d’égout, un tourbillon lumineux l’aspire, la fait tournoyer, danser…Elle chute dans l’eau. Eclaboussant le cygne bleu, la sirène au visage raturé s’écarte. Tamaru nage difficilement dans sa robe blanche. Elle ressemble à une fleur, à un lotus. Elle est au beau milieu de son dessin. Dans l’eau. La voix de Dieu se réverbère « Si tu veux sortir de tes enfers, de tes abysses, tu dois analyser ce dessin, l’interpréter comme un rêve. » L’oiseau au long bec noir la menace. Elle s’en veut de l’avoir dessiné. Heureusement qu’il est coincé entre deux monde. Sa tête d’oiseau surgit du miroir.  

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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 00:49

 

Dans le jardin d'hiver la belle albinos aux longs cheveux blancs contemplait les étoiles par la fenêtre. Elle était nue. Si diaphane et maigre. Sa bouche dessinait dans l'air des volutes de vapeur. Elle embuée la vitre. Effacée son reflet, son soi fantomatique, flottant dans le paysage étoilée. Elle ne rêvait pas, elle était pensive, en dehors d'elle. Et à la fenêtre, elle prit froid, elle avait la chair de poule. Elle pensait à lui, à celui qu'elle aime, a son amant qui réveillonnait, en ce moment, avec sa femme. Elle eu un léger vertige, le tournis car elle mangeait très peu depuis deux semaines, n'ayant pas faim. De sa femme, elle n'était pas jalouse, bien au contraire, elle avait beaucoup de respect pour cette dame et voulait que Lucien soit heureux. Il était à elle aussi et c'était tout ce qui comptait. Mais elle avait mal, elle ne le voyait pas souvent, il était assez froid et distant, elle ne se sentait pas aimé. Il aimait surtout lui faire l'amour, passer du bon temps, mais l'aimait-il vraiment?! Elle aurait aimé être moins sentimental, moins romantique, elle trouvait les histoires d'amour niaises. Les histoires de cu mécaniques et dégelasses. Elle avait horreur des histoires de princesses, des chansons d'amour débiles, des poèmes à l'eau de rose...C'était tellement gamin. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens se marient. Cela n'avait aucune signification pour elle. Le mariage n'était qu'une convention, la norme...Le but dans l'existence des gens étaient d'avoir des gosses, cela la dépassait. Elle ne les comprenait pas tout ces gens normaux. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens s'interdisent d'aimer plusieurs personnes à la foi, comme si le cœur était trop étroit, limité en place...Comme si l'un remplaçait l'autre. Annulé l’amour pour l’autre. Elle ne voyait pas les choses ainsi, le cœur, l'amour est infinie...La fidélité ne faisait pas partie de ses valeurs, au contraire...Pourtant Luna n'avait rien d'une libertine, elle était même trop sentimentale. Si elle avait de nombreuses aventures, elle n'aimait que lui. Elle aurait aimé ne pas aimer. Elle aurait été plus heureuse. Le manque de lui, sa froideur était douloureux à vivre. Elle aurait été heureuse si elle n'avait pas aimé, elle était indépendante, l'amitié et ses chats lui aurait suffit. Mais non, Luna aimait follement, terriblement jusqu'aux crocs, et souffrait. Parfois elle le détestait quand elle était en colère. Elle ne lui montrait jamais sa colère, car elle avait peur qu'il l'abandonne, mais en elle, elle l'aimait au point de le haïr. Lorsqu' il s’était montré blessant.

 Le feu crépitait dans la cheminée. Même si elle passait les fêtes seules elle avait décoré son sapin. Elle aimait l'odeur de l'épicéa.

Son allure était sexy, et rock n'roll. Elle plaisait beaucoup aux hommes. Son visage ovale et pâle, sa fine bouche, rouge comme le sang, ses grands yeux noirs insondables. Ses cils bleus. Son air elfique, étrange. Un pentagramme étrange tatoué sur sa nuque. Elle avait un long cou étroit. Elle portait souvent des slims serrés en sky, des petits pulls l’hiver, si moulants et transparents, qu'on devinait ses jolies courbes, sa belle lingerie. Par-dessus, elle portait une petite veste noire en cuire qu'elle ne fermait jamais complètement...Elle avait des longues mains menues aux doigts effilés, des ongles pointues. Elle enfilait souvent de jolies mitaines en dentelles noires. Ses longs cheveux raides étaient libres comme l'air. Ils virevoltaient, elle marchait si vite à travers les bois. Un pas aérien.

L'opéra sur Arte s'infusait dans sa maison. Elle avait faim, elle décida de se préparer à mangé. Une salade de pissenlits (elle les avait arrachés dans les prés). Elle fît cuire à la poêle des pommes avec des pommes de terre et des girolles qu’elle avait cueillies dans les bois. Elle mangea doucement à la lueur d'une bougie. Elle buvait un peu de vin. Elle faisait danser, tournoyer doucement, le liquide dans la flute. Elle savourait l’alcool, buvait lentement. Des larmes d’alcool s’échappaient du coin de ses lèvres, coulaient sur son menton. Avec ses dents si blanches, et son air jouissif elle ressemblait à un vampire. A la fascinante actrice Tilda Swinton qui joue dans Only Lover Left Alive.

