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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 23:40
Le bal(photo Marie Boutevin)

Sissi, à l’aube de ses dix huit ans cherche un parfum qui lui ressemble. Mais c’est difficile, aucune odeur ne la définit…Elle aime la nuit, elle aime les épices, elle aime les odeurs florales, elle aime la pluie, la forêt, les feu de bois, l’encens, le caramel…Le printemps où l’automne. Le japon où l’orient. Les odeurs fraiches où mystérieuses. Certains flacons sont si jolies, délicats, elle se laisse guider par leurs formes et par le nom des parfums : Opium, Midnight Poison, nuit de cellophane, à la nuit, fleur de Kenzo, datura noir, soir de lune, cil de biche…Chaque parfum lui évoque une atmosphère, un conte. Elle choisit : nuit des loups. Un parfum mystérieux, qui évoque l’odeur de la nuit dans les bois. Elle sait que son animal totem, chamanique, est le loup. Les chamanes amérindien disent qu’il est sensible, solitaire mais sait écouter les autres. Il est curieux et sait enseigner. Il est lié à sa famille et fidèle. Au bal masqué, elle aimerait porter le masque de loup. Ce n’est pas un masque pour se masquer mais pour se révéler, elle aura la même vision que celui du loup, le loup lui donnera sa force et ses qualités. Ce n’est pas une soirée en boite de nuit. Non, un bal qui marque la fin de son adolescence. Certains jeunes gens y participent. Ce n’est pas un bal ordinaire, mais plutôt un rite. Elle se prépare depuis un an. Cours de danse, cours pour apprendre à se maquiller et se coiffer, cours de littérature, balade dans la nature, méditation…Aradia, la chamane, l’initie pour devenir une belle jeune femme féminine et spirituelle. Sissi sensible au sort des animaux est devenue végétarienne.

Son doux visage fin est encadré par ses longs cheveux blonds ce qui lui donne un air d’ange. Son téléphone portable vibre dans sa poche de jeans. « Rejoins-moi, dans une heure au café, si tu veux…bisous » C’est son amie qui vient de lui envoyer un sms. Flora. Une fille de sa classe. Elles apprennent le métier de costumière. Elles aiment passer du temps ensemble. S’échanger des livres et en discuter. Visionner des films fantastiques. Mais aussi se maquiller, se coiffer…Se prendre en photo. Elles adorent regarder des défilés de mode sur youtube. Elles sont fascinées. Elles sont très minces aussi, mais c’est naturel…Même si elles font un peu attention, elles sont gourmandes. Le bal aura lieu à Pâque, et durant la pleine lune. Une lune de sang. Car le soleil, la terre, et la lune sont alignées…Il y aura une éclipse solaire à minuit. Aradia la sorcière aux longs cheveux de jais et aux ongles pointues leur a expliqué que la lune rouge symbolise la mère créatrice mais aussi les règles. Dans certaines cultures les femmes sont honorées, et représentent la déesse. Elles peuvent donner la vie. Le sang menstruel a été utilisé pour fertiliser la terre. Durant leurs règles, les femmes sont plus intuitives, fond des rêves étranges, certaines ont des visions. Certaines druidesses utilisent ce sang sacré pour leurs rituels de bien être. Au Sri Lanka, la famille célèbre, lors d’une fête, les premiers saignements de la jeune fille. Elle porte des vêtements rouges, symbole de joie.

Sissi passe à travers les gouttes de pluie, ses hauts talons claquent légèrement sur les dalles, elle rejoint son amie Flora au café… Lorsqu’elle rentre, Flora est en train de brosser ses cheveux roux. On lui sert un expresso, Sissi commande la même chose. Elles parlent du bal en s’émerveillant. Leurs yeux pétillent. Leurs sourires se reflètent dans le café noir.

-Sissi, c’est un conte de fée ce bal ! C’est un peu l’histoire de Cendrillon.

Sissi invite son amie à venir chez elle. Il fait déjà nuit. Elles sont en bas de l’immeuble illuminé. Une bande de jeunes écoutent du rap et fond du skate-board. Elles montent le grand escalier car l’ascenseur est en panne. Sissi se sent oppressé en montant, elle n’aurait peut être pas du inviter son amie. La mère de Sissi est ivre, comme souvent…Sissi à un peu honte devant son amie. Elle s’énerve, emmène sa copine dans sa chambre, claque la porte. Flora semble un peu gênée, elle bredouille

-Elle est souvent comme ça ?

-Oui, elle est malade tu sais, ce n’est pas sa faute…Je fais tous à la maison, car elle n’est plus en état…La cuisine, le ménage, les papiers…

Sissi a retiré ses souliers, posé ses jolies petits pieds sur le lit. Ils semblent si petits et si fragiles. Même ses chevilles sont fines. Un fin bijou décore sa cheville gauche.

