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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 17:34

« Friable mais entière.
A demi-mot, son nom se fêle. Avant la brisure, les deux premières syllabes portent le nom du poète qui même pouvait charmer les pierre
s. » Serge Lutens (écrit pour le parfum L’orpheline)

Nuit du 16 au 17 février

Cette ombre noire, regarde Marylin dormir. Elle est assise devant la coiffeuse. Elle est féminine, sont visage est dissimulé sous un voile de nuit. Marylin ressent sa présence, son œil. Elle est toujours là. Quand elle se lave. Fait la cuisine, bien qu’elle mange peu. Au jardin…Marylin dans son lit se recroqueville, tire les couvertures sur son visage comme une enfant qui à peur d’un fantôme surgit de la penderie. Parfois elle ressent son souffle glacée sur sa nuque et sursaute…Allume la lumière. Le spectre devient poussière, grésillement (comme une vielle télé en noir et blanc, où les ondes d’une radio qui captent mal) et une trace odorée. Une odeur mystérieuse, à la foi fruitée et épicée, venue d’orient. Si elle ne la voit plus, elle la ressent penser, comme un magnétisme épousant son crane, et s’infusant en elle. Ce n’est pas toujours bien agréable, car elle à l’impression que cet œil la viole. Défriche sa pensée, ses arbres, et ses fleurs de son jardin intime.

Ses longs cheveux noirs dissimulent ses seins, elle tremble sous les couvertures. Ella à la chair de poule. Son corps est devenu maigre depuis qu’elle habite cette maison. Un héritage de ses parents qu’elle n’a jamais connu. Elle est née sous X. C’est un cadeau d’eux, comme un pardon. Mais on n’a pas voulu lui dire son nom, ni l’histoire de cette arbre. Cet Aulne dans le jardin, d’un aspect lugubre, arbre des druides, millénaire... Lorsqu’elle est entrée dans cette demeure, tous était vide. Il ne restait pas un meuble. Sauf cette coiffeuse. Une belle coiffeuse ancienne comme dans les brocantes. Une mèche de cheveux dans le tiroir. A sa mère peut-être.

Elle aurait pu demander des renseignements au voisinage si elle avait eu des voisins mais c’est une maison isolée dans la forêt. Une petite maison en granit, aux toits d’ardoise. Quand à la factrice, c’est une nouvelle qui n’a pas connu les habitants d’avant. Marylin en veux à ses gens de l’avoir abandonné à la naissance et de lui avoir volé son identité. Elle a retrouvé sa maison, sa terre, son arbre. Mais cela parle peu de son histoire, de ses parents. Pourquoi l’ont-ils abandonné ? Ils ne lui ont laissés aucunes lettres dans son testament. Aucun renseignement. Même pas un nom. Dans la maison aucune trace d’eux…Si ce n’est que des odeurs épicés dans la cuisine, de savon d’Alep dans la salle d’eau…Hormis cette coiffeuse, il ne reste rien, elle a eu beau fouiller la maison de fond en comble.

Marylin a passé son enfance à l’orphelinat.

17 février

27 jours de jeûne. Marylin se dit que c’est pour ça qu’elle a des visions, elle se dit ça, pour être raisonnable, logique. Mais au fond-elle-même, elle ressent que ce n’est pas une hallucination.

Marylin prend sa voiture, et se rend en ville.

Sur la place la musique de Grahem Ravell Main titlle, flotte. Une musique de film, onirique et dramatique. Marylin a la sensation de flotter à l’intérieur de son corps, d’être légère, ses pas touchent à peine le sol…Un pas un peu brusque sur la dalle et elle décolle. Elle a un peu le tournis mais aime bien. Elle se met à rire, euphorique car elle a l’impression de marcher en apesanteur sur la lune. C’est rigolo. Mais les gens la dévisagent méchamment. Elle se sent menacée, son cœur se met à battre trop vite. Elle passe du rire, aux larmes, à la colère. Elle hurle sur la place, et sort un pistolet en plastique de son pantalon, en criant :

-N’approchez pas, ou je tire !

Elle se prend très au sérieux, et ajoute :

-Je suis Lara Croft ! Vous dégagez !