Des pensées morbides s’infusaient dans son esprit, elle éteignit l’opéra à la télé, et mit Shape of Despair, un métal sombre, dans son lecteur cd. Elle ne voulait plus les entendre hurler. Ils. Ses parents. Elle caressa son bel angora blanc. Flocon ronronna. Elle pensait à ses parents, à son père, à ses noëls, a ses sapins noyés… Ses parents se battaient violement. Son père tua sa mère à coup de poignard dans la poitrine le soir de noël 1983, elle était âgé de sept ans. Le sang avait l’aspect, la texture et la couleur de ce vin. Elle en bu tant, que cela fini par l’écœurer. Elle alla au toilette, prit un crayon et se l’enfonça dans l’abysse de sa gorge, fit des vas et viens, son corps convulsa douloureusement, ses yeux pleuraient, son nez coulait…Comme si elle se noyait dans la cuvette des toilettes, comme si elle avait avalé la tasse de travers, à la piscine. C’était cela se faire vomir, se noyer dans le tourbillon, se faire aspirer par la spirale d’eau, se dissoudre…Elle réussit à vomir d’elle-même, des comètes, des cailloux… Elle vomit presque tout. Ca lui faisait souffrir terriblement, physiquement, de faire ça, mais elle était incapable de s’arrêter, elle avait besoin de se faire mal, de se soulager. Elle était sadique avec elle. Ses bras étaient tailladés. Elle adorait se griffer dans ses plus sombres nuits. Son corps marqué de brulures de cigarettes qu’elle s’était faite elle-même. Elle était sans vie, sans couleur. Fille des ténèbres. Elle avait été bercée au hard rock. Bu de la vinasse au biberon. Eduqué à coup de martinet, à coup de pieds dans le ventre. Elle avait besoin d’effleurer la mort, elle ressentait le besoin de prendre des risques, de se faire du mal, de tester ses limites…Pour exorciser toute cette violence en elle. Pour connaitre ses limites. Pour se connaitre. loup_garou_04-f8f9a6.jpg

Elle philosophait et avait écrit dans son carnet :

Vers l’abysse de soi même, c’est un voyage chamanique, dans les enfers…Lorsqu’on revient, on est  sage, on a été initié pour l’après, l’au-delà. On est de passage sur terre, juste pour apprendre, et c’est si dur d’apprendre…


Rose se lava longuement les dents, puis se fit couler un bain. Elle avait si mal au niveau des omoplates. Elle toucha avec sa main l’os saillant dans son dos. La douleur était vive. Sans doute des carences alimentaires. Elle ne s’inquiéta pas plus que ça, elle avait l’habitude. L’habitude d’avoir mal aux os, aux articulations, d’être épuisée…Elle plongea dans se bain chaud. Emeraude. Elle avait besoin de se détendre un peu. Elle mit quelques gouttes d’huile essentielle dans son eau. Elle repensait aux étoiles dans ciel, pétillante et s’émerveilla. Elle écoutait la musique. Elle allait s’endormir, mais un animal gratta à la porte de chez elle, gratta avec insistance. Il devait avoir une force ! Et des griffes…Elle retenue son souffle, elle ne voulait pas qu’il puisse l’entendre respirer. Mais l’animal gratta encore plus fort. La porte d’entrée gondolait. Tant, que Rose, observa le mur se fissurer…Des ébouillies de pierres chutèrent dans son bain…Eclaboussant sur les côtés. Rose était un peu blessée, saignée…Elle émergea de l’eau. Elle avait les jambes en sang. Elle s’aperçue embuée, dans le miroir. Elle se précipita pour aller ouvrir la porte. Elle frissonnait de froid. Elle ne marchait pas droit. Le couloir tanguait. Se n’était pas seulement ses vertiges à elle, ce n’était pas son malaise...Elle avait la tête qui tourne. Mais ce n’était pas elle, s’était la maison qui se balançait. Ce n’était pas seulement elle. Il se passait quelque chose à l’extérieur. A l’extérieur d’elle-même. Dans l’univers. Elle avait froid, le grain de se peau allait s’éparpiller sur le carrelage. Losanges noirs et blancs. Le couloir tanguait, elle titubait, se cognait au mur, le fissurait d’avantage. Devenue si friable…Il y eu une violente secousse. Un chien grogna.  

Elle ouvrit la porte, et hurla quand elle découvrit le vide à ses pieds. Sa maison flottait dans la galaxie. Dans la nuit glacée de décembre. Une comète frôla ses murs. Elle l’aurait écrabouillée, mit en morceau, en ruine tant la maison était fragile et tant la comète était massive. Une roche de plomb mal taillé, pas taillé du tout en fait, à l’état brut. Elle se cramponna au rebord de l’ouverture. Ses jambes flageolaient. Le sol s’inclinait légèrement. Elle s’agrippa tant bien que mal, mes ses pieds glissaient. Dans l’obscurité : des yeux ronds, jaunes, phosphorés. Rose sursauta. Un museau émergea d’un nuage. Il avait des crocs. C’était un chien ailé, un rottweiler. Elle eut très peur. Hurla. Mais il lui lécha le visage. A cause de la bête, elle perdit l’équilibre, chuta. Elle tombait, tombait… Son cœur battait à sang à l’heur. Cognant en elle si fort, à déchirer sa peau. Comme le coucou surexcité d’une pendule, maison pendule. Mais sa chute ralentit, comme si elle avait déplié un parachute, son corps flottait à présent…L’impression d’être dans l’eau et de nager à présent. Elle entendit le bruit feutré d’ailes se plier, se déplier…Et le frôlement de l’air dans son dos. De haut en bas, jusqu’à la chute des reins. Rose avait des ailes. Elle volait. Mais pas trop longtemps, cela l’a fatigué, elle n’avait pas l’habitude. Ses ailes avaient poussés dans le prolongement de ses omoplates. Elle comprit pourquoi, elle avait eu si mal, la. Surtout la.

