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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 00:49

 

Dans le jardin d'hiver la belle albinos aux longs cheveux blancs contemplait les étoiles par la fenêtre. Elle était nue. Si diaphane et maigre. Sa bouche dessinait dans l'air des volutes de vapeur. Elle embuée la vitre. Effacée son reflet, son soi fantomatique, flottant dans le paysage étoilée. Elle ne rêvait pas, elle était pensive, en dehors d'elle. Et à la fenêtre, elle prit froid, elle avait la chair de poule. Elle pensait à lui, à celui qu'elle aime, a son amant qui réveillonnait, en ce moment, avec sa femme. Elle eu un léger vertige, le tournis car elle mangeait très peu depuis deux semaines, n'ayant pas faim. De sa femme, elle n'était pas jalouse, bien au contraire, elle avait beaucoup de respect pour cette dame et voulait que Lucien soit heureux. Il était à elle aussi et c'était tout ce qui comptait. Mais elle avait mal, elle ne le voyait pas souvent, il était assez froid et distant, elle ne se sentait pas aimé. Il aimait surtout lui faire l'amour, passer du bon temps, mais l'aimait-il vraiment?! Elle aurait aimé être moins sentimental, moins romantique, elle trouvait les histoires d'amour niaises. Les histoires de cu mécaniques et dégelasses. Elle avait horreur des histoires de princesses, des chansons d'amour débiles, des poèmes à l'eau de rose...C'était tellement gamin. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens se marient. Cela n'avait aucune signification pour elle. Le mariage n'était qu'une convention, la norme...Le but dans l'existence des gens étaient d'avoir des gosses, cela la dépassait. Elle ne les comprenait pas tout ces gens normaux. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens s'interdisent d'aimer plusieurs personnes à la foi, comme si le cœur était trop étroit, limité en place...Comme si l'un remplaçait l'autre. Annulé l’amour pour l’autre. Elle ne voyait pas les choses ainsi, le cœur, l'amour est infinie...La fidélité ne faisait pas partie de ses valeurs, au contraire...Pourtant Luna n'avait rien d'une libertine, elle était même trop sentimentale. Si elle avait de nombreuses aventures, elle n'aimait que lui. Elle aurait aimé ne pas aimer. Elle aurait été plus heureuse. Le manque de lui, sa froideur était douloureux à vivre. Elle aurait été heureuse si elle n'avait pas aimé, elle était indépendante, l'amitié et ses chats lui aurait suffit. Mais non, Luna aimait follement, terriblement jusqu'aux crocs, et souffrait. Parfois elle le détestait quand elle était en colère. Elle ne lui montrait jamais sa colère, car elle avait peur qu'il l'abandonne, mais en elle, elle l'aimait au point de le haïr. Lorsqu' il s’était montré blessant.

 Le feu crépitait dans la cheminée. Même si elle passait les fêtes seules elle avait décoré son sapin. Elle aimait l'odeur de l'épicéa.

Son allure était sexy, et rock n'roll. Elle plaisait beaucoup aux hommes. Son visage ovale et pâle, sa fine bouche, rouge comme le sang, ses grands yeux noirs insondables. Ses cils bleus. Son air elfique, étrange. Un pentagramme étrange tatoué sur sa nuque. Elle avait un long cou étroit. Elle portait souvent des slims serrés en sky, des petits pulls l’hiver, si moulants et transparents, qu'on devinait ses jolies courbes, sa belle lingerie. Par-dessus, elle portait une petite veste noire en cuire qu'elle ne fermait jamais complètement...Elle avait des longues mains menues aux doigts effilés, des ongles pointues. Elle enfilait souvent de jolies mitaines en dentelles noires. Ses longs cheveux raides étaient libres comme l'air. Ils virevoltaient, elle marchait si vite à travers les bois. Un pas aérien.

L'opéra sur Arte s'infusait dans sa maison. Elle avait faim, elle décida de se préparer à mangé. Une salade de pissenlits (elle les avait arrachés dans les prés). Elle fît cuire à la poêle des pommes avec des pommes de terre et des girolles qu’elle avait cueillies dans les bois. Elle mangea doucement à la lueur d'une bougie. Elle buvait un peu de vin. Elle faisait danser, tournoyer doucement, le liquide dans la flute. Elle savourait l’alcool, buvait lentement. Des larmes d’alcool s’échappaient du coin de ses lèvres, coulaient sur son menton. Avec ses dents si blanches, et son air jouissif elle ressemblait à un vampire. A la fascinante actrice Tilda Swinton qui joue dans Only Lover Left Alive.