Des mèches rebelles tombent sur ses grands yeux dilatés. Les larmes coulent à flot sur son visage. Le pistolet jaune tremble dans sa main comme s’il s’agissait d’une véritable arme. Une foi les gens écartés d’elle, elle se recroqueville dans un angle, entre deux immeubles délabrés, pleure en hurlant. Une crise d’angoisse. Elle finît par se calmer. S’apaise en voyant un chat noir traversant la place, un allié pense-t-elle. Elle revient à elle, de la où elle vient, et retrouve sa lucidité.

Entre dans une petite épicerie turque acheter quelques aliments. Le vendeur d’origine indienne la connait bien. Son accent, et sa douce voix le rend vraiment charmant. Un beau brun aux yeux bleus. Elle, qui avait une si douce voix, l’a cassé a force de sangloter et de jeûner. C’est une voix monocorde, grave, pleine de cailloux, presque éteinte, presque insonore…Comme des lèvres dessinant des mots, créant des volutes. Mais le son est au minimum.

-Mademoiselle Marylin, vous n’avez pas bonne mine, vous êtes sur que tout vas bien ?

Marilyn chuchote afin que les autres clients ne l’entendent pas :

-Je suis venue acheter un peu d’opium…J’ai besoin de m’envoler, la réalité m’étouffe !

-Oh faites attention à vous, belle demoiselle. Vous continuez à voir votre psychiatre ? Et l’art thérapie au centre ?

Marylin a le statut de travailleur handicapé. L’assistante sociale lui a conseillé de faire une demande à la MDPH suite à une tentative de suicide et des prises de risques. Elle est dans l’autodestruction. Elle a avalé une plaquette de médicaments à base de lithium. S’est retrouvée aux urgences. A bu des décoctions de datura à noël.

-Oh si tu savais, ils m’énervent !

-Tu as maigris.

-Oui, et il me fond chier avec ça ! Le psy m’a dit que si je continue, il va m’hospitaliser…Je les déteste ! J’ai peur Diego. Alors moi, je n’y vais plus. Mais on va me couper les vives car je ne fais plus rien pour me soigner…On me verse 700 euros par mois.

Diego disparait dans ses réserves. Elle achète quelques tisanes, encens d’olibans, nouilles asiatique et champignons séchés…Elle voit l’affiche « Ballet, le sacre du printemps, Stravinsky », 18 février à l’opéra. Elle a envie d’y aller.

Diego revient avec une petite boite en fer décoré de poupées russes dessinées. Personne ne sait. Cela ressemble à une boite à bonbons. Elle le paye. Diego lui dit d’une voix inquiète :

-Fais bien attention à toi…

Nuit du 17 au 18 février

Marylin se prépare une soupe de tomates. Le vent est lugubre, s’engouffre dans la forêt en cassant les membres fragiles des arbres. Par la fenêtre la lune dans les arbres et la neige.

Elle entend une bête grattée la terre, le feuillage…Puis griffer l’arbre. Un renard ? Son ouïe est aiguisée. Elle renifle, distingue l’odeur lointaine de mousse et de lichen…De la pluie. De sang. Une biché éventrée ? Elle a en effet distingué à l’instant le bruit de fin sabots courant sur les feuillages…Un autre animal griffait le sol puis s’élançait a la poursuite de sa proie. La bête a grogné, la victime a gémit…Puis des aboiements de chiens mêlées aux tintements des cloches d’une église à sept kilomètres à la ronde. Marylin est troublée. Elle se sent animal. Ses sens sont trop sensibles…

La conscience de Marylin revient dans la cuisine. Elle se fait rissoler des oignions dans la casserole dans un petit peu d’eau à feu très vif. Elle remue avec une cuillère en bois. Ajoute du coulis de tomates et de l’eau. Mélange. Baisse un peu le feu. Attend que ça boue. Marylin n’aime pas les lumières artificielles alors elle allume des bougies le soir, elle en pose sur la table…Le feu dans la cheminée crépite. Le vent est fantomatique. Cela lui rappelle le poème d’Apollinaire, le vent nocturne.