Elle entendit des hommes chanter en chœur, des chansons à boire, des chants de marin…Elle pivota sur elle-même. Dans un canot d’écorce volant, les hommes barbus, aux nez rougis par l’alcool et le froid tanguaient dans l’air, buvant à la bouteille…Ce canot était attelé par des chiens et des chevaux ailés…Ils étaient suivit par d’étranges animaux sautillants, bondissant, dansants en rythme…Gueules ouvertes, dents blanches et aiguisés, corps velus, grosses pattes griffues…Ses chats, ses loups étaient fous alliés. Ils dansaient en rythme. Faisaient un bouquant d’enfer de rugissement. Les chiens jappaient, les chats miaulaient plaintivement, les loups hurlaient…Dans le ciel on entendait le tam tam de la lune, réverbérée des milliers de fois…

Le rottweiler aboya. Les appela. Le canot d’écorce dévia sa trajectoire, et s’approcha d’eux. Rose monta à bord. Elle était la seule femme.

« Pas de femmes à bord, ça porte malheur ! Jetons-la par-dessus bord ! »

S’exclama l’un des hommes. C’était comme sur l’océan, les femmes sur les navires n’étaient pas admises. Ses hommes se ressemblaient tous. Des hommes à la stature robuste, larges d’épaules, pas bien grands, échevelés, barbus…L’air halluciné. Leurs visages étaient fatigués, ridés, leurs peaux sèches, rugueuses, noircies. Leurs mains grosses et abimées avec de la corne.

Alors que l’un attrapa fermement le bras maigre de Rose, et la précipita dans le vide. Elle le supplia. Avec des yeux de chiens battus. Les hommes eurent pitiés d’elle, dans le canot elle resta. Et pas seulement parce qu’elle était belle.

Elle les compta. Ils étaient sept. Chiffre de la fin, de l’apocalypse. Ils travaillaient dans les mines, dans les entrailles de la terre. Ils lui expliquèrent : la terre, l’univers ne tourne pas rond, la vie est mauvaise, maudite…Il y aura prochainement un cataclysme, une explosion.

Leurs propos étaient fumeux, vagues…Et dans le vague, les vagues, les âmes damnées naviguaient dans le néant, la boussole déboussolée. Ils étaient à l’ouest, avait perdu le nord.

La chasse galerie était le présage de grands événements tel la guerre, la famine, la peste…Pendant la révolution, les villageois prétendaient l’avoir vue à son commencement. Elle s’était faite entendre le 27 juillet 1789, et elle avait réapparu en 1792 avant la terreur.   

Un trou noir palpita devant le canot, une étoile s’y noya en tourbillonnant. Les ailes de rose s’arrachèrent par la force de la spirale. Etrangement ailes, elles ne se noyaient pas, si fines, si fragiles pourtant mais elles remontaient toujours à la surface, ne passaient pas de l’autre côté…Comme un insecte que l’on aurait jeté dans les toilettes, et tiré la chasse… Rose était glacée, recouverte d’une fine pellicule de glace, les couvertures ne suffisaient plus…

Les hommes luttaient contre le courant, il tanguait jusqu’à l’épuisement, les chevaux et les chiens n’avançaient plus, ils asseyaient de reculer…Les sabots des chevaux glissaient, dérapaient, étincelaient d’orage, faisant un bouquant d’enfer de feu d’artifice. Mais la grande bouche noire inspirée tout en elle. Le canot tournoya, de plus en plus vite, les barbes et les chevelures s’entortillèrent entres elles. Ils tourbillonnèrent à toute allure, se démantelèrent, s’arrachèrent dans tous les sens opposés. Ils n’étaient plus que poussière. Dans la pouponnière du ciel.

Un peu de sang de Rose s’infusa dans les cieux. C’était un crépuscule.

        

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 02:17

5772780441_c6318f0235_z.jpgPerdue au fond de moi. Comme au fond d'un puits. J'aurai du être un poisson. Pour savoir nager. Etre à mon aise. A mon aise dans cet univers lacrymal. Dans mon élément. Mais c'est le poison noir de mes pensés qui s'infusent en moi. Me voilà à arracher mes écailles une à une. Le sang s'écoule dans le lavabo. J'ouvre le robinet pour le rincer. Je lèche mes doigts. Dans le miroir j'ai un air de vampire avec ce sang sur mes lèvres. Je suis blanche, les cernes noires. Mes arrêtes sont visibles a travers ma peau translucide. Et mes yeux malades et jaunes sont phosphorés dans l'obscurité.  Je connais les abysses de moi même. Cette foi je me suis griffée un peu trop avec mes longs ongles pointus. J'avais vachement mal, je hurlais, j'avais la mâchoire crispée, mon corps se tordait de douleur...Je perdais trop de sang. Ca a giclé sur le miroir. Mais j'aimais ça, le juge de moi même jouissant de mon atroce douleur. J'étais incapable de m'arrêter, perdant le contrôle de moi même. Je continuer à m'arracher les peaux. Je sanglotais tant. Ce visage si fatiguée n'était pas le mien, je voyais mon père a travers moi. J'avais son regard abyssal. Ses ténèbres. Je frissonnais violement, je suis tombée par terre, en me cognant au lavabo...Le décor tournoyait. J'ai rampé sur le sol. Je me trainais par terre jusqu'à mon lit. Ma chambre n'était pas loin de la salle de bain.

