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30 décembre 2014 2 30 /12 /décembre /2014 11:17

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Tokyo veille du jour de l'an 2015


Tamaru juchée sur ses hauts talons aiguilles, perchée dangereusement sur le balcon sans rambarde de son immeuble, à l'étage 777, écoute John Taverner, song for the angel...La voix de Séraphine s'élève dans les cieux. Elle contemple son vide, l'espace infini. La nuit d'encre, sans lune, sans étoile. La ville à ses pieds, illuminée, scintillante. Elle sanglote. Elle est un peu ivre, tien dans sa frêle main une flute de champagne...Toute de blanc vêtue, elle ressemble à un ange.  Elle a de longs cheveux noirs et une peau si blanche, de grands yeux violets et or comme dans les mangas. Si menue,  maquillée comme une geisha, parfumé d'eau stellaire...L'ombre de sa silhouette s'étire à l'intérieur, dans son bel appartement design et épuré. L'ombre des flocons de neige et l'ombre des oiseaux qui planent...Tamaru frissonne de froid ou de peur. Perchée sur le seuil de la mort. Des livres sont éparpillées sur son lit défait: 1Q84 d'Haruki Murkami, Insomnie Marina Tsvétaïéva, un recueil de contes de Léa Silhol, livre de sang de Clive Barker...Et sur sa table un dessin inachevée et des crayons éparpillés. Tamaru est illustratrice. Ses dessins sont à la fois enfantins, purs et surréalistes. Ses personnages bien étranges...Un cygne bleue turquoise, aux ailes de papillon qui ressemble un peu à une plante avec ce bouton de fleur. Cette toute petite sirène dans l'eau, sans yeux, ni bouche, cheveux comme des algues, haut du corps disparu dans l'eau...Cet oiseau de mauvais augure qui passe au travers le miroir ovale. Les plantes aquatiques flottantes. La lune et les étoiles noyées dans l'eau. Elle l'a dessiné en écoutant Gustav Holst, Neptune the Mystic. Ce morceau lui évoque Tristan et Yseult de Warner, la musique du film Mélancholia de Lars Von Trier. Tamaru chante aussi pour des dessins animés japonais. Elle à une voix angélique, éthérée qui convient bien aux musique oniriques de ces mangas.

Ses cheveux virevoltent, un flocon de neige se dépose entre la courbe de ses cils.

Sans hésitation elle plonge dans sa nuit. Comme perchée sur le plongeoir d'une piscine olympique. Elle se pense oiseau, colombe. Elle n'a pas d'aile. Et s'écrase dans la constellation éternelle de son rêve. Son corps percute une jaguar roulant à vive allure, la vitre se fissure, formant une toile d'araignée. Tamaru roule sur l'avenue enneigée, son sang se diffuse dans la neige tel une tâche d’encre. 

Le conducteur sort du véhicule...Une silhouette longiligne. Sa cape en sky noire dans le vent, et sa chevelure blonde virevolte. L’homme sort son magnum, se tire une balle en plein cœur. Le coup de feu retentit. Choquée d'avoir assistée à la mort d'un ange. L’alpha Roméo qui le suivait va trop vite, freine au dernier moment, glisse, s’entrechoque avec la jaguar. La gueule de la voiture est défigurée, la tôle pliée.

Tamaru flotte au dessus de son corps. Un « oups » lui échappe en assistant à la scène. Tout ça c’est de sa faute !

Elle entend une mélodie lointaine, féérique, un son de clochettes, de flutes, de xylophone, d’orgue puis de harpe…Il y a aussi un chant, un chant qui l’envoute. Peut être celui d’une sirène. Elle marche dans la rue à pas silencieux, s’éloigne de son corps, de la scène d’accident…Suit la musique. Elle pose son pied sur la bouche d’égout, un tourbillon lumineux l’aspire, la fait tournoyer, danser…Elle chute dans l’eau. Eclaboussant le cygne bleu, la sirène au visage raturé s’écarte. Tamaru nage difficilement dans sa robe blanche. Elle ressemble à une fleur, à un lotus. Elle est au beau milieu de son dessin. Dans l’eau. La voix de Dieu se réverbère « Si tu veux sortir de tes enfers, de tes abysses, tu dois analyser ce dessin, l’interpréter comme un rêve. » L’oiseau au long bec noir la menace. Elle s’en veut de l’avoir dessiné. Heureusement qu’il est coincé entre deux monde. Sa tête d’oiseau surgit du miroir.  

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Published by fee-noire.over-blog.com - dans conte et légende
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François Xavier 01/01/2015 22:04

Le texte est très esthétique, sans que l'on sache pourquoi, les personnages agissent de manière excessive sans retour en arriere possible, sans anticiper les consêquences,reste la fin de l'histoire
qui repose sur une énigme dont on ne connaitra pas le secret.

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