Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 14:28

Lait de lune

Dimanche 5 juin,

Le matin avant de partir…

Ce matin je n’ai pas bu mon thé vert, ni mon jus de fruit. Juste un peu de café, mais pas la tasse entière par peur d’avoir envie de faire pipi durant le trajet. Le plus souvent je ne mange pas au petit déjeuner. Même lorsque j’étais enfant, il me semble que je ne mangeais pas le matin ou seulement les matins de vacances. Me lever tôt pour aller à l’école me contrarié. Souvent il faisait si froid. Mais parfois à la récréation de dix heures l’école donnait aux enfants une chocolatine. Au début mes parents me préparait du chocolat au lait, mais un matin, je n’ai pas pu finir de boire mon bol, j’ai eu un haut le cœur, un écœurement au point d’avoir envie de vomir. Alors j’ai cessé d’en boire, je n’avais pas quatre ans. Même aujourd’hui je ne supporte ni le goût, ni l’odeur du lait. Parfois il m’arrive de boire un chocolat mais il faut qu’il soit très chocolaté. S’il n’y a pas assez de chocolat pour masquer le goût c’est toujours le même haut le cœur, dégout. Le lait me semble lourd, indigeste. Le pire c’est quand il caille, qu’il y a des bouts de peaux. Par contre j’aime bien manger du fromage, les yaourts au sucre ou à la confiture et les petits suisses. Mais l’autre jour j’ai voulu manger un petit suisse, je n’ai pas pu, le même haut le cœur, le même goût de lait retrouvé. Je n’ose même plus manger de yaourt par peur du goût, et de sa lourde consistance. En ce moment même le fromage ne me fait plus envie. Cela m’arrange car j’aimais bien mais comme je fais attention à ma ligne…Lors d’un pique nique avec mes parents, j’avais été surprise de ressentir ce même dégout, haut le cœur, en mangeant une tartine de beurre. On m’a dit que mon frère et mon père m’avait fait goûter une cuillère du lait de la chèvre blanche que nous avions. J’avais dû être surprise par le goût prononcé. On dit que c’est pour ça que je n’aime plus le lait. Comme une légende familiale. Mais mise à part ça, j’avais bonne appétit, j’étais tous sauf difficile. Mêmes les huitres, j’adorais, avec un filet de jus de citron, et une tartine de beurre.

Lundi 6 juin,

Ce fût un dimanche merveilleux, un bain océanique. Nous avons fait du covoiturage. Mais comme ma mère à peur en voiture, elle préfère conduire. C’est peut-être pour ça que je tarde à passer mon permis. Il faut le passer mais je m’en sens incapable. J’ai peur. Je manque de confiance en moi. Parfois si je me rêve au volant d’une belle voiture, d’une jaguar noire, c’est pour aller me promener. Rouler à vive allure, cheveux au vent dans la cathédrale d’arbre, de jour comme de nuit. J’adore les vacances, les déjeuners sur l’herbe (dans mon cas ça sera un diner sur l’herbe comme je ne mange que le soir), les bustes de biches surgissant des feuillages, les dames blanches au bord des routes. Je me sens incapable de conduire ma vie. Prendre le train, les bus, le métro m’effraie aussi. Je n’irais pas à Paris toute seule. Alors ma mère que j’aime tant et dont je suis encore dépendante (vu ma fragilité extrême) me conduit, nous conduit. A l’ombre où j’aspire parfois à grandir. Peut-être parce que je sais qu’elle n’est pas éternelle et sa santé est fragile. Mais aussi parce que lorsque je me sens en sécurité, j’aime goûter à la liberté. Mais paradoxalement grandir c’est quitter une prison pour entrer dans une autre prison. Je pense au monde du travail, aux responsabilités.

