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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 20:32

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Le soir, la veille de Samain dans la clairière magique le druide allume un feu avec le bois d’un chêne, arbre sacré. Sa longue barbe blanche dans le vent se confond avec la fumée. Il ressemble à un fantôme, si frêle flottant dans sa longue tunique blanche. Son visage est angélique, ses yeux illuminés. Un groupe de musique celtique chante, joue. Des danseuses médiévales dansent gracieusement tout autour des flammes. Une chouette hulule. Les chauves souris chassent. Leurs battements d’ailes feutrés.

Les feuilles dorées prennent leurs envols, tournoient dans le ciel, en spirale. Les troncs zébrés des bouleaux se reflètent dans la rivière (où les étoiles et la lune d’argent se noient). Leurs corps longilignes ondulent dans le mouvement de l’eau, des vaguelettes. Les longs cheveux corbeaux de Timarou dansent dans le vent. Le visage fin et pâle de la jeune fille est phosphorescent. Ses grands yeux bleus sont tristes. Le chant envoute.

Sur les trois collines les druides ont allumés d’autres feux afin de chasser les mauvais esprits…Les flammes bleues sont vives. La fumée danse, tourbillonne, prend la forme d’un spectre planant au dessus de la forêt. Sa robe s’effile, se déchire. 

Sur le chemin du retour, Timarou dépose des petites bougies, les allume à l’aide d’allumettes, pour guider les morts, les fées jusqu’à chez elle. Les branches des arbres dans la nuit ressemblent à des bras, à des mains crochus…Et l’on peut percevoir des visages grimaçant dans les troncs. Elle laisse sa porte ouverte pour les morts. Caché derrière un chêne, une créature l’observe. Un tapir qu’elle appelle Baku. Un animal magique dans l’imaginaire japonais. Un attrape rêve. Un dévoreur de cauchemar. Il faut le dessiner avant de s’endormir.

Elle vît dans une tour moyenâgeuse. Le vent dans la forêt chante d’une voix plaintive. La charpente grince sinistrement. La pluie tombe sur la rosasse. L’ombre des larmes ruissellent sur les morceaux de lumières. Elle entend les chiens du voisinage aboyer en écho dans la cheminée. Comme si un chien miniature vivait dans sa cheminée.  

Les châtaignes, les pommes, le potimarron cuisent dans un diable posé sur les braises. Une odeur caramélisée flotte dans sa cuisine…Des alkéanges nommés aussi lanternes japonaises fleurissent sa table. Timarou allume trois cierges. Elle a mit deux écuelles sur la table, une pour elle et une pour le défunt qui viendra la visiter… Elle ne mange pas beaucoup, des toutes petites portions, mâche lentement à la lueur des flammes et bois du vin. Elle savoure les châtaignes, les potimarrons et les morceaux de pommes dorés, coupés en croissant de lune. Puis un peu de salade avec des noix, du fromage de chèvre avec du miel qu’elle tartine sur une tranches de pain grillée. Et pour finir une petite part de gâteau creusois. Le dîner est finis mais aucune âme n’est venue…Elle n’éteint pas les cierges.  Elle laisse l’écuelle sur la table, ainsi que le diable, le saladier, le pain, le fromage, le gâteau. Il y a beaucoup de reste…Si les morts on faim, qu’ils viennent à sa table ! Les bougies qu’elle a déposées sur le rebord du chemin les guideront.

Timarou a sommeil. Elle monte dans sa chambre. Mais avant de s’endormir, elle dessine le Baku car ses nuits sont agitées.