Je me suis réveillée trois heures plus tard, j’avais mal au crane. J'avais taché les draps. Mes blessures me brulaient toujours. J'ai du arracher le tissu collé à mes stigmates en grimaçant. J'ai attrapé une bouteille d'alcool planquait sous le lit. Et j'en ai bu une bonne goulée. Du cognac pur.

Mon chat nommait Bashet à bondit sur mon lit. Son museau cherchait ma main, la caresse. Il ronronnait. J'ai rêvé de trois grands chats justement, dans une cours arrondie faite de hauts murs en bois, jouant à un étrange jeu de société, la nuit. Le noir m'a dit d'un regard perçant "Tout jeux contient l'idée de mort". Une citation de Jim Morisson. J'avais déjà vu cette scène quelque part, mais où? Les chats dans mon rêve ressemblaient à des statuettes. A des pions. Ils étaient dessinés. Des traits fins, un peu hésitants...Ils évoluaient sur un étrange plateau. Une étrange fleur. Une sorte de lotus aux pétales noirs et or. A gauche il y avait un étrange monsieur d'origine japonaise tout de blanc vêtue. Il tissait des cages d'oiseau avec du fil d'araignée. Le but étant peut être pour les chats d'en attraper. Un étrange arbitre, noir, dansait sur le plateau, une sorte d'indien d'Amazonie, visage masqué. Il ressemblait un peu à un insecte avec ses trois jambes maigres zigotantes. Tandis que les trois chats semblaient immobiles attendant leurs tours. Il y avait aussi trois silhouettes noires, longilignes, masculines parlant autour d'une étroite et immense colonne en ivoire. Dans le ciel ne brillait qu'une étoile.

Quelqu’un frappe à ma porte. Dois-je ouvrir ? Il est déjà 20h, le soleil se couche. J’enfile ma robe. Me brosse les cheveux. Les coups sont insistants. Je jette un œil à l’œillet. C’est Mélania ma meilleur amie. Je tourne la serrure, appuie sur la poignet.

-Atila tu n’as vraiment pas l’air en forme ! Ca fait une semaine que j’essaye de t’appeler ! Tu ne réponds même pas à mes mails, je m’inquiète !

-Entre Mélania.

Mon amie s’assoit dans le canapé. Elle est très élégante ce soir, avec sa longue robe noire, ses talons aiguilles, ses lèvres rouges…Elle ressemble à blanche neige. Sa peau ivoire. Sa taille fine. Ses cheveux noirs corbeaux aux reflets bleus. Les larmes m’échappent…Le chat vient se frotter contre sa cheville.

-Viens dans mes bras ma biche. Tu m’inquiètes en ce moment.

Je m’assois a côté d’elle, la serre dans mes bras, pose mon menton contre son épaule. Elle sent bon.

-Je suis déprimée, je n’ai plus gout à rien ! Je bois… Je me fais du mal…

-Encore du mal…Je savais bien que tu n’allais pas bien. Parfois j’ai peur que tu fasses une grosse bêtise ! Il faut que tu te fasses aider. Je suis venue car ce soir il y a le vernissage d’une très belle exposition de peinture. Ca te changera les idées.

D’habitude j’aurai sauté de joie à l’idée d’aller voir une exposition de peinture mais la…

-Mais regarde comme je suis ! Je ne suis pas présentable !

-Tu as le temps de te préparer, et je vais t’aider à choisir une tenue, je vais te maquiller.

-J’ai des cernes horribles…

-Mais je suis esthéticienne…Avec le maquillage on ne les verra pas !

Je me suis levée, j’ai pris une pomme dans la corbeille de fruit, je l’ai croqué. De l’énergie j’en avais besoin. Puis je suis allée dans la salle d’eau prendre ma douche. J’ai entendu Mélania s’écrier :

-Du sang ! Atila mais qu’est ce qui s’est passé ?

Elle est entrée dans la salle d’eau, elle m’a surprise, j’étais nue, le jet puissant de la douche m’attendait…

-N’entre pas, je suis nue.

Instinctivement je me suis cachée la poitrine avec mon bras, mon sexe avec la main.

-Mais tu es blessée ! Tu t’es scarifiée !

-Mais non…

-Il faut désinfecter les plais !

-Tu fais chiez !

-Tu trembles tellement…Ca va aller ? Tu veux que je t’aide à prendre ta douche ?!

-Ah non quel horreur !

Mélania éclata de rire.

-Je te laisse.

Mélania m’a choisit une longue robe en velours violette avec une ceinture large en soie or.

-Non, Mélania, j’aimerai une robe plus discrète…Une robe noire.