Dans notre voiture nous avons emmenés un brave type, moustachu. Qui n’a vraiment pas le profil de pratiquer du chi quong ou du Tai-chi-chuan (car le chi quong ressemble un peu au Tai-chi). D’ailleurs ma mère m’a dit qu’il manque beaucoup. Comme elle, il doit-être trop nerveux pour cette pratique contemplative qui parfois joue sur leurs nerfs d’impatients. « Et que je me défonce physiquement au boulot ! » Si ma mère pratique ce sport c’est pour accompagner ma grand-mère, l’encourager. Parfois, c’est moi ou ma grand-mère qui la conduit quelque part, même si c’est elle qui tient le volant. Grâce à moi, elle a été obligée de faire du théâtre, pour ne pas devoir m’attendre dans l’auto, ou ne pas faire l’aller-retour. Elle nous suit, tout en ayant l’illusion de conduire, et prend du plaisir à participer à une activité ou faire une sortie. Seule, ma mère ne conduit pas, n’a pas l’envie, il faut la motiver pour qu’elle sorte. Elle est sauvage. Cet homme assit dans la voiture à côté de ma mère était assez marrant. Simple comme ça, mais pas bête du tout. Il a travaillé à l’usine et suite à des licenciements, il fût employé par la commune. Je monte toujours devant à côté de ma mère même lorsque ma grand-mère vient aussi. Ma grand-mère aime être assise à l’arrière. Alors que moi j’aime être la copilote. Alors d’être assise à l’arrière avec un homme à l’avant, à côté d’elle m’a rappelé le temps où j’étais petite fille, où mon père vivait encore, lorsque nous allions nous promener. Les piques niques sur les rives de la rivière, les baignades et les mottes de foin dans les champs. Mais surtout des odeurs, les sens en éveil.

Avant d’aller au restaurant, nous avons pris le temps de nous promener sur la plage à Fourras. La mer était encore basse. Un chemin menait au Fort Enette. Nous avons mangé dehors. Je savais que les cuisiniers m’avaient préparé un repas végétarien mais à quoi m’attendre ? En entré on m’a servit une délicieuse salade composée (tomates, laitues, maïs, betteraves…) tandis que ma mère a eu des huitres joliment présentées sur une assiette d’algue. C’était vraiment adorable à manger des yeux. J’ai pensé à mon arrière grand-mère qu’on nommait grand-mère des huitres (une ancienne ostréicultrice). Ensuite l’on m’a servit une assiette de légumes délicieuse (des haricots verts, des champignons de Paris, des courgettes, un ognon coupé en deux et cuit, deux moitiés de tomates cuites mais assez ferme avec des herbes de Provence et quelque chose de croustillant dessus). J’ai mangé sainement, c’était un délice, mais les quantités étaient trop importantes pour moi. En plus je mange rarement à midis.

Le soleil est revenu avec la nouvelle lune alors dans les toilettes du restaurant, ou plutôt devant le lavabo, je me suis mise de la crème solaire. J’adore la senteur des crèmes solaire c’est celle du soleil, de l’enfance, des grandes vacances, de la baignade et de la liberté. Je me suis re maquillée un peu. En guise de parfum j’ai aimé frotter mes mains d’huile essentielle de rose. J’ai adoré prendre le bateau. Sa trainée de vague derrière lui, et son tumulte comme en apesanteur. Maman observait les côtes où l’on devine l’ancienne maison à ma grand-mère. Elle était nostalgique, presque triste. Quand j’étais petite je suis allée sur l’île d’Aix avec mes grands parents, un jour d’éclipse solaire partielle. J’avais emporté avec moi un dalmatien en peluche. Je m’en suis souvenue à bord du bac.

Sur l’île d’Aix il n’y a pas de voiture, seulement la nature des bords de mer, des plantes et des arbres résistant à l’iode, au vent. Il y a du monde qui dénature mais assez peu en juin. Nous nous sommes promenés un peu, nous avons pratiqués sous des pins à la senteur rafraichissante et épicé. Nous formions un cercle. On est allés sur la plage et n’avons pas résisté à l’envie de marcher dans l’eau. Elle était bonne ! Nous avons finis la séance de chi Quong par de jolies mouvement appelés la nage du dragon et la contemplation de la lune. Je faisais les mouvements avec facilité. J’ai trouvé ça gracieux, spirituelle, doux. J’ai le profil à pratiquer du Tai Chi Chuan mais pourtant je préfère pratiquer d’autres sports moins spirituelles, où l’on se dépense plus, où l’on se défoule. Même si je suis très contemplative et rêveuse. Mais mon air calme et paisible n’est qu’une timidité extrême, une retenue. Au fond je suis d’une nature inquiète, impatiente. Je n’ai jamais aimé le sport, j’en fais parce que je veux mincir. On s’est promené un petit peu sur l’île et on est revenue. En bateau puis sur la terre ferme.

