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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 15:49

ophelie sourceMon amie Eline est venue se ressourcer chez moi,  à la campagne, dans mon donjon médiévale. A l’origine c’était un immense château fort. Mais il s’est écroulé durant la  guerre de cent ans, il ne reste que cette tourelle et les traces d’un chemin de ronde qui délimite le jardin. Les villageois on reconstruit avec les pierres du château, des maisons et des granges. Sur certaines pierres des animaux sont gravés: hiboux, chevaux, lion, licorne, dragon…La où je vis, au village nommé « Les lavandières » c’est très boisé.

Eline m’a apporté un très joli présent. Un jeu divinatoire. Un artiste à eu l’idée brillante d’utiliser des dessins de Redon pour en faire des lames. La peinture de Redon est si énigmatique, riche de symbole…On retrouve : l’araignée souriante, Jane d’Arc, le centaure, the Golden Cell, le bouddha, la cape jaune, le cyclops, les yeux clos… L’interprétation des lames a été écrite par Orianne Ducheval, qui à fait de longues études d’histoire de l’art. Il est enseignant à la faculté d’histoire de l’art de Poitiers, et a écrit plusieurs essaies : la peinture symboliste, la biographie de Redon, l’interprétation symbolique des œuvres de Redon, l’origine et l’interprétation du tarot de Marseille, les derniers druides… Redon à toujours eu un ŒIL ouvert sur le surnaturel.

Assit autour de la table ronde nous regardions les différentes lames éparpillées…J’ai fait infuser de la sauge dans de l’eau bouillante. On en a bu avec un peu de miel extrait de ma ruche. J’ai sortie le service à ma grand-mère, de jolies tasses, fragiles comme du cristal. Transparentes, teintée d’encre bleue nuit avec des motifs dessinées, des entrelacs, très fins en or. Le feu dans la cheminée s’affaiblissait alors j’ai remis une buche. Un hibou est sculpté sur le blason de ma cheminée. Des éclats de lumières bleues et or dansait dans la pièce. Un rayon de soleil filtrait par la rosasse.  Mon amie frissonnait encore de froid. Elle serrait la tasse dans ses mains pour se réchauffer un peu, et soufflait légèrement sur l’eau. Eline à des mains frêles, de longs doigts fins, une belle manucure.  Elle portait une longue robe noire. Elle a de longs cheveux blonds. Elle est très naturel, juste un peu de poudre, et un peu de mascara bleu allongeant ses cils. Moi je suis brune, les cheveux mis longs. Ce jour là je portais une robe mauve, mi longue avec de la dentelle noire aux extrémités.    

Nous sommes allées nous promener dans la forêt. Nous avons aperçu une biche. Alors Eline à pensé à l’astrologie chamanique.

-Nikita, moi je suis du signe chouette, animal nocturne, on ne peux rien lui cacher, elle voit et devine tout. Elle est très intelligente et pleine de sagesse. Attirée par l’ésotérisme. La chouette peut guérir les blessures émotionnelles de ses amis.

- Et moi ?

 -Tu es Faucon, Nikita, une vision extraordinaire, tu peux voir tous les détails mais aussi avoir une vue d’ensemble. Tu es très observatrice. Tu as aussi un troisième œil. Une grande sensibilité. Tu es active et volontaire mais tu peux être égoïste.

-Tu as raison Eline c’est tout à fait moi.

Nous avons marché sur les rives d’un lac…J’ai gouté l’eau bleuté avec ma main, des petits poissons s’approchaient de moi. Ressemblaient à des étoiles. Et le lac à une nuit étoilée. Chemin faisant, dissimilés entres les pétales des ficaires et des jonquilles,  j’ai trouvé un petit œuf. Comme dit Eline, j’ai l’œil. Un œuf avec de jolies taches, comme des grains de beauté sur la peau ou des taches de rousseurs. Il a du tomber du nid. En effet sur une des branches de l’érable, j’ai aperçu le nid, brimbalé par le vent. Cet œuf ressemblait à un œuf de caille. Par chance, il n’était pas cassé. Je l’ai emmené à la maison.

