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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 12:55
Gloria

Gloria

Rosasse

Les bras en croix, cloué à la rossasse de sa chambre, la damoiselle tournoie dans le sens inverse des aiguilles d’une monstre. Les rouages sans fin et en boucle se sont enclenchés…Le mécanisme est en marche. C’est un flot qui coule…en longues plaintes stridentes…strié de soubresauts…C’est en dents de scie. Irrégulières… Il faudrait peut-être huiler la machine infernale ! On dirait un train qui déraille ! Tandis qu’elle broie ses os et ses chairs. Un moulin à café noir. Complexe. Tandis que sa nuit broie du noir. Et qu’un vampire en extrait un jus rougeoyant.


Ce ne fût pas le Rouge George… Ni le coupe gorge à l’orée des forêts.


J’entendîmes milles chevaux aux galops. Milles sabots démultipliés glissâmes sur les cailloux. Nous vîmes des éclairs à leurs chevilles ensanglantées. Et la gueule d’un loup déchirâmes leurs robes.


Le S d’un serpent vert se dessinâmes dans la flaque de ses sanglots. Un S dans le reflet de son clair visage. Au clair de lune.


A la mouvance des feuillages...Translucides.


Ô rayons filtrés d’une chevelure. Aux éclats de lumières éparses. Comme un cristal blessé.
Dans la chambre l’écho eut redit ses prières. Une apparition entrâmes et vacillâmes telle une flamme. J’entendîmes un vent lugubre in silvia chantâmes aussi bien qu'un elfe railleur.
Quand la douleur demeurâmes muette entre ses quatre murs. Elle se transformâmes en chouette. Et dans son envol avalâmes le serpent.

 

interprétations possibles:

 

Chère Prisca,

Ton texte me fait penser à un supplice, au supplice de la roue, c’est un texte où s'exprime la souffrance, le désespoir mais c'est aussi (comme toujours avec toi) très esthétique. D'ailleurs est-ce si désespéré ? Ce n'est pas sûr puisque la chouette tue le serpent. C’est un beau texte, un peu énigmatique.

J’ai pensé au supplice de la roue. Et à l’époque médiévale d’ou l’utilisation du passé simple. Car c’est un poème qui joue sur les effets sonores. Et utilise la langue alchimique, la langue des oiseaux…Dans ce poème je pense parler du mécanisme de la souffrance et de l’autodestruction. Les rouages sans fin et en boucle se sont enclenchés…Le mécanisme est en marche. C’est un flot qui coule…en longues plaintes stridentes…strié de soubresauts…C’est en dents de scie. Irrégulières… J’ai le sentiment que c’est presque jouissif. Il y a même une symbolique sexuelle et magique. Et la gueule d’un loup déchirâmes leurs robes. Hors contexte ce passage est très sexuelle car on ne sait pas que je parle de la robe des chevaux…Et le loup est aussi un symbole sexuel, il symbolise le mâle, l’instinct animal.

Le S d’un serpent vert se dessinâmes dans la flaque de ses sanglots. Un S dans le reflet de son clair visage. Au clair de lune. (…) Elle se transformâmes en chouette. Et dans son envol avalâmes le serpent. S comme sexe. S comme sorcière ou sorcellerie. Le serpent est aussi un symbole phallique. On le voit comme un ennemi. Celui qui abuse d’une jeune fille. Devient le poison dans son corps…Il existe une magie très puissante. C’est la magie sexuelle. La fin : Elle se transformâmes en chouette. Et dans son envol avalâmes le serpent. Cette fin est désespérée. Car pour moi la chouette qui s’échappe du corps de la jeune damoiselle représente l’âme qui sort du corps autrement dit la mort. La seule délivrance.

La chouette avale le serpent. C’est une image très crue. Comme une femme qui avale le phallus d’un homme.

Je pense que ce texte à aussi une autre interprétation. Je n’arrivais plus à écrire des contes ou des poèmes et je souffre du syndrome de la page blanche. D’un sentiment de vide. Je disais à mon ami, qu’il faut débloquer les rouages de mon imaginaire et ça coulera à flot. Pour moi écrire exorcisme ma souffrance. Je suis écorchée vive. Dans ce poème on ressent que la machine se remet en marche et qu’elle est un peu rouillée. Je dis qu’il faudrait remettre un peu d’huile. La encore, la fin Elle se transformâmes en chouette. Et dans son envol avalâmes le serpent. Représente la délivrance. Le reste n’est qu’un exorcisme. On dit que la création à quelque chose avoir avec le désir sexuel. Elle jouie, c’est la petite mort. Son âme la chouette sort de son corps tant elle vibre et elle avale le serpent. Le sexe. Ou son propre démon.

Ce poème a sans doute avoir avec le Divin. J’y parle de la lumière avec la rossasse. La roue est une rosasse dans l’âme chambre. C’est un rituel où l’on invoque une divinité. La damoiselle se sacrifie pour le Divin. Dans ce poème je parle des effets de lumières. Les rayons lunaires filtrés par la rosasse créaient des jeux de lumière. Magiques. Ces passages sont esthétiques mais aussi très lumineux alors que le reste du texte est sombre à souhait.

Un S dans le reflet de son clair visage. Au clair de lune.


A la mouvance des feuillages...Translucides.


Ô rayons filtrés d’une chevelure. Aux éclats de lumières éparses. Comme un cristal blessé.
Dans la chambre l’écho eut redit ses prières.

 

 

Prisca à Fécamp
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