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14 janvier 2017 6 14 /01 /janvier /2017 20:32
Arbre de noël sous les eaux

Oléine se maquille devant sa coiffeuse blanche en fer forgé. Se prépare pour le réveillon de noël. Elle voit par la fenêtre un cil de lune et les flocons de neige tourbillonner. Elle allonge ses cils avec son mascara. Son fard a paupières noire-pailleté fait ressortir le mauve mêlée à l’émeraude de ses grands yeux. Sa peau est diaphane et ses lèvres améthystes. Elle peint ses longs ongles d’or. Oléine est vêtue d’une longue robe noire de soirée. Son corps est long et fin comme celui d’une panthère noire. Sa jeune chatte blanche. Petite et fine. Trône immobile sur la coiffeuse tel une statuette égyptienne et de profil semble sourire. Sa queue descendue dans le vide forme une élégante boucle. La lampe en forme d’étoile (à la manière des origamis) diffuse une lumière tamisée et projette des étoiles en ombre chinoise. La musique du groupe Mounika flotte dans la chambre. Les longs rideaux en dentelles blanches et mauves s’envolent légèrement à cause d’une faille dans la fenêtre qui laisse passer l’air polaire. Les rideaux semblables du lit à baldaquin dansent légèrement eux aussi. Le vent chante d’une voix lugubre. Et les sapins se courbent sur le côté par la force du vent. La toiture en ardoise craque légèrement. La maison elle-même avec ses poutres et son planché en bois semble être un navire dans la tempête. Un diffuseur d’huile essentielle en forme d’œuf de dragon souffle une vapeur tiède à la senteur de lavande. La chatte immobile sursaute lorsqu’un crie aigue retentit dans la maison. Mêlé à de la vaisselle cassée. C’est celui de sa mère qui s’emmêle avec le crie de son père à la voix rauque. La jolie boule rouge de noël (et les rêves qu’elle contient) se fêle en facettes tranchantes et argentés, elle se met à saigner. C’est l’image qui s’impose à Oléine. Une décharge électrique parcoure son bas ventre et son cœur devient enserré. Elle pause sa frêle main sur son cœur noué. Son regard dans la glace bleutée n’est plus le même. Elle y lit quelque chose de tragique et d’indéchiffrable. Comme celui d’un loup qu’on aurait trop martyrisé. Un ange aux longs cheveux blond-bébé en robe blanche style victorienne apparaît à ses côtés, dans le miroir. Un doigt sur sa bouche pour lui dire ne pleure pas. Cet ange à une aura mystérieuse. Elle parait avec ce doigt sur la bouche si sensuelle comme les mannequins sur papier glacé. Et en même temps si angélique. L’ange à des ailes de cygnes. Mais sa robe et ses ailes changent de couleur. Elle apparaît tantôt cygne noire, tantôt cygne blanc.

-Je me nomme Péguy. Murmure-t-elle. Suis-moi.

L'ange prend la main d’Oléine dans la sienne. Elle ouvre le loquet de la fenêtre. Elles montent sur le rebord et sautent du deuxième étage. Elles atterrissent debout sur leurs pattes comme deux chats sur la neige. Son ami Olin les attend en bas. C’est son très cher ami artiste, illustrateur, graveur et poète qui écrit des vers d’une tristesse insondable. Tous les trois se promènent en silence. S’habille de l’aura des uns et des autres. Leurs cœurs sont légers. Olin marche à côté d’Oléine, tandis que l’ange est légèrement devant. Ses cheveux blond-bébé flottent en suspension. Sa robe et ses ailes de cygnes sont tantôt blancs, tantôt noires. Olin ressemble un peu au personnage dans la toile d’Odilon Redon. Un personnage rêveur sous la neige. C’est un homme brun aux yeux bleu en amande. Le tien légèrement halé. Ils se promènent tous les trois dans ce paysage de neige, sur les rives des lacs glacés. et la jeune fille sont si peu couverts mais elles n’ont pas froids. Petits à petits leurs pas sont si légers qu’ils n’effleurent plus le sol. Ils marchent en apesanteur guidé par l’ange tantôt cygne blanc, tantôt cygne noire et ils s’envolent tel des rennes.

