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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 11:32

Le matin dans un demis sommeil, j’avais des grains de sable autour des yeux, et il y avait des fleurs séchées sur la colline de mes joues, alignées comme des larmes…La lune n’avait pas tout à fait disparue. Une lune bleue qui a joué de moi. Elle est a la fin de sa croissance. Bientôt elle sera pleine. Je ne dors pas très bien, mes nuits sont agitées. Je fais d’étranges rêves cauchemardesques. Je rêve bien plus que d’habitude. Dans mon rêve une chouette effraie était perchée sur l’abat jour, elle s’est envolée pour saisir mon petit chat noir qui a sauté sur le lit. Ses yeux remplis d’effrois en voyant l’oiseau. Le regard malicieux du rapace à zébré comme l’orage sur les murs de ma chambre. En vol il a saisit de ses serres le petit félin qui se débâtait, ses pattes s’agitant dans l’air…Le petit chat s’est mit à saigner car l’oiseau le serraient trop fort à le transpercer de ses serres griffus…Une perle de sang est tombée dans mon œil. Lorsque je me suis regardée dans le miroir j’avais des yeux rouges comme les lapins albinos…Je me suis réveillée en sursaut, mon cœur palpitait.

Fatiguée ou non, il fallait que j’aille au travail. Le chat Noirot dormait paisiblement contre moi, aucune chouette n’était venue le tourmenter. J’ai bu un café et un verre de jus d’orange. J’ai pris ma douche, je me suis coiffée, je me suis maquillée, du violet et du noir sur mes paupières. J’ai enfilé mon pantalon noir en skay, mon petit haut en dentelle. J’ai donné à mangé a Noirot. J’ai chevauché ma Harley Davidson. J’ai roulé sur les routes de campagne, cheveux au vent me sentant libre…Les prairies baignées de soleil. Dans le ciel d’un bleue unie, j’ai vu la lune pas tout à fait absorbé par le jour.

Je suis vitrailliste. En ce moment je créais des vitraux pour une église romane datant du XIème siècle. La petite chapelle de l’Isle Adam en Poitou, non loin des Eglises d’Argenteuil. Elle a été vandalisé, les vitraux d’origines sont brisées…Des losanges aux colories ancien, des lignes comme des lignes de main ou de feuilles d’arbres dessinés en relief…Des vitraux assez abstrait où j’ai reconnue le chêne, le frêne, et l’aulne au beau milieu de ces lignes cheminant, comme une toile d’araignée. En m’inspirant des ailes de libellules j’en créai de nouveaux. Leurs ailes bleues et leurs nuances de bleues, le coté pailleté et argenté aux extrémités des ailes du bas vers la pointe. Les touches dorées dans les motifs ovales. Les petites lignes fragiles qui se croisent pour former des vaisseaux, plus raffinées que celles sur les feuillages. Aussi complexes que les lignes d’une main. Un cours d’eau clair ruisselle prés de la chapelle et de nombreuses libellules virevoltent joyeusement. En voulant en photographié une, posé sur une rose, elle s’est posée sur ma main. J’ai été si troublée…J’ai photographié les ailes de si prés. En les observant je les ai trouvé si merveilleuses que ça m’a inspiré. Pour rappeler les vitraux d’origines j’utilise des couleurs anciennes que je fabrique moi-même avec certains pigments colorés, des fleurs que je décolore, de l’huile de lin. J’ai préféré peindre trois frênes au lieu d’un chêne, d’un aulne, et d’un frêne car lors de mes longues promenades, j’ai découvert trois vieux frênes, formant à eux trois un triangle. Dans un pré ou paître parfois les vaches. Ils ne se trouvent pas très loin de la chapelle de l’Isle Adam, un peu avant le château qui est à présent une maison de repos. Ses arbres je les ai embrassés, j’ai caressé leurs écorces rugueuses, je me suis assise a leurs racines, dos contre tronc j’ai ressentie leurs magnétismes. J’ai fait des vœux.

Arnold mon patron, un homme d’une cinquantaine d’année plutôt frêle, la peau basané, les longs cheveux noirs grisonnants était très nerveux. Ses mains tremblaient. Il n’arrivait pas à peindre tellement…Il n’arrivait pas à reproduire ce visage incarnant la pureté absolue et si énigmatique qu’on contemplait sur le vitrail d’origine. L’un des vitraux de la chapelle, nef est donnant sur l’autel. Arnold d’habitude ne tremble pas ainsi, ses gestes sont nets et précis. Il est talentueux. Il a appris son métier chez les compagnons du devoir. Il avalait nerveusement des bouffées de cigarette. Il n’était pas du tout comme d’habitude, celui qui siffle et qui chante.