-Ah non ! J’en ai assez de te voir vêtue en noire…

Mon amie m’a ajusté ma robe, a serré le lacet dans mon dos…En me disant d’une voix inquiète:

-Tu as encore mincie !

Une onde de choc. Des éclairs d’angoisses passant dans mon corps. J’avais envie de la gifler. Tant mieux si j’ai minci ! Je fais ce que je veux de moi ! Mais je suis restée immobile, je n’ai pas cillé. Je n’ai rien dit. Il y a des sujets qui font mal. Très mal.

J’étais assise devant la coiffeuse. Elle m’a coiffé. Un beau chignions. Moi j’avais envie d’avoir les cheveux détachés pour me cacher le visage. Puis elle m’a maquillé. A mit du rose sur mes joues, a caché mes cernes, a agrandit mes petits yeux fatigués avec le mascara et le fard a paupière.

Nous sommes entrées dans la salle d’exposition. Les hommes à l’entrée, flute de champagne à la main nous on dévisagés. Une lueur d’admiration brillait dans leurs yeux. Ils portaient de beaux costumes, étaient sveltes mais leurs chevelures grisonnaient…Nous nous avions vingt cinq ans.

C’était une exposition des œuvres picturale de Leonera Carrington. L’écrivaine et la peintre surréaliste. La dame de Max Ernest. L’amie de Frida Kalho. Les gens étaient occupés à manger des petits fours et à bavarder entres eux. Moi je contemplais les tableaux, les étranges scènes, les étranges animaux…J’étais troublée. Fascinée. Je me suis mise à pleurer. Troublée mais pourquoi ? Je l’ai su en retrouvant l’image de mon rêve.

-Mélania, c’est étrange. J’ai rêvé de l’un de ses dessins. Cette après midi, j’ai fait une sieste et j’en ai rêvé, de ça :

Je pointais mon index vers la toile avec les trois chats. Comme dans mon rêve !

-Coïncidence ! 

-L’un des chats m’a dit d’une voix énigmatique ! Tout jeu contient l’idée de mort ! Tien c’était celui là, à droite.

-C’est Jim Morisson qui a dit ça.

-J’en déduis que Jim Morisson s’est transformé en chat. Dans mon rêve les chats jouaient sur ce plateau. Mais ils jouaient leurs vies pour de vrai. C’était des pions. Ils étaient statiques. Des statuettes presque…Et plus il évoluait dans ce jeu spirale, plus c’était mortelle. Certains chats attrapaient un oiseau en vol. Le japonais enfermait la proie dans la cage en fil d’araignée. Il est vêtu de blanc, la couleur du deuil pour les asiatiques.

-Alors les oiseaux pouvaient donc s’échapper…

-Ah non, on n’échappe pas à son esprit araignée. Les fils d’araignées c’est très solide !

-Toi aussi tu joues dangereusement avec ta vie…Comme ces trois félins. Le chat est un symbole de féminité, de sensualité…L’araignée est un sexe féminin. La vie n’est peut-être qu’un macabre jeu. Nous sommes des pions. Echec et mat ! Il y a trois chats, le chiffre trois à aussi une signification. Il forme le triangle de la pyramide. Le chat n’est-il pas l’animal sacré de l’Egypte Antique ?! Et dans le ciel on aperçoit l’étoile. Les égyptiens connaissaient bien la carte du ciel.

Nous sommes allées grignoter des toasts. J’ai bu du cognac noyé dans du jus d’orange. Moi qui me sentais si triste. La j’étais euphorique. Evidement, j’y voyais un signe, des clins d’œil de Leonera. Avoir rêvé de son dessin. Sans savoir que c’était le sien. Mais cette scène me rappelait quelque chose. A l’improviste, mon amie qui passe me chercher, pour aller à un vernissage de je ne sais qui. Et la surprise, je découvre que c’est une expo consacré à l’artiste Leonera ! J’y retrouve la scène de mon rêve ! Incroyable !

Mélania au buffet buvait un peu trop.

J’ai vu aussi une fille vague, au bord de la mer, berçant un poisson, comme l’aurait fait une mère. Il était en apnée dans l’air. Mais il avait l’air de se sentir bien dans les bras de cette enfant. Justement, je me souviens, lorsque je me faisais du mal, je me suis prise pour un poisson chat. Un poisson chat malade. Un poison. De mes griffes, je grattais mes écailles, je les ai arraché une à une…Les chats n’aiment pas les poissons sauf pour les croquer avec leurs dents pointues ! Etre un poisson et un chat en même temps n’est pas facile. J’ai deux moi, ils ne cohabitent pas facilement.

J’ai aperçu un Baku en toile. Ou un tapir. Mon animal psychopompe. Mon dévoreur de mauvais rêve. Il n’était pas là, les chats jouaient entre la vie et la mort. Un Baku en toile, ne sortant pas du cadre…Alors ça ne sert à rien !

Sur le retour je rêvassais, je regardais à la fenêtre. La jaguar roulait à vive allure sur les sinueuses routes. Nous traversions des forêts. Je me suis souvenue de sensations enfantines. À la rêverie des voyages en voiture de nuit, on regarde le paysage défiler...Son reflet. Son soi fantôme dans le paysage. On est presque endormi et on rêve, on rêve en rythme, au galop de la voiture devenue carrosse... Le rêve se dilue à la réalité. La frontière s'estompe, disparait presque. Une lueur fascine au loin.