 

Ils se posent sur un flanc de la montagne rocailleuse, au pied d’une cascade glacée. Une fée vêtue d’une robe en soie rouge apparaît dans les flammes d’un feu de camps. Comme un reflet sur l’eau. Ses cheveux sont d’ébènes et ses yeux sont dorés. Oléine est troublée. La fée surgit de la forêt par la droite. Le feu n’était qu’un miroir. La fée semble sourire intérieurement de cet effet. La fée s’approche d’eux suivie de trois rennes aux grands yeux couleur émeraude. Elle salue chaleureusement l’ange Péguy puis s’incline devant Oléine et Olin. D’un coup de baguette magique la fée fait apparaître une table glacée décorée de chandelles vertes, rouges et blanches et de bouquets de houe. Les flammes des bougies ainsi que la lune font scintiller la table tel un diamant (la table est taillée à même la glace.) Des cierges blancs sont posés sur les branches des sapins de la forêt. Ces chandelles tiennent en équilibre comme par magie. Des petits chênes sont glacés comme soufflés par un verrier. Un petit lutin à la longue barbe blanche, aux yeux malicieux, tout vêtue de vert avec un bonnet rouge leurs sert un gouter de Noël. Chocolat chaud à l’écorce d’orange et au miel. Bûche de noël aux fruits des bois, clémentines, truffes au chocolat et à la lavande, stalactites en guise de glace cueillie à même la cascade. La fée précise que cette source est magique. Oléine n’a jamais vue une aussi jolie bûche de noël. Elle ressemble véritablement à une buche de bois mais fine, délicate et translucide recouvert de sucre glace qui évoque si bien la neige et abondamment décorée de fruits rouges, d’étoiles de neige miniatures et de roses rose-pâle. Des gouttes d’eaux glacées sur les roses pâles. Et des empreintes d’oiseau dans la neige. Les petites cuillères sont d’argent et les petites assiettes sont en cristal.

La bûche est délicieusement parfumée, elle est légère et aérienne. Elle fond dans la bouche. Oléine adore aussi les truffes à la lavande qu’elle se partage avec son ami Olin. Une jeune fille frêle à la longue robe blanche scintillante joue de la harpe et chante d’une voix angélique des chants médiévaux sous la neige dansante.

Après ce gouter de noël, minuit sonne. Un son de cloche venue d’une chapelle dans la forêt. Oléine se sent terriblement angoissée. Des hurlements dans sa tête. Elle a des flashs devant ses yeux. Elle s’inquiète pour sa mère. Oléine quitte la table en s’excusant, et empreinte un chemin à l’écart, plus sombre dans la forêt. Elle suit un sanglier aux yeux rouges. Elle trébuche à cause d’une racine. Elle vomit son repas dans ce qui ressemble être un précipice. Un trou de 20 centimètre de diamètre encerclé lierres et de racines. Oléine convulse en vomissant. Un crapaud noir s’échappe de sa bouche.

Oléine se relève en pleurant et voit un ruisseau bleuté. Elle s’y rince la bouche puis s’abreuve. Oléine entend un éclat d’eau en un écho. Comme si quelqu’un avait jeté une pierre dans l’eau. Avec frayeur mais courage elle s’avance vers le précipice. Il y a de l’eau noire au fond. Le rond dans l’eau disparaît petit à petit. Et les étoiles du ciel s’y reflètent. Puis soudain un visage si pâle apparaît sous les eaux. Comme celui d’un mort. Sa longue barbe blanche semble s’infuser. Et ses yeux sont rouges. Une main squelettique sort de l’eau. Il tient une dague et semble vouloir la lui donner.

-N’ayez crainte mon enfant, je suis le mage. Dit la voix chevrotante du vieillard.

Des images apparaissent sur l’eau noire, comme un film puis disparaissent. Oléine y voit sa mère étendue sur le carrelage, dans une marre de sang, au niveau du sexe. Le mage sombre réapparait, il semble vouloir lui donner la dague.

-Prenez la dague mon enfant, elle vous sera utile pour vous défendre et défendre les vôtres. Dit le mage d’une voix malicieuse et mielleuse.

Soudain le visage de la fée apparait dans l’eau, suivie de celui de Péguy. Violement, la fée, la tire par le bras et la ramène à elle.

-Tu es folle ! Tu allée tomber dans le puits. N’écoute donc pas ce mage…Tu aurais glissé dans l’eau. Et que comptes-tu faire de la dague ?

-Tuer mon père ! Ma mère va mourir si je ne fais rien ! Répond Oléine désinvolte.