Oh ! les cimes des pins grincent en se heurtant
Et l'on entend aussi se lamenter l'autan
Et du fleuve prochain à grand'voix triomphales
Les elfes rire au vent ou corner aux rafales
Attys Attys Attys charmant et débraillé
C'est ton nom qu'en la nuit les elfes ont raillé
Parce qu'un de tes pins s'abat au vent gothique
La forêt fuit au loin comme une armée antique
Dont les lances ô pins s'agitent au tournant
Les villages éteints méditent maintenant
Comme les vierges les vieillards et les poètes
Et ne s'éveilleront au pas de nul venant
Ni quand sur leurs pigeons fondront
les gypaètes

Marylin lit beaucoup de littérature japonaise actuelle et de la poésie contemporaine. Les éléments se déchainent dehors, et l’ombre des flocons passent dans la pièce…Alors qu’elle mange lentement sa soupe d’une jolie couleur rouge sang. Et qu’un peu de jus déborde de ses lèvres lui donnant un air de vampire. Les bougies s’éteignent. Pourtant il n’y a pas de courant d’air. Marylin frissonne de froid ou de peur…La soupe est étrangement phosphorescente. L’ombre noire souffle dessus. Le liquide fait des vaguelettes…Un œil tombe dans la soupe. Marilyn trésaille. Des vers de terre se meuvent dans la flaque du potage qui a débordé.

-Qui êtes vous ? Que me voulez vous ?

Sa voix se réverbère, elle l’entend trois fois. Sauf que ce n’est pas le timbre de sa voix qu’elle entend mais celui de quelqu’un d’autre. Elle baisse ses yeux sur la soupe, l’œil à disparu mais le potage est étrangement rouge phosphorescent. Marylin se dit qu’elle a rêvé. Sa voix en écho, c’était bien la sienne mais elle est si abimée…Elle ne l’a pas reconnu, mais c’est la sienne. On dit que la voix est le reflet de l’âme. Marylin tente de se rassurer, mais trésaille encore, se précipite pour allumer les lumières.

Elle tente de s’endormir, se tourne et se retourne dans son lit. Lit à la lueur d’une chandelle, un roman en fumant de l’opium pour se détendre. Dans le miroir de la coiffeuse, une jeune fille sourit. Ce n’est pas Marylin. Un petit film printanier passe à travers le miroir. Marylin la voit dans le reflet du miroir, danser dans le jardin en robe blanche. Une nacelle est suspendue à la branche de l’Aulne. Marylin épuisée s’endort.

La femme voilée s’assoit au pied du lit, enlève son voile…Elle à un air de famille avec Marylin. Elle lui sourit. Sa voix est douce :

-Viens, j’ai quelque chose à te montrer…Suis moi.

La dame blanche lui donne sa main. Marylin la prend, curieusement la sienne ne passe pas à travers, et elle peut serrer cette douce main fine et blanche. Si tiède et pas du tout rugueuse. Elles se lèvent. Traversent la chambre, descendent l’escalier, passe par le couloir et sortent dehors. Marylin est en chemise de nuit. Elles sont pieds nus dans l’herbe mouillée et ce dirigent vers l’aulne. Dans un cercueil de verre une jeune fille blonde repose, encerclée de roses et d’hortensia. Sa peau est si blanche, comme une poupée en porcelaine.

-Qui est-ce?

Demande Marylin

-Ma poupée, elle a été momifiée…

-Ce n’est pas une poupée mais une petite fille.

-C’est ma fille

Un cobra surgit devant Marylin, ses yeux jaunes tentent de l’hypnotiser…Elle sursaute, se dresse dans son lit. Elle a tellement peur des serpents. Cela la réveille.

18 février

Marylin doit vérifier s’il n’y a rien au pied de l’arbre. Il y a peut être une sépulture. Cela expliquerait la présence de cette ombre noire qui semble habiter là. Marylin se rappelle de son parfum mystérieux, d’orient.

Elle creuse d’abord avec ses mains. Mais cela l’épuise et ne suffit pas. Ses doigts sont gelés à cause de la neige. Elle va chercher une pelle. Elle est en sueur, son souffle est haletant. Elle se sent assez faible. Mais après avoir creusé une bonne demi-heure, elle trouve quelque chose. Une jolie petite boite en bois, avec des symboles égyptiens gravés. Mais ces symboles sont maladroit, un peu comme si c’était un enfant qui les avait dessinés. Marylin sort la boite de terre, et l’ouvre. Découvre une poupée Barbie paupières closes et un flacon de parfum en forme de chat noir. La poupée à de longues anglaises blonde, des joues roses mais un peu fané à cause de la rosée…Elle porte une petite robe noire avec un nœud dorée.