-Que se passe t-il Arnold ? Vous n’avez pas l’air d’aller bien ?

-Ma femme m’a quitté, elle est partie cette nuit. Elle me trompait avec un homme depuis trois mois.

-Je suis vraiment désolé Arnold. Sans vouloir vous donnez d’ordre, vous êtes mon employeur, mais vous devriez rentrer chez vous vous reposer. La, vous êtes en train de faire n’importe quoi, vos mains trembles…Je vais poursuivre mon travail.

-Vous avez peut-être raison, j’y vais. Mettez la clef dans la boite aux lettres de l’atelier lorsque vous aurez finis ce vitrail. D’ici deux heures je pense que vous aurez terminé, je ne vous donne pas d’autres œuvres, vous pouvez ainsi rentrer un peu plus tôt que d’habitude, pour une fois.

Les problèmes de mon employeur ne me regardent pas mais j’ai pensé que la lune bleue n’avait pas arrangés les choses. Bien sûr, il a des problèmes lune ou pas lune mais… Des légendes content que cette lune bleue est singulière et très intense. Il est temps pour nous de prendre les règnes sur des domaines de nos vies qui nous ont menés sur un mauvais chemin. Durant la lune Bleue, notre passé est sur le point d’être éclairé. Nous allons trouver des réponses à certaines questions qui nous ont hantés, plutôt que d’avoir peur…La lune est comme une tempête, qui intensifie nos émotions. Elle détruit mais permet aussi de renaître. La lune bleue est une pleine lune supplémentaire qui se produit lorsqu’une année comporte 13 lunes, au lieu de 12 d’une année habituelle.

En ce moment moi aussi je ressens son magnétisme intense enveloppant mon corps de ses rayons même en plein jour. Mes nuits sont agitées, je fais de mauvais rêves.

Je m’appliquais à ma tâche, j’étais très concentrée sur mon dessin. Puis me laissant aller à une sorte de transe, comme si mes mains étaient guidées par une force supérieure, peut-être par cette vierge noire encerclée de roses pâles qui me regardait à l’ombre d’un chapiteau. J’étais en train d’accomplir une œuvre divine et spontanée. A la fin des libellules m’ont encerclée comme si elles venaient pour admirer mon travail. La raie de lumière sublimait les couleurs, les poussières d’étoiles étincelaient. La scintillance pus belle qu’un rayon de soleil sur l’eau claire d’un ruisseau. Un ruisseau où dorment les pierres de toutes les couleurs, en transparence sur le sable aux pépites d’or, et les algues comme une chevelure de nymphe dans le vent. J’ai pris en photo mon œuvre

J’étais bien heureuse de pouvoir rentrer plus tôt, surtout à la veille du weekend. En allant chez moi j’ai fait un détour pour aller voir mes trois frênes. L’un des trois est un arbre creux. A mon approche une buse qui nichait au creux s’est envolé…Mon cœur palpitait. Ses ailes presque rousses étaient sublimes. Une est tombée à mes pieds, je l’ai ramassé. J’ai regardé le rapace s’éloignait avec puissance et grâce. J’ai repensé à mon rêve avec la chouette. Je me suis assise aux racines du frêne.

Alors que je préparais mon repas, que je coupais des tomates et des concombres le téléphone à sonné, le numéro qui s’affichait était celui de Galicia ma meilleure amie.

-Bonsoir Rose, je ne sais pas ce qui m’a pris aujourd’hui mais je me suis fâchée avec ma collègue Sabine. Celle-ci est glacée, le matin elle ne me dit jamais bonjour…Elle fait tout pour être désagréable avec moi. J’ai demandé ma démission aujourd’hui, pas seulement à cause de Sabine mais travailler dans ce salon me pèse à la longue, je me sens très fatiguée avec les heures supplémentaires et les clientes désagréables.

-Que vas-tu faire à présent ?

-Il y a une semaine, j’ai postulé pour être maquilleuse et coiffeuse à l’Opéra La libellule Enchantée , je devrais m’occuper de comédiens d’une troupe de théâtre professionnel, des chanteurs d’opéras, et des danseuses…Enfin j’attends une réponse, mais j’ai mes chances car après mon bac esthéticienne, j’ai fait une formation de maquilleuse de plateau.

-C’est formidable, tu me fais rêver ! J’espère que ça fonctionnera.

-En plus j’aurai moins d’heures de travail, 10 ou 15 heures par semaine selon les besoins mais c’est tellement bien payé, alors j’ose espérer que j’aurai assez d’argent.