Presque endormie je demande à Mélania :

-Il y a une lueur, un village dans la forêt… Nous sommes presque arrivés à la maison ?

-Non Atilla.

-Attend je vais regarder sur la carte. Ce village m’intrigue.

Je dépliais la carte. Et je n’arrivais pas à situer ce village. Non, il n’était pas sur la carte pourtant il me faisait de l’œil ! Nous étions bien sur la route entre La vanille et Saint Roc.

Un animal traversa la route. Un Baku ! Le voilà échappé du tableau…Mélania freina à temps. Elle ne l’avait pas percuté. Nous n’avions pas sentis le choc. Il avait déjà disparu. Mais une femme diaphane et maigre vêtue tout de blanc sortie de la forêt et s’approcha de la voiture. J’ouvris la portière arrière. L’étrange dame entra dans le véhicule. Elle désirait rentrer chez elle et elle nous indiqua le chemin. Elle était étrange car elle ne répondait pas à nos questions. Avait-elle attrapé accident ? Que faisait-elle dans les bois la nuit vêtue ainsi. Elle était pieds nus. Nous nous dirigions vers la lumière. Elle devenait de plus en plus intense. Comme un soleil. Les branchages des arbres formaient des voutes. Nous traversions ce tunnel, droit vers la lumière. De plus en plus aveuglante. J’avais peur. Je m’agrippais à mon siège.

Cette lueur ne provenait pas de l’éclairage public. Ne provenait pas d’une fenêtre…D’une cheminée. Ce n’était pas un village. Juste une clairière. C’était un œuf d’or qui brillait ainsi. Un œuf géant. De quel oiseau ? Un phœnix ? Leonera avait peint un œuf d’or. Nous sommes sorties de la voiture. Un félin s’est frotté contre ma cheville en ronronnant.

-Bashet que fais-tu là ?

Mon chat est là. Je rêve ?

Il a couru dans le chemin, Mélania et moi le suivions. Au pied d’une pyramide, mon père. Le corps au contour presque effacé. Il me souriait. Son regard était extrêmement doux. Sa voix calme.

-Ma chère fille Atilla, ce n’est pas encore ton heur. Tu dois rentrer chez toi. Ne te fais plus de mal. Ne fais pas comme moi. Ne gâche pas ta vie…Fais toi une belle plume.

Ah, hélas je n’arrivais plus à écrire ! Mon père m’embrassa sur le front. 

C’est dans une chambre d’hôpital que je me suis réveillée. Nous avions attrapées accident. Le Baku ! Mon amie a perdue le contrôle du véhicule. Elle avait un peu trop bu. Le médecin m’a annoncé son décès. Moi j’étais dans le coma ! Pas longtemps…

Le choc ! Puis le vide. Je ne réalise pas très bien. C’était ma meilleure amie. La seule qui me restait. Une amie d’enfance.

Je rentre chez moi, je découvre Bashet endormi sur mon lit. Je le caresse. Il est froid. Et même glacé ! Je ne ressens pas son cœur qui bat ! Ne me dis pas que…Mais non ! NON ! Bashet pas toi ! Pas toi ! Je le secoue. Il ne se réveille pas. J’hurle ! J’ai mal ! Il est mort ! Je sanglote, ma tête posée sur sa robe.

Il est de l’autre côté, dans la forêt. Avec mon père et Mélania. Il est dans mon désert égyptien. J y suis allée. Mais je suis revenue. Hélas…  

 

 

 

 

 

 

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 20:32

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Le soir, la veille de Samain dans la clairière magique le druide allume un feu avec le bois d’un chêne, arbre sacré. Sa longue barbe blanche dans le vent se confond avec la fumée. Il ressemble à un fantôme, si frêle flottant dans sa longue tunique blanche. Son visage est angélique, ses yeux illuminés. Un groupe de musique celtique chante, joue. Des danseuses médiévales dansent gracieusement tout autour des flammes. Une chouette hulule. Les chauves souris chassent. Leurs battements d’ailes feutrés.

Les feuilles dorées prennent leurs envols, tournoient dans le ciel, en spirale. Les troncs zébrés des bouleaux se reflètent dans la rivière (où les étoiles et la lune d’argent se noient). Leurs corps longilignes ondulent dans le mouvement de l’eau, des vaguelettes. Les longs cheveux corbeaux de Timarou dansent dans le vent. Le visage fin et pâle de la jeune fille est phosphorescent. Ses grands yeux bleus sont tristes. Le chant envoute.

Sur les trois collines les druides ont allumés d’autres feux afin de chasser les mauvais esprits…Les flammes bleues sont vives. La fumée danse, tourbillonne, prend la forme d’un spectre planant au dessus de la forêt. Sa robe s’effile, se déchire. 

Sur le chemin du retour, Timarou dépose des petites bougies, les allume à l’aide d’allumettes, pour guider les morts, les fées jusqu’à chez elle. Les branches des arbres dans la nuit ressemblent à des bras, à des mains crochus…Et l’on peut percevoir des visages grimaçant dans les troncs. Elle laisse sa porte ouverte pour les morts. Caché derrière un chêne, une créature l’observe. Un tapir qu’elle appelle Baku. Un animal magique dans l’imaginaire japonais. Un attrape rêve. Un dévoreur de cauchemar. Il faut le dessiner avant de s’endormir.