-Je ne l’aurais pas fait glisser dans le puits ! Vous autres, les fées et les anges, vous êtes si pures que vous pensez de moi que je suis cruelle. Certes j’ai des ombres, mais je ne suis pas le Diable que vous pensez. Je suis peut-être un mage noir mais mon but était de l’aider. Sa mère est enceinte depuis peu. Si tu ne fais rien la mère et le bébé vont mourir. Hurle le mage d’une voix lugubre et étouffée à la manière d’une rafale de vent.

-Oléine, tuer ton père n’est pas une bonne idée ! Comme dit le mage certains portent des ombres mais n’ont pas un mauvais fond. Ton père est malade, son âme n’est pas sereine, il porte une violence en lui qui ne lui appartient pas. Le mage a tord, tu ne dois pas faire justice toi-même. Sur le coup des émotions…

La fée couleur rubis, Péguy et Oléine reviennent au feu de camps. Olin les attendait. Il pleure. Et serre Oléine dans ses bras.

-j’étais si inquiet. Pourquoi tu fuies ?

-Tu es mal placée pour me dire ça. Lui reproche Oléine. Alors Olin lui sourit.

*

La fée couleur rubis s’approche d’eux. Les trois rennes la suivent attelés d’un carrosse, Péguy est déjà en voiture et elle ouvre sa portière pour inviter ses deux amis à monter. Oléine puis Olin monte. Avant que l’attelage s’envole. La fée aux cheveux d’ébène confie un bébé mandragore à Oléine.

-Prend soin de ce bébé mandragore. Tu le mettras sous le lit de ta maman dans une bassine de lait. Si tu fais cela, ta maman guérira et le bébé survivra!

Oléine serre le bébé mandragore contre elle, sa forme ressemble bien à un petit être vivant et il est tout chaud. La fée ferme la portière du carrosse blanc. Les salue de sa petite main blanche. Les rennes et son attelage s’envolent dans les étoiles. Oléine qui est assise entre ses deux amis embrasse l’ange Péguy sur la bouche et prend la main d’Olin dans la sienne. Tous les trois regardent le bébé mandragore avec leurs yeux maternels émerveillés.

*

Oléine s’éveille dans sa chambre. Etendue par terre, à plat ventre prés de la coiffeuse. Evee Times de l’album Rainy Day flotte doucement. Sa chatte blanche Lîla est couchée dans sa chevelure. Oléine émerge doucement. Elle a rêvé, sans doute…Elle s’était endormie. Mais alors comment se fait-il qu’elle ne soit pas dans son lit ? Oléine se relève et descend dans la cuisine en empruntant l’escalier sombre. Elle découvre sa mère inanimée par terre. Dans sa robe blanche. Elle a un bleu sous son œil gauche. Elle saigne au niveau du sexe. Oléine paniquée, s’accroupie auprès d’elle, prend la main de sa mère dans la sienne. Et l’appelle doucement d’une voix angoissée.

-Maman, maman…

-Mon bébé, mon bébé…Oléine, je suis enceinte. Apelle le docteur !

Le mage et la fée de son rêve disaient donc vrai ! Oléine s’exécute et appelle le docteur. Elle reste au chevet de sa maman le temps qu’il arrive. Elle lui a mit un oreiller sous sa tête. Et la recouverte d’une chaude couverture. Des traces d’une violente dispute du couple demeurent dans cette pièce. La cuisine porte les stigmates et une odeur de vin flotte. On dirait qu’il s’est déroulé un crime ici. Le médecin et les pompiers arrivent et la transportent dans son lit, la bordent. Le médecin l’ausculte et lui fait une piqure. Il sort de la chambre en souriant et rassure Oléine.

-Le bébé et votre maman Claudia sont hors de danger. Il lui faut du repos. Mais vous, vous n’avez pas l’air d’aller, vous êtes toutes pâle. Puis-je vous ausculter ?

-Je me sens tellement fatiguée. En disant ça, Oléine titube. Le médecin la saisie fermement par le bras. Et la fait assoir sur une chaise dans la salle à manger. Il écoute son cœur. Prend sa tension. Par la fenêtre elle regarde la neige tomber.

-Votre tension est faible mademoiselle.

-Je ne sais pas où est mon père. Répond Oléine. Il est fou, ne nous laissez pas seule avec lui !

Sur ses mots, ils entendent quelqu’un dégringoler mêlé à des cris de douleur. Son père Patrick serait-il tombé dans les escaliers ? Le docteur et les pompiers accourent. Empruntent l’escalier sans le voir, c’est en montant à l’étage qui le découvre en bas de l’autre escalier, celui qui mène au grenier. L’homme est ivre, il pleure. Il voulait se suicider prêtant-il. Il s’est cassé le bras. Ils l’emmènent à l’hôpital.