Flora découvre la minuscule chambre de son amie. Une libellule accrochée à l’abat jour. Des posters de défilées de mode sur les murs. Mais surtout des livres et des livres, rangés sur les étagères, d’autres empilés sur sa table de nuit. Certain viennent de la bibliothèque. Elle a aussi un bureau, avec son ordinateur portable, des croquis de styliste pour l’école, un crayon bien taillé posé dessus, une gomme. Et aussi un lecteur cd et des disques de métal.

Sissi rêve secrètement de rencontrer au bal, l’amour pour s’évader…Pour ne plus se sentir triste, il lui suffit de penser à ce beau palais dans les bois. Loin de sa citée sans horizon.

-Au fait, il faudra louer une robe pour le bal…

-Ne t’en fais pas, Aradia à tout prévue, un styliste va nous habiller de la tête au pied. On va même nous maquiller comme des stars !

-La classe ! Tu imagines si c’était Karl Lagerfeld en personne !

-Je ne pense pas, ne rêve pas mais c’est déjà chouette !

-Moi je crois que mon styliste préférée est Alexander McQueen…Et toi Flora ?

-Non moi je préfère des choses plus simples, et élégantes en noir et blanc de la maison chanel. Robe style écolière ou orpheline. C’est sobre mais avec la coiffure et le maquillage ça peut rendre fou, on devine les formes sous le vêtement…

Par la fenêtre un cil de lune en équilibre sur une barre d’immeuble, une étoile filante…Un chat noir assit en haut du toboggan.

Sisi se penche et sa main cherche quelque chose sous le lit, son sac à main, elle fouille et trouve la petite boite à parfum « nuit des loups ». Elle ouvre la boite et sort délicatement le flacon en forme de loup.

-C’est très jolie ! Tu peux m’en mettre ?

Sissi soulève une mèche de cheveux roux de son amie Flora et lui glisse quelques larmes de parfum derrières l’oreille. Elle en a de légers frissons. Comme lorsqu’elle la coiffe avec douceur.

-Tu aimes ?

-Oui ça sent bon…Si tu en mets pour le bal, tous les garçons vont être attirés par toi. Ton odeur animale les envoute…

-Mais je crois que j’aime les filles…

Sissi rougit alors Flora comprend que ce n’est pas une plaisanterie.

-Mais moi tu m’aimes d’amour ? Car du coup c’est ambigu…

-Ca signifie quoi ? Am bi gu ?

Sissi prononce lentement chaque syllabe de ce mot bizarre.

-Euh… je sais, mais c’est compliqué à expliquer…Alors dis tu m’aimes d’amour ?

-Non, je ne pense pas, tu es comme ma petite sœur. Cela te déçoit ?

Flora répond sur la défensive :

-Bien sûr que non !

-Tu sais quoi, j’ai enfin mes règles !

-Moi, je les ai depuis mes quatorze ans, mais plus depuis deux mois…

-Ah ?! Tu en as parlé à la gynéco ?

-Non, ce n’est pas grave…

-Tu devrais le dire à Aradia…

Le bal

Une jaguar noire vient chercher Sissi au bas de son immeuble, la jeune fille dévale les escaliers. Le chauffeur lui ouvre la porte. Son amie Flora est assise, elle aussi, à l’arrière du véhicule. La voiture traverse lentement la ville illuminée. La musique classique flotte dans le véhicule, Bach. Le son profond des violoncelles vibre dans leurs corps, dans leurs cages thoraciques, le son s’entrechoque à leurs os. Le chauffeur est maigre, si pâle, des cheveux noires corbeaux, et des yeux si sombres…Il jette parfois un œil inquiétant dans le rétro pour regarder les filles. Elles se sentent mal à l’aise. La jaguar traverse la forêt, sous l’arche formée par les arbres. La lune de sang est énorme, se situe sur le point de fuite. Un cerf suivie de deux biches et un lapin blanc traverse la route en bondissant, il freine, éclaboussant sur les côtés à cause des flaques d’eau. Les yeux des bêtes en pleins phares. Elles s’enfuient effrayées.