Elle tourne le petit bouchon doré du flacon. Sent. Elle connait bien cette odeur, c’est le parfum de l’ombre. Mais cette poupée ne peut pas être le corps de cette âme. L’âme d’une poupée ne peut pas hanter. Marylin récupère la boite avec la poupée et le parfum. Rebouche le trou avec la terre.

Elle pose le flacon de parfum sur la coiffeuse, et assoit la poupée sur ce petit meuble.

L’infirmière Sabrina lui a laissé un message sur son répondeur. Elle passera en fin de mâtinée. Marylin décide de se laver, et de ranger un peu la maison, avant qu’elle arrive. De cacher la pipe d’opium. Elle enfile des vêtements qui la grossissent un peu. Une longue robe blanche et violette, un peu ample. Un gilet noir en laine, à grosses mailles. Et se maquille pour avoir l’air en forme.

Sabrina frappe à sa porte, Marylin lui ouvre. Sabrina est une jeune femme blonde.

-Bonjour Marylin, comment allez-vous ?

-Bien

Elles vont s’assoir dans le canapé. L’infermière sort de sa trousse médicale un stéthoscope, et un tensiomètre. Elle écoute son cœur, puis lui prend la tension.

-10 seulement…Pourquoi ne venez-vous plus au centre le mercredi après midi ? Vous aviez un beau projet professionnel, vous aviez l’air motivé. Et l’art thérapie vous plaisez…Que se passe t-il ?

-Je n’aime pas avoir l’impression d’être surveillée. C’est infantilisant…Vous me faites peur. Je ne veux pas aller à l’hôpital…Je suis mal à l’aise avec le psychiatre. Je ne me suis pas sentie respecté.

-Nous n’avons pas voulu vous offenser, ni vous mettre mal à l’aise…Ce n’est pas le but, et même au contraire. Nous souhaitons vous mettre en confiance. Mais parfois, dans certains cas, nous devons intervenir, faire prendre conscience au malade. C’est vrai que c’est un peu infantilisant mais le malade ne se rend pas toujours compte de son état ou prend des risques…Et ses derniers temps vous semblez vous laissez aller…Regardez votre état, vous n’avez que 10...On ne peut pas vous laissez vous détruire...

-Je ne me détruis pas…

Dit-elle, désinvolte

-Cette après midis, j’ai envie de vous emmener à une exposition photos. Une photographe de mode des années cinquante. Alice Faustine. J’ai pensé que cela vous parlera. Cela vous changera les idées…Qu’en dites-vous ?

-Avec plaisir.

-Bien. Mais avant, nous allons déjeuner…Avez-vous faim ?

-Non, pas vraiment mais je mangerai un petit peu.

-Vous voulez que je vous aide à faire la cuisine ? Vous avez ce qu’il vous faut ?

-Oui, hier je suis allée à une petite épicerie turque. J’ai des nouilles asiatiques et des champignons séchés. Et il me reste, un peu, des légumes surgelées.

-Bien, je suis une bonne cuisinière, je vais vous préparer des légumes mélangés avec un tout petit peu de nouilles asiatiques.

-Non, pas les nouilles.

-Si cela sera plus nourrissant…Mais je n’en mets pas beaucoup.

-J’espéré que vous n’allez pas venir souvent comme ça, presque à l’improviste…Encore une fois, je me sens surveillée. C’est infantilisant.

-Non, sauf si vous ne venez plus au centre.

-Cela s’appelle du chantage…

-Dison que vous êtes sous notre protection…Mais je vous le promets, on cesse de vous embêter avec la nourriture. Si cela vous angoisse. On n’a pas à vous effrayer. Mais je pense que venir, vous sera profitable. Il ne faut pas vous isoler. J’ai adoré vos deux éléphants échoués sur le ciel…C’est un chef d’œuvre votre peinture! Vous devriez peindre et pas seulement à l’art thérapie…Vous êtes une artiste !