Elle vît dans une tour moyenâgeuse. Le vent dans la forêt chante d’une voix plaintive. La charpente grince sinistrement. La pluie tombe sur la rosasse. L’ombre des larmes ruissellent sur les morceaux de lumières. Elle entend les chiens du voisinage aboyer en écho dans la cheminée. Comme si un chien miniature vivait dans sa cheminée.  

Les châtaignes, les pommes, le potimarron cuisent dans un diable posé sur les braises. Une odeur caramélisée flotte dans sa cuisine…Des alkéanges nommés aussi lanternes japonaises fleurissent sa table. Timarou allume trois cierges. Elle a mit deux écuelles sur la table, une pour elle et une pour le défunt qui viendra la visiter… Elle ne mange pas beaucoup, des toutes petites portions, mâche lentement à la lueur des flammes et bois du vin. Elle savoure les châtaignes, les potimarrons et les morceaux de pommes dorés, coupés en croissant de lune. Puis un peu de salade avec des noix, du fromage de chèvre avec du miel qu’elle tartine sur une tranches de pain grillée. Et pour finir une petite part de gâteau creusois. Le dîner est finis mais aucune âme n’est venue…Elle n’éteint pas les cierges.  Elle laisse l’écuelle sur la table, ainsi que le diable, le saladier, le pain, le fromage, le gâteau. Il y a beaucoup de reste…Si les morts on faim, qu’ils viennent à sa table ! Les bougies qu’elle a déposées sur le rebord du chemin les guideront.

Timarou a sommeil. Elle monte dans sa chambre. Mais avant de s’endormir, elle dessine le Baku car ses nuits sont agitées.

Elle ne vît plus avec ses parents, ce sont des paysans, elle s’est enfuit de chez eux…Ils sont très pieux. Elle rêve qu’elle est une biche poursuivis par un chasseur masqué. Elle rêve de cette sage femme qui l’a fait avorter avec une aiguille. Et qui a recousu son hymen. Perdre sa virginité avant le mariage c’est mal, elle est impure. Etre enceint alors qu’elle n’est pas mariée c’est diabolique, c’est un déshonneur pour la famille ! Avec un martinet son père la fouettait à mort, elle avait beau le supplier, lui dire que ce n’est pas de sa faute…Il l’avait enfermé à la cave. Un boulet à sa cheville pour l’empêcher de s’enfuir. Au début elle luttait mais le moindre pas la faisait trébucher. Le sang giclait de ces chairs lorsqu’il la frappait, son père en recevait pleins la gueule. Elle était restait dans cette cave plusieurs jours, sans lumière, couchée  en chien de fusil à même la terre, le corps endolori. C’est un chasseur qui l’a agressé dans la forêt. Il était masqué. Au début, elle n’avait rien dit à ses parents, elle a essayé de tuer son bébé en frappant très fort son ventre avec une pierre mais ça n’a pas marché…Elle a grossit. Elle revoit les yeux de serpent de la sage femme. Son nez crochu. Son sourire cruel. Ils l’ont attaché aux barreaux de son lit. A la lueur d’une lampe à pétrole la sage femme l’opérait. C’était tellement douloureux. Timarou hurlait.

Elle s’endort. Elle empreinte un sentier qui monte au ciel. Tournoyant dans la voie lactée. Le chemin est fourchu. A la croisée des chemins elle rencontre le Baku bleu. Elle le suit. Il renifle le sol avec sa petite trompe, avale au passage des insectes. Le sol est glissant, les petits cailloux roulent sous les pieds de Tamarou. Le Baku lui a des pattes griffues qui l’empêchent de glisser, il s’agrippe avec ses pattes, et sa trompe lui sert de ventouse. Le sentier est très escarpé. Dans sa nuit elle ne voit pas très bien. Des étoiles filantes les effleurent. Une rivière argentée traverse le chemin, la jeune fille bondit de pierre en pierre pour rejoindre l’autre rive. Le chemin tournoie dans le ciel, devient pas endroit aussi fin qu’une feuille de papier. Sous ses pas il se déchire, elle se dépêche. Elle a la peur du vide. Le chemin est fissuré. Elle se retrouve au bord d’abimes profonds, alors ses pieds s’agrippent tel des mains,  le sol se dérobe. Elle bondit à tant. Elle poursuit sa route, soudain elle a la tête en bas, le sentier tournoie tellement sur lui-même, tel un ruban, elle cri d’effroi. Elle avance lentement le corps renversé. Elle est surprise de ne pas tomber.  

Elle aperçoit une magnifique tour gothique, vaporeuse protégée par deux gargouilles. Une fée les attend au seuil. Elle a de grands yeux violets striés d’or et de très longs cils. Un corbeau est perché sur sa frêle épaule. Ses longs cheveux d’or cascade son corps fin jusqu’aux chevilles. Son corps est presque nu. Deux coquillages cachent sa poitrine. Des écailles argentés recouvre son pubis, ses fesses, ses jambes fuselées. Elle les fait entrer. Ses sabots claquent sur les somptueuses mosaïques. Elle tournoit autour des colonnes en dandinant légèrement ses fesses.  Le plafond est haut et vouté, une colombe se perche sur l’immense chandelier en cristal. Des statuts de Bastet décorent la cage d’escalier, des chats se sont assis dessus, et fond un brin de toilette. La fée la fait assoir sur un trône en forme de coquillage. Elle caresse affectueusement le visage de Timarou, sa main passe au travers.