Samedi 4 juin,

Cette nuit je n’ai presque pas dormis, je suis mademoiselle blue et je me suis fait un sang d’encre. L’imagination a joué contre moi. Je fais de belles choses avec ma sensibilité et mon imagination. J’écris. Je suis mademoiselle blue. Mais parfois elle me fait du mal. Je suis mademoiselle blue couleur des larmes. Je suis mademoiselle blue couleur de mon élément. L’eau. Je suis mademoiselle blue la rêveuse. Mon sang est bleu, je canalise l’hémorragie en l’écrivant…Je suis mademoiselle blue la blogueuse, je suis une écriture, un papillon prisonnier de la toile. Je n’ai que des amitiés virtuelles dans la vraie vie je suis inexistante. Je suis un fantôme. Un corps dilué et bleuté. Une âme évaporée. Je suis mademoiselle blue une image. Une fée des temps actuels. Une fée qui ne parvient plus à scintiller. Qui pleure et sans cesse se noie dans un tourbillon d’émotion. Je suis mademoiselle blue qui détruit l’autre moi. L’autre qui boit les rêves, les poisons de mademoiselle blue. Je suis mademoiselle blue des miroirs…

Demain je vais sur l’île d’Aix avec ma mère. Car sa professeure de Chi Quong (un doux art martial chinois et thérapeutique) organise une journée en plein air. Nous partons d’Aulnay à dix heures, nous faisons du covoiturage. Nous déjeunons à Fourras dans un restaurant (j’aurais un repas végétarien, le menu a été commandé à l’avance), ensuite nous prenons le bac direction l’île. Nous pratiquons sur la plage. Et nous nous promènerons sans doute…J’emporterai mon appareil photo. Je suis sûr que cela va me ressourcer et peut-être m’inspirer. Il y a très longtemps que je ne suis pas allée sur l’île d’Aix. C’était avec mes grands parents lorsque j’étais petite. Il y avait une éclipse ce jour là et nous avions des lunettes pour observer le ciel mais nous n’avions pas vu grand-chose. Cela ne manque pas de poésies. J’allais en vacances chez mes grands parents qui avaient une maison au bord de l’océan Atlantique. Un abrupt escalier en bois appuyé à la falaise nous permettait de descendre à la mer. Je me souviens d’un été où j’avais visité de nombreuses îles de Charente Maritime avec eux. L’île Madame m’avait fasciné avec son simple chemin de terre que la mer enfouie à chaque marré haute.

La professeure de chi Quong est aussi la vétérinaire d’Aulnay. Une femme mince, assez naturelle et douce. Lorsque nous avons été à la randonnée semi nocturne d’Aulnay nous l’avons retrouvé, elle était accompagnée d’une amie. Elles ont fait l’école vétérinaire ensemble. Et son amie n’est plus vétérinaire, elle fabrique des selles de cheval artisanales. La discutions était intéressante. J’ai l’impression d’habiter petit à petit Saint Jean d’Angely et ses alentours. Je commence aussi à me faire des connaissances.

Sous la pluie et l’orage

Le weekend dernier je ne suis pas allée à Anger chez mon frère et ma belle sœur. Je n’ai pas vu les enfants. Je ne sais pas pourquoi je n’ai plus eu envie. Je crois que j’étais triste et fatiguée. Je n’avais pas l’énergie. Lorsque je suis arrivée la veille chez ma mère, elle m’a dit des choses si dures. Elle n’allait pas bien. Je suis brisée en moi (depuis longtemps). Alors je ne suis pas partie avec elles…Même si je m’étais réconcilié avec elle. Je suis restée pour m’occuper des animaux. Je voulais peut-être échapper aux repas de famille. Mais durant tout le weekend j’ai souffert d’horribles crises de boulimies. Manger, se faire vomir, manger, se faire vomir. J’ai eu suite à ça de terribles maux de ventre. C’était une fin de semaine sous la pluie et l’orage. Où plutôt au lit bien à l’abri avec mes chats. En réalité c’est eux qui ont veillés sur moi, on le devine sur la photo. J’ai beaucoup lu et j’ai finis d’écrire un récit. J’ai lu Parfum, les poèmes de Renée Vivien ainsi qu’un roman graphique Le bleue est une couleur chaude. Ce que j’ai aimé dans cette histoire, c’est qu’à sa mort elle donne ses journaux intimes à son amie. Son amie qui va en chercher une partie dans sa chambre d’adolescente et affronte les parents hostiles. Ce journal raconte d’une manière intime leurs histoires d’amour. C’est une banale histoire sentimentale mais l’on voit que l’homosexualité n’est pas toujours bien perçue. Au début la jeune fille ne veut pas croire qu’elle aime cette autre fille aux cheveux bleus. En plus ses parents sont homophobes et la chasse de chez eux lorsqu’ils apprennent cette relation.

île d'aix

Partager cet article

Repost 0
Published by fee-noire.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de fee-noire.over-blog.com
  • Le blog de fee-noire.over-blog.com
  • : Mon univers sombre et féérique...Je m'appelle Prisca Poiraudeau,une rêveuse gothique, je suis passionné d'art...
  • Contact

Recherche

Liens