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30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 10:06

Il me semble que les fantômes sont plus heureux que moi-même. Ils sont entre. Moi aussi. Mais les vivants veulent que je sois ici. Parmi eux. La réalité me rappelle à l’ordre. Les vagabonds qui dorment à la belle étoile avec leurs chiens ne rêvent pas. Ils ont froid. Ils dorment à peine. D’un seul œil. Je n’ose pas toujours les regarder. J’ai si peur que leurs sorts deviennent le mien, moi qui suis fragile et n’a pas trouvé ma place. Comme eux.


Depuis l’enfance je ne me sens pas la force d’assumer mes responsabilités. Alors j’ai peur. Je demeure une grande enfant.


J’ai créé une faille dans le quotidien comme un orage au bout de mes doigts fins. Où la lumière divine passe. Un chemin de traverse s’est ouvert. Vers le ciel. Un chemin fait d’émeraudes, d’améthystes, de jades, de pierres de lune et de poussières d’étoiles…


Mais je n’ai pas le droit de rêver. D’être une artiste. Cela ne fait pas vivre. Si je demeure une enfant, il faut que je sois un adulte. Je suis abandonnée dans la forêt. Ils veulent que je soi. Mais je ne suis pas. Les moutons.


Je me sens prisonnière de moi et je me rêve à l’extérieur. En apesanteur. Contemplant le spectacle de mon corps ensanglanté. Je rêve qu’un homme masqué. Un reflet de moi-même inavoué. Me frappe a mort avec une sangle. Car il haïe l’existence et la matière. Tant de fois les hommes m’ont baisé comme une truie. Aujourd’hui je rêve qu’on me frappe à mort avec une sangle et m’extraire de ce corps. Comme on monte un escalier. Chaque coup porté fait sursauter mon âme et l’aide à gravir une marche. Je souhaite, à l’extérieur de moi, le regarder me frapper et saigner mon corps. Il me semble que ce spectacle serait réjouissant, apaisant tant je déteste être de la chair. Je haïe mon corps et je lui souhaite tous le mal. Je joui de la jouissance de l’homme qui me frappe.


Les fantômes rêvent de tous leurs souhaits et ils flottent. Marchent en apesanteur. Ils ne subissent ni le poids du corps, ni les contraintes de la réalité. Ils sont tristes. Comme moi, ils n’ont pas accès à la lumière mais leurs existences est plus romantique que la mienne. Eux hantent les ruines de leurs châteaux…Ils cueillent parfois leurs facettes éparses. Un morceau de vitrail bleuté par exemple et replongent dans la nostalgie des jours heureux. Je les sais plus sereins que moi car on n’attend plus rien d’eux. Ils ne risquent plus rien. Ils sont plus heureux que certains humains qui n’ont pas leurs places ici. Qu’est ce que la vie espérait d’eux ? Je crois les anges cruels.


Je n’ai juste plus envie d’exister. La vie est une chienne.

illustration de Féebrille

illustration de Féebrille

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