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20 septembre 2016 2 20 /09 /septembre /2016 14:05
Penser c'est chercher des clairiéres dans une forêt

"Penser, c'est chercher des clairières dans une forêt." de Jules Renard , le 28 mars 1894.

Si j’ai volé au monsieur cette seringue s’était pour te guérir. Ce monsieur n’est pas docteur…Et tu dors chez lui. Nous étions en bas de la rue et toi à la fenêtre, tu nous as fait coucou. Tes cheveux avaient poussé et tu étais mal rasé. Comme ces jours fatigués. Mais tu étais si joyeux de nous revoir. Et moi aussi, mon cœur bondissait comme un ballon contre ma poitrine plate d’enfant. Des jardins en terrasses et la rivière en bas. Et cette ville encerclée de forêt. Une clairière peut-être. Un cercle de lumière. Cerné par les dentelles d’ombres. De pire en pire serrées. Les arbres au loin, et pas si loin, ne filtrant plus du tout la lumière. La nuit même le jour ! Dans les bois, la nuit même le jour ! La maison du monsieur est au pied de la ruine médiévale, presque tout en haut dans le ciel. Il est prête, et tu dois te reposer. Il a de longs cheveux noirs. Il a l’air gentil. Nous sommes passés dans son atelier qui donne sur son jardin en escalier où poussent des plantes grasses dans la rocaille. Son atelier est dans le noir et le liquide violet dans l’éprouvette est phosphorescent. Tous ses flacons colorés m’intriguent. Et je ne sais pas ce qui m’a pris j’ai volé la piqure avec l’aiguille. Je voulais jouer au docteur. Une issue dans le jardin entre l’atelier et son chez lui. Une clairière. Puis entrer dans sa maison où tout était comme dans mes rêves. Avec des escaliers. Un plancher qui grince. Et la chambre où tu dors. Et des portes ? Qu’est ce qu’il y a derrière les portes ? Le monsieur. Qui est en bas et s’éclipse un instant pour notre intimité, nos retrouvailles. Tu nous as manqué.

Maman, toi et moi sommes allés marcher et pique niquer avec Balou. J‘adore les pique nique. J’ai mangé des radis avec une tartine de pain tartiné de beurre végétale et j’ai eu un haut le cœur. Comme avec le lait.

C’est dans le sentier que j’ai joué avec la piqure. J’ai si peur des piqures…Mais toi tu n’as pas peur. Du moment que c’est moi le docteur je n’ai pas peur.

-Où as-tu trouvé cette piqure ?

-Par terre dans la nature…

-N’en ramasse jamais. C’est dangereux ! Donne-moi ça !

Parfois une ronce déchirant ma robe et me blessant.

La maison est toujours là, mais le prête chimiste n’y vit plus. Ce n’est plus aussi joli. Il n’y a plus de fleurs. Seulement un échafaudage contre son mur. Je suis sûr qu’elle ne se souvient pas de nous. Tant de personnes y sont venus s’y reposer. Elle se souvient juste de cet homme d’Eglise, de ce chimiste. Qu’est-ce qu’il cherchait dans cette nuit ? Les paupières de cet atelier fermé. A la foi si intime et passager, puis la sortie sur son jardin en escalier menant à la maison aux yeux ouverts.

La clairière ce n’est parfois qu’une lampe dans ma chambre où se cogne le papillon. Peut-être toi. Parfois la clairière c’est juste un rêve. Une féérie.

Mon rideau léger virevoltant au vent juste une tapisserie animée…

Dans la clairière c’est de l’or broyé, mit en poussière qui virevolte. Comme un vaisseau de moi qui m’absorbe en lui pour des rêves dangereux. Comme des extraterrestres de moi me kidnappent certaines nuits. Juste en parenthèse. Dans leurs secrets. Me renverser à l’envers dans l’encre de la nuit. Me détruire comme un putain de loup ! Et tellement pleurer, couler les étoiles.

Penser est une clairière dans la forêt, je pense à toi. J’ai un œil entre mes sourcils où ta silhouette passe. J’ai un faisceau de lumière entres mes yeux.

J’ai l’impression d’être toi. Devenu comme toi. Parfois je voudrais prendre le train à l’envers qui traverse la forêt et longe la rivière. Je voudrais le prendre à l’envers pour me percuter contre un arbre et me renverser au ciel. D’en haut, contempler mon vaisseau saigner me soulagera. Je serai juste un djinn quittant mon corps, une vapeur. Et tu seras a l’entré de cette clairière où l’univers entier m’avalera dans sa gueule.

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François Xavier 21/09/2016 17:14

je viens de le lire, mais il faut le relire, que de visions étranges qui n'en sont pas!! un brin stupéfiant.

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