-Je me suis occupée des vitraux de cette Opéra, je me disais que tu serais si heureuse d’y travailler. C’est immense et l’architecture est très modernes, ils donnent des représentations de qualité ! De mon côté j’ai pu sortir plus tôt de mon travail, mon patron Arnold n’allait pas bien, chagrin d’amour…Mais j’ai achevé l’un des vitraux de la chapelle, je suis très contente de moi.

-Tu es une artiste !

-Des libellules m’ont encerclé comme si elles étaient venues admirer mon travail…Je me suis sentie en transe lorsque j’accomplissais ce travail minutieux sous les yeux bienveillant de la vierge noire. L’Opéra se nomme La Libellule enchantée…Une similitude sans doute.

-Rose cette lune bleue me travaille, je suis épuisée physiquement et moralement, j’ai tant crié après Fabienne, d’habitude je maitrise mieux mes émotions, j’ai renversé sa palette de maquillage et son miroir qui s’est brisé….Je vais te laisser mais demain soir j’aimerai aller pique niquer et me baigner à la rivière si tu en as envie ?

-Oui d’accord rejoins moi chez moi vers 18h30, je prépare le casse croute et toi tu apporte la boisson.

-Bisous Rose

-Bonne soirée Galicia.

Ma mère Lorène est morte je n’avais que 18 ans. Elle buvait trop, elle est morte d’une overdose à cinquante ans. Elle collectionnait les chouettes, les buses, et les rapaces en bibelot, en carte postale, en peluche…Elle m’avait emmené à un spectacle de fauconnerie lorsque j’étais petite. Je n’ai pas eu une enfance facile parce que je voyais la douleur de ma mère. A l’adolescence nous nous disputions avec violence parfois. Mais nous étions aussi très fusionnelles. Ma mère était vendeuse à la boulangerie, le croissant d’or à Aulnay. J’avais seize ans, elle sortait d’une cure de désintoxication, elle désirait prendre un nouveau départ…Le boulanger chocolatier à Pâque lui avait montré la fabrication de chocolat. Elle avait créé des petites chouettes en chocolats qu’elle m’avait offerts à mon anniversaire, ainsi qu’une buse haute de cinquante centimètre perchée sur un vieux tronc d’arbre. Elle les avait bien vendu et s’était retrouvé au cœur de la pâtisserie boulangerie et plus à la caisse. Une apprentie l’a remplacé. Mais un jour, elle est arrivée saoule à son travail, le patron lui a demandé de rentrer chez elle, vu qu’elle n’était pas en état. Elle a piqué une crise de nerf alors il l’a licencié. Ma mère est restée au moins un an au chômage, elle a finit sa vie caissière à Auchan.

Galicia est une amie que je me suis faite à la bibliothèque, on s’y croisait souvent, on adore la littérature. On va ensemble à des concerts de musique celtique ou de métal, son ex était bassiste. Galicia et moi sommes liées par le ciel. Elle est comme une sœur pour moi. Alors que mon âme était en peine, que je ne croyais plus en personne (depuis le lycée j’étais assez seule). Galicia aux longs cheveux blonds au visage angélique m’est apparue. Elle était diaphane et avait de grands yeux angéliques. Elle a pris soin de moi, a écouté mes confidences, a coiffé mes longs cheveux noires corbeau, m’a maquillé, m’a fait des soins du visage avec ses mains frêles et sa douceur. Ses cheveux odoré d’huile d’ylang ylang effleuraient mes joues lorsqu’elle se penchait sur moi pour me mettre du rouge à lèvre. Lorsqu’elle me coiffe j’en ai des frissons tant elle le fait avec douceur. Elle me prend en photo. Galicia a eu une enfance plus douce que la mienne, des parents aimant, un peu bohèmes, aux revenus modestes. Une mère pianiste, un père photographe de mode.

