Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 13:35

Fable est toute seule dans son lit. Respire profondément. S’imagine s’extraire de son corps, se projette au plafond …Sort de son corps. Au plafond, flottante. En étoile. Elle se regarde endormie, s’assoit sur la poutre. Elle est si pâle, presque bleutée. Elle tourne la tête, tourbillonne un peu trop vite. Elle en a la nausée, le vertige. Elle ne sait pas encore naviguer. La voila qui voit tout, à 180 degré. Elle fixe une araignée, fixe, sur le papier peint aux rayures bleues. Fable se sent projetée jusqu’à la bête. Fable ne sait pas naviguer ce vaisseau transparent. Fable au dessus d’elle-même, est désemparée. Elle pense à lui, elle est violement projetée au ciel, et traverse le plafond, le grenier, la toiture.

Traverse la nuit, jusqu’à lui. La vitesse, le frôlement de l’air. Les lumières, la nuit, comme des points, que la nuit absorbe. Telle une eau noire. Les feuilles des arbres tremblantes, et chuchotantes tel les mobiles de Calder. Jaune et rouge. Nous sommes en automne. Elle traverse la nuit, jusqu’à lui. De forêts, en ville, de terrains vagues en champ.

Chez lui, Fable n’y est jamais allée. Même pas en astral. Tout est flou. Une photo. Un film ancien. Noyer dans l’eau. Une maison vague…Des vaguelettes qui vont et qui viennent sur l’extrémité des murs sableux. Comme à la plage. Comme une maison île. Une lune noyée dans l’eau nuitée. Une balançoire accrochée au ciel. Qui se balance doucement et grince sinistrement. Un figuier dans le petit jardin. De jolies figues, les plus hautes, qui contemplent au loin l’océan. Dans la rue mouillée des arbres dessinés au fusain, des feuilles tremblantes, qui se chuchotent. Jaune et rouge comme des mobiles de Calder.

Fable passe au travers le petit portillon en fer rouillé. Passe, en chemise de nuit blanche, le parterre de roses anciennes sans se blesser. Leurs odeurs douces l’enivrent. Elle emprunte l’escalier minéral, jusqu’au seuil. Traverse la porte d’entrée. Et se retrouve sans comprendre, directement dans sa chambre. Dans son lit. Sa respiration est calme, ses paupières papillonnent rapidement, comme des ailes de papillons. Ses yeux planent quand il rêve. Ses rêves sont esthétiques. Justin est peintre et photographe. A côté de lui, il y a sa femme qui dort comme un bébé. Fable se niche dans le corps de Justin bien au chaud. Et reste des heurs au cœur de sa respiration. Fable lui dit :

« Je vous aime, j’aurai aimé réaliser notre amour, mais je pense que je suis morte, et je viens vous dire adieu…Je reste un peu, au prés de vous avant de partir. Et je vous souhaite heureux, mon âme sœur. Prenez soin de votre petite femme et de votre famille.»

Justin se réveille en sursaut. Cela ne réveil pas sa femme. Il n’allume pas les lumières, sort de sa chambre et traverse l’étroit couloir, descend l’étroit escalier à tâtons dans l’obscurité. Ses moindres pas craques. Fable le suit, flottante, il la perd car elle s’attarde dans les tableaux qu’il à peint. Elle entre et sort du cadre. Des visages tourmentés. Une sorcière à la rivière, elle lit une sourcière à la rivière et s’en amuse. Une grande roue qui encercle la grosse horloge. La voila tournoyante dans la grande roue, dans un ciel tourmentée à la fête foraine. Fable sort du cadre, glisse sur la rampe de l’escalier jusqu’à lui. La pluie tombe, le vent se plain. Des gouttes de pluie tombent sur le carrelage, petits losanges or et bleu. La toiture est à réparé. Fable ne distingue pas très bien ce qui l’entoure. Elle regarde surtout son visage soucieux. Il se sert un verre d’eau. S’assoit à la table de la cuisine, boit dans l’obscurité. Fable regarde si intensément le verre d’eau, qu’elle se retrouve à l’intérieur du verre et glisse dans sa gorge. Chaude. Elle n’aime pas ça. Fable s’éclabousse et sort de Justin.

Il a dû faire un rêve horrible de dit-elle.

Les roses jaunes devant lui, fleurissent ses joues. Fable se rapproche de lui, les pétales se meuvent et s’effacent. Elle lui caresse les joues.

« Justin, je…La, tout va bien, ce n’était qu’un mauvais rêve. Je suis là. Quelque chose vous tracasse et vous ne m’en parlé pas. Mais moi, je ressens, lorsque vous n’allez pas bien. »

L’homme se relève, sa main, s’appuie sur la table. Soudain il l’aperçoit fantomatique

« Fable… »

Dit-il d’une voix troublée.

Il a rêvé pense t-il.

Mais Fable se fait aspirer par un vortex. Son cordon d’or à son nombril, la tire jusqu’en haut. Fable tourbillonne comme une toupie au milieu des étoiles. Une toupie qui va si vite.

Le lendemain, il apprend une mauvaise nouvelle. La grande sœur de Fable, Elena, l’a appelé. Elle a trouvé son numéro de téléphone dans l’annuaire. Fable est morte. Il avait un mauvais pressentiment. Il en a rêvé. Et il l’a aperçu, il en est certain…

Justin est effondré. Il se laisse tomber sur son lit comme un domino. Il sanglote. A grosses larmes brulantes. L’appelle. En vain…

Chemin de l'aprés

Partager cet article

Repost 0
Published by fee-noire.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de fee-noire.over-blog.com
  • Le blog de fee-noire.over-blog.com
  • : Mon univers sombre et féérique...Je m'appelle Prisca Poiraudeau,une rêveuse gothique, je suis passionné d'art...
  • Contact

Recherche

Liens