Sabrina aide sa patiente à préparer à mangé. Elles mangent en silence. Marylin trouve cela très bon, mange avec une grande lenteur mais finit presque son assiette… Sabrina est contente mais préfère ne rien dire, de peur d’offenser Marylin.

A l’exposition de photos de mode des années quarante, cinquante, Marylin est troublée par l’un des clichées. Une photo assez audacieuse pour l’époque. Elle s’approche, Marylin est de plus en plus troublée car la jeune fille qui pose nue lui ressemble beaucoup. Une jolie fille aux longs cheveux corbeaux, un corps un peu maigre, allongée en position de sphinx sur le sable fin. La nuit étoilée reflétée dans ses grands yeux. Et à l’horizon une pyramide. La jeune fille tient dans sa main le flacon de parfum en forme de chat. Bastet de Dior. On apprend sur la légende que la modèle s’appelle Mylène. La photo est simple mais l’expression de la jeune fille intense. Ses yeux sont hypnotiques. Marylin est chamboulée.

Alice Faustine est une photographe de mode, s’inspirant des peintres symbolistes, travaillant pour Chanel, Dior…Elle a souffert d’un cancer du sein. Et est morte à l’âge de trente ans.

Marylin est bouleversée par cette photo. Une fille qui lui ressemble. Et ce flacon de parfum en forme de chat. Un clin d’œil à l’Egypte antique. Bastet de Dior. Le même qu’elle a trouvé aux racines de l’arbre avec la poupée. Dans son rêve ce n’était pas une poupée, mais une jeune fille momifiée dans un cercueil de verre.

Nuit du 28 février, au 29

Marylin se prépare pour le spectacle de danse. S’assoit devant le miroir de la coiffeuse. Elle se fait belle. Se poudre. Maquille ses paupières d’or, allonge ses cils avec du mascara. Met un rose à lèvre discret. Quelques gouttes de parfum derrières l’oreille : Bastet de Dior.

Enfile sa longue robe. Le haut est en dentelles blanches avec une fermeture dorée devant (elle peut avoir un décolletée plongeant en v), avec une petite bordure noire formant des m, une ceinture avec des motifs floraux dorées. Et le bas est un tissu noir transparent, léger, vaporeux…

Marylin met sa cape rouge pour ne pas avoir froid. Par chance, il ne neige plus, et ils ont éparpillés du sel sur les routes…Mais il fait déjà nuit. Marylin au volant de sa jaguar noire traverse la forêt enneigée. Elle éblouit une biche sur le côté et qui s’enfuit…Elle longue un lac gelée, scintillant. Une petite fille vêtue d’une cape dorée patine gracieusement. Fait de jolies figures. Marylin se demande si elle ne rêve pas. Une petite fille seule, vêtue ainsi…

La danseuse étoile lui ressemble étrangement, pas autant que celle de la photo. Mylène. Mais elle a un air de famille. Elle connait cette femme mais ne se souvient pas…Elle la renifle au loin, assise à sa place. Bastet de Dior. Le parfum de l’ombre noire. Elle la scrute de ses yeux phosphorescents. Mais oui ! Cette femme ressemble à cette ombre noire. Elle n’est plus voilée, mais elle la reconnait. Elle voyait bien son visage à travers le voile transparent. Ses yeux…C’est elle. Pourtant cette danseuse n’a pas l’air d’un fantôme. Et elle danse nue. Des hommes l’encerclent. Ce ballet, la sacre du printemps est déchirant, sexuelle et violent…Marylin est envoutée, émue par cette danse sacral. Ils sont en transes. Possédés par des djinns. La musique.

A la fin du spectacle, Marylin rejoint la danseuse dans les coulisses. Elle a enfilé un peignoir, boit du jus de pomme, se démaquille…

- Bonjour

Dit timidement Marylin, la femme semble troublée aussi

-Mais je vous connais…

Marylin lui répond

-En effet votre visage ne m’est pas inconnu. Bravo, le spectacle était intense, sublime ! Je n’avais jamais rien vu d’aussi fort ! J’ai pleuré…

-Votre rimmel à coulé.

Répond la danseuse.

-Comment vous vous appelez ?

La danseuse rit car tous le monde est censé le savoir, elle est connue et son nom est inscrit sur l’affiche…

-Orianne et vous ?