« Chère Tamarou, je suis si émue de te rencontrer. Je suis la reine des animaux, je suis l’enfant que tu portais. Vois ce que je suis devenue dans l’au-delà.

-Ma fée, je suis fière de toi. Je suis bouleversée. »

A l’aube Tamarou se réveille. Elle le sait, c’est plus qu’un rêve. Elle a réellement rencontré sa fille. Elle se sent heureuse. Elle descend dans la cuisine, les braises survivent et il ne reste plus rien à manger. Les fantômes l’on visités. Mais elle n’était pas là, elle était dans leur royaume…La reine des animaux est restée dans l’au-delà, c’est Tamarou qui est venue la visiter.  

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 20:17

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Elle, Oline, mille fois reflétée, longs cheveux roux, se promène sur les rives. Lui, vieux moulin à eau, abandonné, regarde la rivière, son corps liquide traversé de nuages. Coiffé de feuilles bleues, de papillons d’eau. Les poissons viennent visiter ses ruines fantômes, effleurant les ailes échouées. Passent au travers ses murs, ne sont pourtant pas des fantômes. Contournent les branchages d’eau, les effleurant de leurs écailles. Le vent vient faire tourner cette roue, elle les emporte de l’autre côté. Triangle d’oiseaux migrateurs, argentés, dans les cieux. Semble être des OVNI.  

Elle, mille fois reflétée.

Oline ramasse des champignons, des châtaignes. Elle est sans visage lorsque la pluie tombe. Troublée à mille reprises. Dans la rivière, elle a un flash, s’écoulant comme un film…

Un homme aux longs cheveux bruns, barbu, habitant ce moulin. Assis prés d’un feu, attablé…Elle, une jeune femme, vêtue d’une longue robe bleue nuit, coiffée d’un hennin entre…La table est décoré de lierre, de bougies aux flammes vacillantes, de fleurs oranges qu’on nome « oiseaux en cage », qui ressemblent à des petites lanternes. Elle l’embrasse fougueusement sur la bouche. Il lui sert dans son écuelle en bois une poêlée forestière (potimarron, de pommes, de champignons et de châtaignes). Elle savoure lentement. Il mange goulument. Ils mangent aussi de la salade : des feuilles de laitue avec des noix, accompagné de tranches de pain grillées, tartinées de fromage de chèvre fondu avec du miel. Et en dessert un gâteau creusois. Ils festoient. Ils vont traverser la saison sombre.

Elle s’assoit sur ses genoux, il bise son cou, sa petite oreille pointue, elle frissonne, il caresse sa chevelure, elle l’embrasse sur la bouche. La  main de l’homme est posée sur les cuisses diaphanes de la jeune fille. Il l’a déshabille délicatement en la caressant. Bise son corps frêle, elle est sucrée. La pluie tombe sur les vitres, des rafales de  vent fond tournoyer la roue du moulin qui grince sinistrement…Les vagues frappent les vielles pierres. Le vent veut arracher les ardoises. Dans la forêt son chant est spectral. Mais la roue tourne…Le moulin s’envole dans le ciel. Le frêle corps de la demoiselle s’entrechoque avec le sien. Elle gémit de plaisir. Il la sert si fort dans ses bras. Elle se frotte à lui, son sexe est tout humide, alors il la pénètre, si profond en elle. L’homme semble glacé comme de la pierre, il s’effrite lorsqu’il move son bassin, entre en elle, l’effleure. Les bras qui enlacent la demoiselle deviennent sable. Glisse sur son dos en des milliers de particules. Elle revient à elle. Elle est seule dans son lit. Elle le cherche. Elle a froid, toute nue. Elle a la chair de poule. Dans la cheminée il reste les cendres. L’homme n’est plus là. Tous ça n’était qu’un rêve.

Il faut qu’elle parte à sa recherche. Il est surement égaré dans sa forêt. Elle ouvre la porte, cri d’effroi. Il n’y a que le vide à ses pieds, le néant. Elle s’agrippe. Elle tremble sur ses jambes,  perchée sur le seuil.

Elle, Oline, mille fois reflétés sans sa moitié mais liquide. Est-ce cela la saison sombre ? Une saison mentale. Son  néant est un roi, elle à froid, elle grelotte.

 


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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 10:58

anthologie-de-la-poesie-gothique.jpgbat hululement des eauxle-miroir-des-ophelies-maquette.jpg

Le hululement des eaux, mon premier roman fantastique est publié chez edilivre, on peut l'acheter via internet sur edilivre, amazon, le chapître ect...Le magazine Faunerie à écrit une critique, globalement bonne. Le miroir des Ophelie, un receuil de nouvelles et de contes va sortir bientôt aux éditions edilivre. Je participe au salon du livre de la Rochelle, je serais présente le dimanche 7 décembre, de 10h à 14h. Je vais être publié aussi dans l'anthologie de poésies gothique de Marc Louis Questin parmis d'autres auteurs. Sept poémes de moi y seront publiées, ainsi que des illustrations.


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