Elle ne vît plus avec ses parents, ce sont des paysans, elle s’est enfuit de chez eux…Ils sont très pieux. Elle rêve qu’elle est une biche poursuivis par un chasseur masqué. Elle rêve de cette sage femme qui l’a fait avorter avec une aiguille. Et qui a recousu son hymen. Perdre sa virginité avant le mariage c’est mal, elle est impure. Etre enceint alors qu’elle n’est pas mariée c’est diabolique, c’est un déshonneur pour la famille ! Avec un martinet son père la fouettait à mort, elle avait beau le supplier, lui dire que ce n’est pas de sa faute…Il l’avait enfermé à la cave. Un boulet à sa cheville pour l’empêcher de s’enfuir. Au début elle luttait mais le moindre pas la faisait trébucher. Le sang giclait de ces chairs lorsqu’il la frappait, son père en recevait pleins la gueule. Elle était restait dans cette cave plusieurs jours, sans lumière, couchée  en chien de fusil à même la terre, le corps endolori. C’est un chasseur qui l’a agressé dans la forêt. Il était masqué. Au début, elle n’avait rien dit à ses parents, elle a essayé de tuer son bébé en frappant très fort son ventre avec une pierre mais ça n’a pas marché…Elle a grossit. Elle revoit les yeux de serpent de la sage femme. Son nez crochu. Son sourire cruel. Ils l’ont attaché aux barreaux de son lit. A la lueur d’une lampe à pétrole la sage femme l’opérait. C’était tellement douloureux. Timarou hurlait.

Elle s’endort. Elle empreinte un sentier qui monte au ciel. Tournoyant dans la voie lactée. Le chemin est fourchu. A la croisée des chemins elle rencontre le Baku bleu. Elle le suit. Il renifle le sol avec sa petite trompe, avale au passage des insectes. Le sol est glissant, les petits cailloux roulent sous les pieds de Tamarou. Le Baku lui a des pattes griffues qui l’empêchent de glisser, il s’agrippe avec ses pattes, et sa trompe lui sert de ventouse. Le sentier est très escarpé. Dans sa nuit elle ne voit pas très bien. Des étoiles filantes les effleurent. Une rivière argentée traverse le chemin, la jeune fille bondit de pierre en pierre pour rejoindre l’autre rive. Le chemin tournoie dans le ciel, devient pas endroit aussi fin qu’une feuille de papier. Sous ses pas il se déchire, elle se dépêche. Elle a la peur du vide. Le chemin est fissuré. Elle se retrouve au bord d’abimes profonds, alors ses pieds s’agrippent tel des mains,  le sol se dérobe. Elle bondit à tant. Elle poursuit sa route, soudain elle a la tête en bas, le sentier tournoie tellement sur lui-même, tel un ruban, elle cri d’effroi. Elle avance lentement le corps renversé. Elle est surprise de ne pas tomber.  

Elle aperçoit une magnifique tour gothique, vaporeuse protégée par deux gargouilles. Une fée les attend au seuil. Elle a de grands yeux violets striés d’or et de très longs cils. Un corbeau est perché sur sa frêle épaule. Ses longs cheveux d’or cascade son corps fin jusqu’aux chevilles. Son corps est presque nu. Deux coquillages cachent sa poitrine. Des écailles argentés recouvre son pubis, ses fesses, ses jambes fuselées. Elle les fait entrer. Ses sabots claquent sur les somptueuses mosaïques. Elle tournoit autour des colonnes en dandinant légèrement ses fesses.  Le plafond est haut et vouté, une colombe se perche sur l’immense chandelier en cristal. Des statuts de Bastet décorent la cage d’escalier, des chats se sont assis dessus, et fond un brin de toilette. La fée la fait assoir sur un trône en forme de coquillage. Elle caresse affectueusement le visage de Timarou, sa main passe au travers.

« Chère Tamarou, je suis si émue de te rencontrer. Je suis la reine des animaux, je suis l’enfant que tu portais. Vois ce que je suis devenue dans l’au-delà.

-Ma fée, je suis fière de toi. Je suis bouleversée. »

A l’aube Tamarou se réveille. Elle le sait, c’est plus qu’un rêve. Elle a réellement rencontré sa fille. Elle se sent heureuse. Elle descend dans la cuisine, les braises survivent et il ne reste plus rien à manger. Les fantômes l’on visités. Mais elle n’était pas là, elle était dans leur royaume…La reine des animaux est restée dans l’au-delà, c’est Tamarou qui est venue la visiter.  

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