-Marylin. J’habite à La vanille, un bled paumé, un héritage de mes parents que je n’ai pas connu…Je suis née sous X mais étrangement ils m’ont laissés la maison.

-Oui, c’est ma maison d’enfance, mes parents sont décédés ressèment…Vous êtes…Ma sœur !

-Je vous ai déjà vu, mais sous une forme fantomatique et vous portiez un voile noir. Je sais, je suis folle ! Je vais vous effrayer ! Mais ça me trouble…Faite vous de la magie contre moi ? Êtes-vous jalouse ? Cela expliquera l’abandon de mes parents…

-Mais non rien à voir. Je m’appelle Orianne Sylvine. Nos parents sont des bourreaux d’enfants, et j’aurai préféré être à votre place. Vous étiez bien mieux au foyer ou en famille d’accueil, qu’entres leurs griffes. Nous sommes des sœurs, des fausses jumelles. Ils n’en voulaient qu’une. Pour eux nous étions deux chatons, ils pouvaient en abandonner un… J’ai finis par parler…Ils sont allés en prison à cause de moi, ils m’en voulaient alors ils m’ont déshérités. Et ont préférés légués les biens à vous. En fait, je fais des sorties du corps, des voyages astraux…Si mon corps physique reste chez moi, mon corps astrale, lui, et ma conscience sont ailleurs…Et j’éprouvais le besoin de revenir dans ma maison d’enfance. J’ai commencé à sortir de mon corps assez jeune, car mon corps était endolori à cause des entrainements de danse très intensifs. Et surtout des maltraitances…

-Vous n’auriez pas dû venir m’épier, vous m’avez fait peur, j’ai cru voir un fantôme. Je me pensais cinglée.

-Pardonnez moi, je n’aurai pas dû c’est vrai…Attendez moi ici, je vais prendre une douche, je suis en sueur. Voulez-vous une tisane ?

-Juste un verre d’eau. Quel est mon nom ? Je ne me souviens pas…

-Sylvine.

Plus tard, Les deux sœurs sont à la terrasse d’un café, devant la patinoire.

- Quel était la profession de nos parents ?

-Notre mère Sophie était fleuriste et notre père Jean jardinier. Ils vendaient sur les marchés…

-Cela peut se deviner que l’on t’a fait du mal, lorsque je te regardais danser tu étais si convaincante…Tu le vivais vraiment…

-Merci.

-Au pied de l’aulne, j’ai retrouvé dans une petite boite, une poupée et un parfum. Est-ce à toi ?

-Oh ! Je n’en reviens pas que tu l’as retrouvé…Oui, j’ai joué avec, et c’est moi qui l’a momifié, pour faire semblant, puis enterrée. Mais cette poupée appartenait à notre grand-mère maternelle Mylène. Tu lui ressembles beaucoup. Elle était modèle et a posé pour la célèbre photographe de mode Alice Faustine. Elle pose avec le parfum, Bastet de Dior. Il y a une exposition en ce moment.

-Oui, j’y suis allée, et cela m’a fait un choc de voir ce cliché. C’est moi. A croire que je suis sa réincarnation…

-Ma sœur, je suis vraiment heureuse de t’avoir rencontré, j’étais déchirée de toi, incomplète…Puis-je t’embrasser ?

Marylin rougit, elles se lèvent et s’enlacent amicalement, très fort. Marylin lui murmure :

-Passe me voir à la maison s’il te plait, il y’a tant d’années à rattraper.

-Bien sûr, je viendrais. Je suis très émue moi aussi. Je suis fatiguée, je dois aller dormir…A très bientôt.

Plus tard

Les deux inconnues, sœurs jumelles, deviennent deux amies. Et passent beaucoup de temps ensemble. Elles se racontent leurs vies et apprennent à se connaitre. S’échange des lectures. Vont au café, au cinéma. A des expositions.

Maryline, elle aussi se sentait incomplète, déchiré d’elle-même, sans sa sœur. Et sans son histoire, son passé…Maintenant qu’il n’y a plus de secrets, ses fantômes sont parties…Elle n’est pas pansée complètement…Mais se sent beaucoup mieux, allégée d’un poids. Reprend goût à la vie…

Le printemps arrive, des ficaires, des véroniques, tulipes éclosent entres les racines de l’aulne.

Son ombreuse

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