Nuit de la pleine lune

J’ai eu beaucoup de mal à m’endormir, je me tournai et je me retournai dans mon lit…Je me suis levée, j’ai bu une tisane a la camomille que j’ai sucré avec un peu de miel des montagnes. J’ai lu un peu. Je suis sortie dehors dans le jardin, pour contempler les étoiles et la lune. Je marchais pieds nus sur l’herbe fraiche, Noirot est sortie lui aussi, s’est frotté à ma cheville en ronronnant. Son miaulement était assez plaintif, strident, pas comme d’habitude. Le visage lunaire paraissait glacé. J’ai eu soudain un peu mal à la tête. Noirot et moi sommes rentrées. J’ai fait fondre un doliprane dans un verre d’eau, je l’ai bu. Je suis allée me coucher. La douleur ne s’apaisait pas, elle s’intensifiait. J’ai fait un étrange rêve, toute une armée à cheval, hommes et chevaux bien alignées, en tête un roi avec une couronne de bois de cerf assit dans un char. Dans une autre partie du rêve j’étais installée dans les gradins d’une arène, celle de Sainte je crois. Mais ce n’était pas de la terre battue mais une immense piscine, l’eau bleue nuit et scintillante. L’eau me happait, elle était irrésistible surtout qu’il faisait lourd. C’était le soir, des lanternes flottaient. Des eaux a surgit un couple, l’homme mi homme, mi cerf avec ses bois et son torse animal, la femme était une sirène…Le couple s’enlaçait avec fougue. Soudain une petite fille frêle a la longue chevelure blonde à marché sur la pointe des pieds sur l’eau. Elle a dit, sa voix en écho : Je marche sur l’eau delà.

Je me suis réveillée avec la même douleur. J’ai repris un cachet. Je suis restée toute la journée au lit, j’avais mal.

Lorsque Galicia est arrivée j’étais surprise, j’avais oublié que nous devions aller pique niquer. Je n’avais rien préparé, alors nous sommes allées à la boulangerie acheter des sandwichs. La douleur à ce moment là était un peu moins intense.

L’air frai entrait par la fenêtre ouverte de sa deux chevaux. L’air était délicieusement odoré par les herbes sèches que les hommes avaient coupées à la faux pour en faire des meules de foin. On s’est installé prés de la rivière. On a étendu notre nappe en tissus par terre à l’ombre des trois frênes. Nous sommes allées gouter l’eau. Elle était fraiche. Nos pieds blancs en transparences entres les pierres multicolores, scintillantes. Le sable et les pépites d’or virevoltaient sous nos pas. L’eau nous arrivait plus haut que les genoux déjà. Je grelotais, j’avais la chair de poule, la migraine revenait. Galicia nageait déjà. Elle a rejoint un roché, a grimpé dessus et elle a plongé. Comme je tardais à la rejoindre, ne voyant pas que j’étais fatiguée, elle m’a éclaboussé en rigolant avec ses jambes comme des nageoires. J’étais tétanisée, je suis devenue blanche comme la lune, le décor s’est mit à tournoyer sur lui-même…Lorsque je me suis évanouie, j’ai flotté comme une poupée sur l’eau, Galicia m’a fait glisser jusqu’à la rive, m’a enroulé dans une grande serviette, à mit un oreiller sous ma tête. Je suis revenue à moi, elle me regardait inquiète comme un ange. Elle m’a serré dans ses bras, à pleuré contre ma poitrine. On est resté ainsi une demi-heure.

On a mangé nos sandwichs sous la lune. Je la trouvais bien coquine a jouer de nous. Me sentant mieux, on s’est baladé dans la prairie, on grimpait sur les meules de foins. Debout sur mon perchoir une chouette effraie est apparue au creux de l’un des frênes, presque fantomatique. Nous nous somme approchée pour la regarder, elle n’était plus là…Juste une plume blanche au pied de l’arbre. Elle s’était probablement envolée mais nous ne l’avions pas vu. Nous ne l’avions pourtant pas quitté des yeux. Une apparition ?! Mais cette plume était bien un signe de sa réalité. Elle n’était pas celle d’un vulgaire pigeons, je n’en avais jamais vu des comme ça…

*

Mon patron était très content de mon travail. J’en ai commencé un autre. Renald était fatigué, pâle, des cernes, mais un peu moins nerveux. Avec ce chagrin d’amour il ne pensait qu’à une chose désormais, travailler pour oublier, travailler jusqu’à tard dans la nuit. Il semblait animait d’une détermination sans faille, d’une énergie nouvelle…Si sa femme était partie, il lui restait ses vitraux, ses œuvres, ses rénovations d’œuvre d’art. Son métier était sa passion, sa raison de vivre. Il ne pouvait pas espérer plus merveilleuse femme qu’une muse bienveillante. Sur son visage il ne laissait paraître plus aucune émotion mais il n’avait pas le cœur à chanter.

Mon téléphone a vibré dans ma poche de pantalon, j’ai décroché c’était Galicia.

-Rose, je commence à travailler vendredi après midi à L’Opéra La Libellule enchantée. Aujourd’hui je rencontre la directrice qui va me faire visiter les locaux et m’expliquer mon travail.

-Je suis très contente pour toi !

La lune bleue
La lune bleue

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commentaires

Eurydice Darlington 24/08/2015 11:24

Cette nouvelle est magnifique. Felicitations!

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