Dans la cuisine deux assiettes sont brisées. Du vin a été aspergé sur le mur. La porte du placard est cassée. Son père a dû donner des coups de pied dans le meuble. La télévision est en milles morceaux. Quand il est ivre, il casse tout et il peut cogner sa femme. Une foi elle l’a vu menacer sa mère avec un couteau de cuisine. Mais une autre foi c’est sa mère qui courait après lui avec une hache. Oléine décide de nettoyer la cuisine. Lieu du crime. Elle efface toute trace.

*

Oléine apporte une tisane à la camomille à sa maman Claudia et des petits gâteaux en forme d’étoiles. Sa maman dort alors elle dépose le plateau sur sa table de chevet. Des larmes coulent sur les joues d’Oléine.

Elle regarde par la fenêtre les étoiles et la neige tomber. Elle remet une buche dans le feu et se sent triste. Elle reste dans la pénombre et erre dans sa maison. Elle envoie un texto à son ami Olin pour lui souhaiter un beau noël et aussi à Péguy.

Elle a très faim. Alors elle sort du congélateur un peu de bûche et s’en sert une petite part dans une petite assiette. Sort du placard la boite ronde dans laquelle il y a des petits gâteaux fait maison en forme d’étoiles ou de rennes. Elle ouvre une bouteille de cidre et s’en verse dans une flute en cristal. Mais Oléine a si mal au ventre. Elle a des brûlures d’estomacs. Et son cœur est si noué. Elle hurle à la manière d’une louve qui a mal. Elle sanglote.

Elle emprunte l’escalier dans l’ombre et accoure aux toilettes car elle a la nausée. Au tréfonds de la cuvette l’eau semble profonde et noire. Elle croit hallucinée lorsqu’elle voit de la mousse verte sur la lunette des toilettes. De la mousse comme au bord des mares. Et les étoiles se reflètent au fond du précipice. La lucarne est ouverte alors il neige dans les cabinets. Oléine convulse en vomissant dans d’atroces douleurs. Elle vomit une vipère noire qui semble morte. Oléine frisonne de terreur. Oléine tire sur la cordelette pour tirer la chasse d’eau mais une voix lugubre, en un écho, résonne. Comme une voix dans un puits. Le visage du mage apparaît. Si pâle comme celui d’un cadavre. Oléine ne peut le regarder en face sans détourner son regard.

-Tu es courageuse de descendre si bas en toi, dans tes enfers. Et d’affronter ainsi tes démons. Tu fais peurs à tes proches. Mais l’on apprend beaucoup dans la souffrance. Et c’est douloureux d’apprendre…N’es crainte de moi. Tu n’as pas besoin de moi pour basculer dans le trou noir. Seulement, je te conseille d’ouvrir tes présents au pied du sapin…Car tu y trouveras la racine de mandragore.

L’image du mage disparaît et les étoiles se reflètent dans l’eau noire des toilettes. Le reflet d’Oléine tourbillonne. Elle s’éloigne de ce précipice.

Dans la salle d’eau, le robinet du lavabo s’écoule. L’eau chante. Une eau bleu émeraude qui remplie la vasque ivoire. Quelqu’un avait oublié de le fermer. Oléine se rince la bouche. Se lave les mains. Puis les dents. Dans la vasque remplie d’eau émeraude apparaît un sapin noyé dans l’eau, seule la cime est encore hors de l’eau. Oléine ferme le robinet et met sa main sous l’eau afin de faire remonter le sapin miniature à la surface. Mais ce n’est que de l’air qu’elle brasse. Ou plutôt de l’eau comme il n y a pas de sapin. Une main griffue saisit son frêle poignet. Elle crie. A présent l’eau s’écoule dans le siphon et la main semble vouloir l’emporter avec elle dans son royaume sous marin. Oléine se débat de toutes ses forces contre ce tourbillon aussi puissant qu’une tornade, elle se cogne la tête contre le lavabo et elle saigne. Elle réussit à lui échapper mais sa main est griffée de trois longues plaies.

Elle trouve dans la boite à pharmacie un bandage. Elle enroule le bandage autour da sa main blessée en le serrant au maximum pour stopper l’hémorragie.

Lorsqu’elle descend ouvrir ses cadeaux au pied du sapin. Elle ouvre en premier le vert émeraude. Elle a l’intuition qu’elle trouvera la racine de mandragore dans celui ci. C’est une boite en bois assez rustique. Elle l’ouvre et découvre le bébé mandragore dans un linge blanc. Dans un papyrus elle y lit les instructions. Une écriture fine et penchée.