Chez moi j’ai des poules. Elles sont très marrantes, elles me suivent partout dans le jardin. Et pondent de bons œufs. Avec des brindilles, de la paille on lui a fait un nid douillet. Je l’ai installé non loin de l’âtre pour qu’il ai bien chaud. Je ne suis pas un oiseau, je ne pouvais pas le couver. Avec les œufs des poules nous avons fait des crêpes.

J’ai joué de la harpe et chanté d’une voix cristalline prêt de l’âtre. Eline m’a écouté. Ses yeux pétillaient. Elle buvait à petites gorgées son vin (d’une belle couleur sang) que j’avais versé dans une corne. Pendant qu’elle prenait son bain (dans la baignoire en ivoire, au robinet d’or et aux pieds griffus), je préparais le repas. La salle d’eau est une pièce voutée.  J’ai allumé quelques cierges, et lui ai mit  quelques larmes d’huile de monoï et de coco dans son bain. (Un présent d’un vieux loup de mer. Des huiles venant d’une île très lointaine. Ses huiles sont très rares ici dans nos campagnes Bretonnes) Du savon d’Alep sur le rebord de la baignoire. J’ai préparé une salade de pissenlit avec des glands et des noisettes. J’ai fait griller des tranches de pain de campagne. J’ai  tartiné dessus du fromage de chèvre. Un fromage que j’ai fait moi-même, mon vieux voisin à une chèvre et il me donne de temps en temps du lait. Elle s’appelle Pâquerette. Je la vois, intrépide, courir dans les prés et dévaler la colline. Pâquerette est libre comme l’air mais le soir il la rentre, car il y a des loups. En dessert nous avons mangé les crêpes au miel.     

Avant de nous coucher, j’ai consulté l’oracle de Redon. J’ai tiré une série de trois lames, l’œuf de la création, Mélusine et le gardien du seuil…Eline m’a conté son ressenti.

-C’est un bon présage. Il y a le gardien de seuil qui protège ton foyer, la fée Mélusine à la foi protectrice, elle est aussi la bâtisseuse mais elle détruit aussi lorsqu’elle est en colère, mais associé avec l’œuf de la création, c’est plutôt un bon signe. Le signe d’une naissance. 

-L’œuf c’est celui que j’ai trouvé dans les bois…Quel oiseau va sortir ?   

-L’œuf que tu as trouvé est un signe en effet…Mais je pense que les lames parlent d’une naissance plus importante que ça…

-Je suis enceinte ?

-Non, je ne pense pas, c’est sans doute une naissance symbolique…Il ne faut pas interpréter les lames au pied de la lettre…

On est monté se coucher. J’ai mit une grosse bûche dans le feu. J’ai tué la chandelle. Des chauves souris tournoyaient dehors,  une est passée très prêt de la fenêtre et s’est cognée les ailes contre le vitrail…La lune nous faisait de l’œil.  

J’ai fait un étrange rêve. Alors que je me baignais tranquillement dans la baignoire en chantant, Mélusine a surgit du bain. D’une voix malicieuse elle m’a murmuré et les murs on des oreilles, surtout sous la voute, où nos voix sont répétés par l’écho…

-Bientôt, tu auras un gardien de toi, de ton donjon. 

Dans sa paume de main, l’œuf aux tâches de rousseur.  J’ai éclaté de rire en le voyant. Ce n’est pas un petit oiseau qui pourra protéger mon donjon. Mélusine en remuant sa queue de poisson m’a éclaboussé, agacé par mon rire moqueur…Et je me suis réveillée. Le soleil se levait.