Des pensées morbides s’infusaient dans son esprit, elle éteignit l’opéra à la télé, et mit Shape of Despair, un métal sombre, dans son lecteur cd. Elle ne voulait plus les entendre hurler. Ils. Ses parents. Elle caressa son bel angora blanc. Flocon ronronna. Elle pensait à ses parents, à son père, à ses noëls, a ses sapins noyés… Ses parents se battaient violement. Son père tua sa mère à coup de poignard dans la poitrine le soir de noël 1983, elle était âgé de sept ans. Le sang avait l’aspect, la texture et la couleur de ce vin. Elle en bu tant, que cela fini par l’écœurer. Elle alla au toilette, prit un crayon et se l’enfonça dans l’abysse de sa gorge, fit des vas et viens, son corps convulsa douloureusement, ses yeux pleuraient, son nez coulait…Comme si elle se noyait dans la cuvette des toilettes, comme si elle avait avalé la tasse de travers, à la piscine. C’était cela se faire vomir, se noyer dans le tourbillon, se faire aspirer par la spirale d’eau, se dissoudre…Elle réussit à vomir d’elle-même, des comètes, des cailloux… Elle vomit presque tout. Ca lui faisait souffrir terriblement, physiquement, de faire ça, mais elle était incapable de s’arrêter, elle avait besoin de se faire mal, de se soulager. Elle était sadique avec elle. Ses bras étaient tailladés. Elle adorait se griffer dans ses plus sombres nuits. Son corps marqué de brulures de cigarettes qu’elle s’était faite elle-même. Elle était sans vie, sans couleur. Fille des ténèbres. Elle avait été bercée au hard rock. Bu de la vinasse au biberon. Eduqué à coup de martinet, à coup de pieds dans le ventre. Elle avait besoin d’effleurer la mort, elle ressentait le besoin de prendre des risques, de se faire du mal, de tester ses limites…Pour exorciser toute cette violence en elle. Pour connaitre ses limites. Pour se connaitre. loup_garou_04-f8f9a6.jpg

Elle philosophait et avait écrit dans son carnet :

Vers l’abysse de soi même, c’est un voyage chamanique, dans les enfers…Lorsqu’on revient, on est  sage, on a été initié pour l’après, l’au-delà. On est de passage sur terre, juste pour apprendre, et c’est si dur d’apprendre…


Rose se lava longuement les dents, puis se fit couler un bain. Elle avait si mal au niveau des omoplates. Elle toucha avec sa main l’os saillant dans son dos. La douleur était vive. Sans doute des carences alimentaires. Elle ne s’inquiéta pas plus que ça, elle avait l’habitude. L’habitude d’avoir mal aux os, aux articulations, d’être épuisée…Elle plongea dans se bain chaud. Emeraude. Elle avait besoin de se détendre un peu. Elle mit quelques gouttes d’huile essentielle dans son eau. Elle repensait aux étoiles dans ciel, pétillante et s’émerveilla. Elle écoutait la musique. Elle allait s’endormir, mais un animal gratta à la porte de chez elle, gratta avec insistance. Il devait avoir une force ! Et des griffes…Elle retenue son souffle, elle ne voulait pas qu’il puisse l’entendre respirer. Mais l’animal gratta encore plus fort. La porte d’entrée gondolait. Tant, que Rose, observa le mur se fissurer…Des ébouillies de pierres chutèrent dans son bain…Eclaboussant sur les côtés. Rose était un peu blessée, saignée…Elle émergea de l’eau. Elle avait les jambes en sang. Elle s’aperçue embuée, dans le miroir. Elle se précipita pour aller ouvrir la porte. Elle frissonnait de froid. Elle ne marchait pas droit. Le couloir tanguait. Se n’était pas seulement ses vertiges à elle, ce n’était pas son malaise...Elle avait la tête qui tourne. Mais ce n’était pas elle, s’était la maison qui se balançait. Ce n’était pas seulement elle. Il se passait quelque chose à l’extérieur. A l’extérieur d’elle-même. Dans l’univers. Elle avait froid, le grain de se peau allait s’éparpiller sur le carrelage. Losanges noirs et blancs. Le couloir tanguait, elle titubait, se cognait au mur, le fissurait d’avantage. Devenue si friable…Il y eu une violente secousse. Un chien grogna.  