Chère Oléine,

Tu dois prendre soin du bébé mandragore. Dans une bassine remplie de lait et de sept gouttes de ton sang, tu installeras la racine de mandragore et tu la mets sous le lit de ta mère Claudia. La guérison est immédiate. Tu dois changer le lait tous les jours jusqu’à la naissance de l’enfant. Tu pourras replanter la racine dans la terre.

Je t’embrasse

Fée

Oléine serre le bébé dans ses bras. Et dans la cuisine remplit une bassine de lait et y installe le bébé mandragore. Elle défait son bandage et fait couler sept larmes de sang dans le lait. Puis remet son bandage. Oléine entre dans la chambre de sa maman et met la bassine de lait avec la mandragore sous son lit. Troublée, Claudia lui demande ce qu’elle est en train de faire ?

- Laisse le bébé mandragore sous ton lit dans une bassine de lait. Si je meurs, tu devras changer le lait tous les jours et le remettre sous ton lit. C’est un remède de grand-mère. Tu vas te sentir bien mieux et ton enfant aussi…Lui explique Oléine.

-Mais pourquoi dis-tu que tu vas mourir ? Tu ne vas pas mourir !

-Bien sûr que non maman ! Je t’aime.

Oléine embrasse sa maman. Sort de la chambre et dévale les escaliers. Elle ouvre ses autres cadeaux au pied du sapin. Elle déchire celui bleu nuit-étoilée au ruban mauve. Il s’agit d’une boitte de truffes au chocolat et à la lavande. Une jolie boite mauve en fer. Un mot écrit à la main d’une écriture fine et penchée accompagne ce présent:

Propriétés magiques de la lavande: protection, amour, sexualité bonheur et paix
Propriétés magiques du chocolat noir: romance et sexualité

Fée

Elle ouvre un autre présent au papier cadeau doré. Il est tout petit. C’est un écrin bleu nuit-étoilée. A l’intérieur il y a un pendentif. Une fine libellule en argent aux ailes d’améthyste. La chaine est fine et délicate. Elle devine celui qui lui a offert. Elle sourit.

Elle ouvre le dernier paquet. Il est de couleur mauve. C’est une boite dans laquelle il y a une jolie photo de Péguy. Si pâle avec ses longs cheveux blond-bébé. Si lisse. Et sa bouche gourmande et ses yeux d’égyptienne. Au dos de la photo, elle a écrit : Je t’aime. Un éventail en bois de couleur verte avec des fleurs peintes dessus.

*

Le jour se lève. Toujours la neige danse par la fenêtre. Oléine se sent tellement épuisée. Elle rejoint sa chambre. Devant la glace de sa coiffeuse, elle se voit terriblement blanche mais elle sourit. Elle met son pendentif en forme de libellule. Elle s’aperçoit que sa main saigne à flot. Quelques gouttes de sangs tombent sur sa coiffeuse blanche en fer forgé. Oléine ne s’en soucie pas. Elle pose l’éventail et la photo de Péguy sur sa table de chevet. Ainsi que la boite de truffes à la lavande. Se déshabille et se met dans son lit. Découvre-les texto reçus.

Chère Oline, joyeux noël, je t’embrasse. Olin

Chère Oline, je te souhaite un joyeux noël, bisous félins. Péguy.

Oline se sent heureuse et apaisée. Elle s’endort et rejoint le pays des rêves. Mais d’un sommeil éternel. Comme la belle au bois dormant. Mais un baisé ne suffirait pas. Lîla dort en boule sur les pieds de sa maîtresse.

*

On la découvre morte. Inanimée dans son lit. Le médecin pense qu’elle s’est blessée elle-même. Elle a perdu trop de sang.

Malgré l’immense tristesse la mère change le lait de la racine de mandragore chaque jour et la met sous son lit. Elle est hors de danger et son bébé aussi. Mais dans des phases de délirium, de plus en plus fréquentes, elle croit que le bébé mandragore est la réincarnation d’Oléine. Elle prend le bébé mandragore dans ses bras et le berce. Lui chante des chansons. Patrick revient de l’hôpital très attristé par la mort de sa fille. Il prend soin de sa femme Claudia. Il est gentil et aux petits soins pour elle. Et résiste à l’envie de boire mais ressent une immense culpabilité qui le ronge à l’intérieur.

 

 

 

 

 

 

 

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