Mon amie dormait encore. J’ai fait ma toilette. Je suis sortie dans le jardin en longue robe bleue ciel, je me promenais entres les tulipes perlées par la rosée scintillante au soleil. Mon pied a heurté une dalle que je n’avais jamais remarquée. Un dragon en relief. Avec des ailes de chauves souris comme les avions…Et une longue queue de serpent comme Mélusine. Les écailles en forme de losange. J’ai soulevé la dalle, j’avais l’intuition que je pouvais trouver un trésor en dessous. Elle était lourde. J’ai hurlé en découvrant un nid de serpent. Un couple, leurs queues entortillaient l’une à l’autre.  J’ai crié si fort, qu’ils se sont enfuis en rampant… J’étais tétanisée, et je tremblais. Et si c’était un œuf de serpent que j’avais cueilli dans les bois ?! J’ai frissonné de terreur à cette idée.

J’ai découvert quelque chose, se couple de reptile était gardien d’un minuscule cercueil. Comme un cercueil de poupée. Moins large qu’une boite à chaussure. J’ai ouvert ce petit cercueil. On aurait dit le squelette d’un dragon, en miniature. C’était probablement le squelette d’un dinosaure bébé, car les dragons n’existent pas. Ceux qui on imaginés les dragons avaient découvert des sépultures de dinosaures…J’ai souvent pensé ça…Au moyen âge on devait trouver des carcasses dans la nature… Les chevaliers durant leurs chevauchés faisaient une halte parfois, recouvraient le squelette d’une peau de bête, et s’abritaient dessous…En ville, il y a un muséum d’histoire naturelle, je devrais montrer ce que je viens de découvrir, ils l’étudieront. Celui la, avait des ailes, des ailes comme les chauves souris. Comme celle qui s’est cogné au vitrail de ma chambre.  Et un long cou, une longue queu…Une longue colonne vertébrale.

J’ai pensé à mon rêve, à l’œuf dans la main de Mélusine. Cet œuf qui va bientôt éclore, je l’espère. Sans sa mère oiseau pour le couver… Mélusine m’a parlé d’un gardien. Jadis, dans les légendes, les dragons protégeaient les châteaux…Mais un dragon si petit, est vulnérable. Il n’était sans doute qu’un bébé lors de son décès.  

Nous sommes allées nous promener et avons fait une pause à un lavoir. Mon village « Les lavandières » porte bien son nom avec ses nombreux lavoirs. J’avais préparé un pique nique. Une salade de riz, et une tarte à la pomme parfumée à la cannelle. La tarte a cuit au feu de bois avec le pain au levain et aux graines de sésame. Nous avons goutté un excellent vin de pèche. L’eau chantait d’une voix claire mêlé au chant des oiseaux, les feuillages bruissaient…Dans l’eau, j’ai vu un visage se dessiner. Un mirage.

-Nikita, j’ai une impression de déjà vu, ça me trouble…Tu sais, nous avons plusieurs corps. Parfois il m’arrive de faire des voyages astraux. Et j’ai découvert qu’il existe des mondes parallèles…Des mondes féériques. Il y a le peuple des fées, le peuple des elfes, les lutins, les gnomes…Certains d’entre nous sont à la foi des humains mais aussi des êtres féérique. Comme nous avons plusieurs corps c’est possible. Si nous sommes incarnées ici, c’est que nous avons une mission sur cette terre. Ses personnes sont souvent très rêveuses et on des difficultés à vivre dans ce monde matérielle, avec un corps et la réalité terre à terre. Mais un jour nous retrouverons cet autre monde. Dans l’eau, j’ai vu une scène, comme un flash.  Tu sais, je suis signe de la chouette dans l’astrologie chamanique, j’ai un troisième œil. Je nous ai vu, nous avions des ailes de libellules, et portons de longues robes blanches et des bijoux en or. Nos cheveux étaient très longs, jusqu’aux chevilles. Tu les avais tressés. Moi je portais une couronne de fleurs. Nous étions aussi très fines. Nous frottions les draps en chantant gaiment pour la déesse. Les taches s’en allées instantanément, dans le courant…Et le drap devenait si blanc, presque transparent, et scintillant comme la neige au soleil…C’est vrai que le drap était dans l’eau, emporté par la rivière baignée de soleil. L’eau scintillait. Mais ce n’était pas seulement ça, la partie émergée hors de l’eau que nous frottions scintillait aussi. Une délicieuse odeur de savon de Marseille s’émanait dans l’air… Se mélangeait à l’odeur de l’eau si légèrement salé, imprégnée de la terre, des pierres…Une odeur de forêt, d’écorce, de mousse, de lichen, de fleurs…Il y avait une grande diversité de fleurs. J’ai vu des couleurs étranges, inquiétantes, des couleurs qui n’existent pas ici dans notre monde. Et les formes aussi m’étaient inconnues. Leurs odeurs singulières et merveilleuses. Les fleurs semblaient respirer. Les feuillages des arbres chantaient, ce n’était pas seulement un bruissement…C’était un chœur très aérien. J’ai trempé ma main dans l’eau, elle a chanté. Ce n’était pas une voix humaine, mais une voie d’eau, cristalline…Un oiseau au plumage bleu avec de beaux reflets mauves, s’est posé sur ton épaule nue. Ses pattes et son bec n’étaient pas jaune mais or…Et il  a dit : « Je reviens ».

