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25 février 2015 3 25 /02 /février /2015 00:59

2----untitled.jpgJe suis dans le train couchette en seconde classe. Mon homme m’a laissé ce soir à la gare. On n’a pas pleuré, c’est une habitude du dimanche soir. Mon chat habitué à voyager, est couché sur le lit, semble m’attendre. Son grelot tinte. C’est un beau chat noir aux yeux bleus, phosphorés la nuit. Je le nomme Arabica. Je l’avais avant de rencontrer Soan. Dans la salle d’eau j’enfile ma longue chemise de soie bleue nuit avec un petit nœud couleur or. Flotte dedans. Je me brosse les dents. Me lave les mains avec du savon à la lavande que j’ai emporté dans une petite savonnière rose. Je me démaquille avec une crème hydratante bio à l’huile d’amande douce. Je me maquille beaucoup. Crème teinté rose ivoire aux huiles essentielles  (je l’achète dans une épicerie bio. Le vendeur me plait et m’intimide. Je rougis.) Au pinceau, de la poudre minéral à l’odeur de savon…Rose à lèvre à la cerise. Mascara et eye liner couleur eau.

Je sors de la salle d’eau, rejoins ma cabine. Grimpe à l’échelle du lit en hauteur. Arabica ronronne. Je me faufile sous les couvertures moelleuses. Je me sens comme sur un nuage. Arabica se couche sur ma poitrine. Par la fenêtre, je regarde le paysage défiler…Les étoiles si lointaines et se cil de lune. Une ville, des arbres, des lumières jaunes, bleues…Puis l’océan plutôt tumultueux, le sable…Une silhouette à la longue chevelure blonde marchant pied nu sur la plage, comme un fantôme. La pluie tombe sur les vitres. Les arbres échevelés par le vent qui se lève…Les vibrations du train ne me gênent pas, me bercent. J’entends mes voisins, un couple, parlaient à voix basse, paroles inaudibles mais je devine des mots doux…

 Avant de m’endormir je retire mon pendentif. Il ne me gène pas, je dors avec mes bijoux. Mais je m’en sers comme un pendule. Je lui pose des questions, il répond par oui ou par non. C’est toujours les mêmes. C’est une habitude avant de m’endormir, mais il me dit ce que j’ai envie d’entendre. Ma grand-mère aimé l’ésotérisme.  Elle m’a fait mon thème astral. M’a appris à lire l’avenir dans le marc de café. Elle faisait du très bon café indien et de délicieuses crêpes au chocolat et aux amandes. Le matin j’aimais ça…Le train longe la côte, je m’imagine dans l’eau, je flotte à l’intérieur de mon corps…Le train passe dans un long tunnel.   

Sursaut. Dans la nuit je m’éveille. Des yeux violets me dévisagent. Mirage…Un cauchemar mais je m’en souviens plus. J’ai la bouche sèche. Et mon ventre gargouille. Crampes dans l’estomac. Pas assez mangé hier. Je suis très mince…Arabica est à mes pieds, dort profondément. Je descends l’échelle prudemment. Petite fille, j’aimais les lits en hauteur pour dormir au ciel non loin de mon grand père. Je m’imaginais comme dans l’album de tintin « on a marché sur la lune ». Dans la couchette d’une fusée. Mon rêve devenir astronaute. Je traverse le couloir dans la pénombre jusqu’au wagon restaurant. Il n’y a pas un chat sauf la jeune serveuse probablement étudiante. Longs cheveux blond platines, visage fin de louve, yeux bleues mystérieux…Grande et fine, elle porte une longue robe en velours noir. Ecoute de la musique, du hard rock au casque. Elle dansait, je l’ai surprise, elle a rougit…Son parfum Serge Lutens. Je suis connaisseuse. « De l’incendiaire je tien l’allumette en déclarant ma flamme, je mets au feu ce qui me brule, m’immole… » J’entends sa voix masculine mélancolique, profonde. Devant une si belle jeune femme j’ai eu honte d’être ébouriffé. J’ai commandé une tisane à la camomille qu’elle a sucré avec du miel. Et une barre chocolatée aux noisettes. La jeune fille semble épuisée. Elle est belle, mais à présent, malgré son maquillage de geisha je remarque qu’elle a des petits yeux tristes, des cernes…Comme elle s’ennuie, elle cherche à parler avec moi…Je sens qu’elle a envie de se confier. Sa voix est douce, grave, monocorde…

-Vous n’arrivez pas à dormir ?

-Si. Mais je me réveille souvent dans la nuit…

-Moi, je ne dormais plus et j’angoissais…Alors j’ai décidé de travailler de nuit. Mais à force de ne pas dormir j’ai parfois l’impression de me dédoubler, de flotter hors de mon corps et je n’arrive pas à contrôler…Mon corps physique elle là mais ma conscience ailleurs, c’est comme dans des rêves…Je suis assez tranquille ici, les voyageurs dorment. Alors j’étudie, je lis…Je suis en fac de lettre. J’ai peur du noir, et de rester seul chez moi, ici je me sens moins angoissée. 

- Pourquoi êtes-vous triste ?

-Mon père est mort d’un cancer. A la fin de sa vie il était très faible et je me suis beaucoup occupée de lui.

-Et votre mère ? 

-Elle nous a abandonné, j’avais un an…Je n’ai aucune trace d’elle.

On a causé plus d’une heure. Je suis retournée au lit. J’ai dérangé Arabica.

Dans un demie sommeil, j’ai ressentie une main glisser sur mon sein. Une bouche bisant mon ventre. J’étais trop endormie, incapable de bouger. Mes bras étaient si lourd, tout mon corps me semblait si si ensommeillé, ancré…Je n’ai pas eu peur. Sa main tiède creuser un chemin entres mes cuisses humides. Elle a soulevé ma chemise de nuit. Elle m’a léché le sexe comme un chat lape du lait. C’était elle. Sauf qu’elle avait une corne à son front, des écailles de poisson sur la peau.

Je me suis réveillée. Arabica était anxieux, tremblait tant qu’il faisait tinter son grelot. J’avais du rêver mais mon sexe était irrité. Je me sentais vidé. Un peu comme après une dispute, des mots qui vont trop loin…

J’ai regardé par la fenêtre, j’ai vu une femme à la longue chevelure blonde, en longue chemise de nuit blanche, marchait le long de la voix ferrée. J’ai pensé à un suicide. J’ai caressé Arabica pour le rassurer. Si ce n’était qu’un rêve, pourquoi est-il dans cet état ?

Malgré tout j’étais tellement fatiguée que je me suis endormie jusqu’au matin. Le soleil comme un œuf. Sur le drap bleu j’ai découvert une alvéole de sang, des grains de sable…Et un cheveu blond. Ce n’était pas le mien. Je boitais. J’ai vu que les gens me dévisageaient méchamment. J’avais peut être trop hurlé de plaisir ou de douleur cette nuit. Je me suis sentie honteuse, surtout lorsque l’agent d’entretien est venue pour changer les draps. Elle n’a rien dit. Dans la salle d’eau, j’ai appliqué un baume magnétisé par un druide sur mon sexe pour apaiser l’irritation et surtout pour chasser succubes et incubes. J’ai eu à peine le temps pour me préparer. Je suis descendu à la gare avec Arabica. Je le tenais en laisse de la main droite, ma main gauche faisait rouler ma valise. Il fallait affronter ce lundi, premier jour de travail après une nuit si agitée. Même le chat trainait de la patte, je tirai sur sa laisse. J’ai finis par le porter.   

       

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