Elle ouvrit la porte, et hurla quand elle découvrit le vide à ses pieds. Sa maison flottait dans la galaxie. Dans la nuit glacée de décembre. Une comète frôla ses murs. Elle l’aurait écrabouillée, mit en morceau, en ruine tant la maison était fragile et tant la comète était massive. Une roche de plomb mal taillé, pas taillé du tout en fait, à l’état brut. Elle se cramponna au rebord de l’ouverture. Ses jambes flageolaient. Le sol s’inclinait légèrement. Elle s’agrippa tant bien que mal, mes ses pieds glissaient. Dans l’obscurité : des yeux ronds, jaunes, phosphorés. Rose sursauta. Un museau émergea d’un nuage. Il avait des crocs. C’était un chien ailé, un rottweiler. Elle eut très peur. Hurla. Mais il lui lécha le visage. A cause de la bête, elle perdit l’équilibre, chuta. Elle tombait, tombait… Son cœur battait à sang à l’heur. Cognant en elle si fort, à déchirer sa peau. Comme le coucou surexcité d’une pendule, maison pendule. Mais sa chute ralentit, comme si elle avait déplié un parachute, son corps flottait à présent…L’impression d’être dans l’eau et de nager à présent. Elle entendit le bruit feutré d’ailes se plier, se déplier…Et le frôlement de l’air dans son dos. De haut en bas, jusqu’à la chute des reins. Rose avait des ailes. Elle volait. Mais pas trop longtemps, cela l’a fatigué, elle n’avait pas l’habitude. Ses ailes avaient poussés dans le prolongement de ses omoplates. Elle comprit pourquoi, elle avait eu si mal, la. Surtout la.

Elle entendit des hommes chanter en chœur, des chansons à boire, des chants de marin…Elle pivota sur elle-même. Dans un canot d’écorce volant, les hommes barbus, aux nez rougis par l’alcool et le froid tanguaient dans l’air, buvant à la bouteille…Ce canot était attelé par des chiens et des chevaux ailés…Ils étaient suivit par d’étranges animaux sautillants, bondissant, dansants en rythme…Gueules ouvertes, dents blanches et aiguisés, corps velus, grosses pattes griffues…Ses chats, ses loups étaient fous alliés. Ils dansaient en rythme. Faisaient un bouquant d’enfer de rugissement. Les chiens jappaient, les chats miaulaient plaintivement, les loups hurlaient…Dans le ciel on entendait le tam tam de la lune, réverbérée des milliers de fois…

Le rottweiler aboya. Les appela. Le canot d’écorce dévia sa trajectoire, et s’approcha d’eux. Rose monta à bord. Elle était la seule femme.

« Pas de femmes à bord, ça porte malheur ! Jetons-la par-dessus bord ! »

S’exclama l’un des hommes. C’était comme sur l’océan, les femmes sur les navires n’étaient pas admises. Ses hommes se ressemblaient tous. Des hommes à la stature robuste, larges d’épaules, pas bien grands, échevelés, barbus…L’air halluciné. Leurs visages étaient fatigués, ridés, leurs peaux sèches, rugueuses, noircies. Leurs mains grosses et abimées avec de la corne.

Alors que l’un attrapa fermement le bras maigre de Rose, et la précipita dans le vide. Elle le supplia. Avec des yeux de chiens battus. Les hommes eurent pitiés d’elle, dans le canot elle resta. Et pas seulement parce qu’elle était belle.

Elle les compta. Ils étaient sept. Chiffre de la fin, de l’apocalypse. Ils travaillaient dans les mines, dans les entrailles de la terre. Ils lui expliquèrent : la terre, l’univers ne tourne pas rond, la vie est mauvaise, maudite…Il y aura prochainement un cataclysme, une explosion.

Leurs propos étaient fumeux, vagues…Et dans le vague, les vagues, les âmes damnées naviguaient dans le néant, la boussole déboussolée. Ils étaient à l’ouest, avait perdu le nord.

La chasse galerie était le présage de grands événements tel la guerre, la famine, la peste…Pendant la révolution, les villageois prétendaient l’avoir vue à son commencement. Elle s’était faite entendre le 27 juillet 1789, et elle avait réapparu en 1792 avant la terreur.   

Un trou noir palpita devant le canot, une étoile s’y noya en tourbillonnant. Les ailes de rose s’arrachèrent par la force de la spirale. Etrangement ailes, elles ne se noyaient pas, si fines, si fragiles pourtant mais elles remontaient toujours à la surface, ne passaient pas de l’autre côté…Comme un insecte que l’on aurait jeté dans les toilettes, et tiré la chasse… Rose était glacée, recouverte d’une fine pellicule de glace, les couvertures ne suffisaient plus…

Les hommes luttaient contre le courant, il tanguait jusqu’à l’épuisement, les chevaux et les chiens n’avançaient plus, ils asseyaient de reculer…Les sabots des chevaux glissaient, dérapaient, étincelaient d’orage, faisant un bouquant d’enfer de feu d’artifice. Mais la grande bouche noire inspirée tout en elle. Le canot tournoya, de plus en plus vite, les barbes et les chevelures s’entortillèrent entres elles. Ils tourbillonnèrent à toute allure, se démantelèrent, s’arrachèrent dans tous les sens opposés. Ils n’étaient plus que poussière. Dans la pouponnière du ciel.

Un peu de sang de Rose s’infusa dans les cieux. C’était un crépuscule.

        

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