Le soleil baignait la campagne. J’ai mit le nid dehors dans le jardin, au beau milieu des jonquilles et des boutons d’or, pour que l’oisillon profite du soleil.

Assise dans l’herbe nous regardions le petit œuf. Il s’est fissuré. Un oisillon bleu est sorti. Il lui restait une coquille sur la tête. Il s’est posé sur ma main. Et réclamait déjà à mangé.

Je l’ai nommé Céleste, car il vît dans deux mondes, ici et le monde des fées lavandières. Les premiers jours je l’ai nourrit avec les œufs des poules. Je me servais d’une allumette que je trempais dans la coquille d’œuf. Il en avalait quelques gouttes. Puis progressivement je lui donnais de la mie de pain, puis des graines.

Il virevoltait dans le donjon, se perchant sur les meubles, aux chandeliers, aux poutres, à la rambarde…Il s’envolait même dans le jardin et revenait. Céleste était libre.  

J’ai posé le squelette du dragon sur le rebord de la cheminée…Prêt de son élément, le feu. Je me suis dit qu’il protégerait le donjon des mauvais esprits et des chimères.

J’ai rêvé d’un dragon aux écailles bleues. Un dragon un peu asiatique. Il volait avec grâce, tournoyant autour du château. L’oiseau bleu planait à ses côtés. Ils jouaient ensemble. Dans mon rêve, mon château n’était pas en ruine. Il faisait beau, mais le ciel s’est assombri. Des nuées de fantômes noires se sont approchées du domaine…Encerclant le château. C’était des formes incertaines, mais menaçantes, leurs yeux cruelles, injectées de sang…Le dragon se débattait douloureusement, tournoyait à vive allure, en crachant des flammes …Il balançait sa queue aux écailles tranchantes, violement, sur les formes. Ses pattes griffues les déchiraient parfois mais le plus souvent ces fantômes passaient au travers son corps et grossissaient, se nourrissant de son énergie. Il était puissant mais les chimères étaient si nombreuses, il semblait se vider de l’intérieur…Comme si la rage le bouffait de l’intérieur. Dans le ciel le dragon semblait ivre, se cognait aux tours…Il gémissait plaintivement. Le dragon s’est mit à sangloter, ses larmes était des pépites d’or. Il a chaviré, tombé du ciel, épuisé…Son corps s’est écrasé dans la cours du château sans un bruit. Comme si il n’était qu’un dragon en papier ou en tissu pour le carnaval…Dans sa chute, son sang argenté a éclaboussé les murs et les vitraux. Les ombres se sont précipitées sur lui, l’enveloppant de nuit, le dévorant…Un vent léger s’est levé, les murs se sont envolés…Ce n’était qu’un château de carte. Je le pensais solide comme un roc…

 

 

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