La jaguar s’arrête bien avant le château, un petit château médiéval phosphorescent dans la nuit, agrippé à un duc rocheux. Ressemblant à celui de la belle au bois dormant. L’immense portail austère est fermé, des ronces s’entortillent au fer rouillé, et derrière une immense forêt semble s’étendre à l’infini. Les jeunes filles s’inquiètent car elles ne voient personnes aux alentour. L’homme sort du véhicule, ouvre leurs portières, et il demande aux filles de descendre. Sa voix est glacée, et se dessine dans l’air. Embue le visage de Sissi. Les jeunes filles tremblent. Comme elles refusent de descendre ici, il les attrape par le bras et jettent les insolentes violement dehors. Il prétend qu’il ne peut pas les emmener plus loin, Aradia ne va pas tarder. Le véhicule redémarre, et s’éloigne dans la nuit…Les deux jeunes filles tremblantes s’agrippent l’une à l’autre. Une chouette hulule. Elles restent immobile un moment, frissonnante de terreur. Des branches craquent, se fendent, des pas s’approchent…Elles entendent des loups. Ils s’approchent…Les jeunes filles posent leurs mains sur leurs visages, sur leurs yeux.

Une voix douce surgit dans les arbres. Celle d’Aradia. La longiligne Aradia porte une longue robe noire, un grand chapeau avec des plumes violettes, ses cheveux d’encre cascadent jusqu’au sol, un corbeau est perchée sur ses épaules. Elle tien dans sa main, une baguette magique.

-Bonsoir les filles. Vous êtes toutes seules ?! Dracul n’a pas attendu avec vous !? Ce n’est pas gentil…Oh, ne faites pas attention, il est triste en ce moment, depuis que sa princesse des Carpates l’a quitté…Venez, Alexander McQueen a confectionné des toilettes pour vous…

-Alexander McQueen est là ? Mais je pensais qu’il était mort…

Répond Flora troublée.

- Karl Lagerfeld est ici, aussi !

Des loges sont aménagées dans une cabane de forestier. Les jeunes filles sont toutes intimidées devant les deux célèbres stylistes. Mais eux s’approchent d’elles en souriant, les yeux admiratifs. Karl prend la main de Sissi et la bise. Sissi rougit. Karl s’exprime d’une voix légèrement précieuse.

-Ah, de jolies jeunes filles frêles…Enfin !

-Oui, depuis qu’elles me connaissent, elles mangent moins souvent au Macdonald…Mangent moins de chips, et boivent moins de coca cola devant les séries américaines…Ce n’était pas de leurs fautes, tous les jeunes fond ça... Mais, maintenant elles apprécient les bonnes choses de la nature, les salades de fleurs sauvages, les glands et les noisettes, les légumes, la cuisine japonaise…Nous faisons ensemble des ballades en forêt. …Sissi est même devenue végétarienne, sensible au sort des animaux et à la nature…

-Il y a un peu de nature non loin de la citée ?

Demande Alexander McQueen. Il semble un peu plus timide que Karl et plus simple ce qui est un paradoxe vu l’excentricité des tenues qu’il créait.

-Oui…

On vêt Sissi d’une longue robe noire vaporeuse avec des fines perles brodées (des perles de culture) sur les rives du décolleté en v, cela lui va bien, car elle a une petite poitrine. Comme il fait frai dehors, on la recouvre d’un joli chaperon rouge en soie.

Aradia la maquille. De l’or sur ses paupières, des faux cils en forme d’ailes de libellule. Un rouge à lèvre bien rouge. La belle Aradia coiffe ses beaux cheveux blonds de ses frêles mains aux longs ongles pointues. Elle lui murmure :

-Il sent bon ton parfum !

Elle lui donne un masque de loup, Sissi l’essaye. Son amie Flora est vêtue d’une micro robe blanche avec une ceinture de lierre. Ses longs cheveux roux se confondent avec sa veste en fausse fourrure. Elle porte un masque de renard. L’animal malin et malicieux, plus solitaire et craintif que le loup, animal messager et psychopompe, passeur (par les galeries souterraines), vivant entres les deux mondes, il a neuf queues dans la mythologie japonaise et peut planer au dessus des forêts.

Sissi est assise sur une haute chaise, ses pieds sont nus…Karl s’abaisse à ses chevilles.

-Vous avez de si petits pieds, tout fins, comme ceux de Cendrillon…Quel est votre pointure ?

-Je chausse du 36.

-Du 36 alors que vous mesurez 173 centimètres ! Tenez essayé ses pantoufles de vair.

L’homme lui met délicatement les souliers scintillants.

Aradia donne des lampions aux deux jeunes filles et les accompagne à l’entrée de la forêt, devant la tour d’horloge moyenâgeuse.

-Les filles à minuit, il faudra être au château…Il y a dans les bois de nombreuses galeries, issues pour s’y rendre…Votre intuition est vôtre guide. Les cloches ont déposés des œufs de pâque dans la forêt, cueillez en…Discrètement, si vous avez vos règles en ce moment, vous pouvez en verser un peu au pied d’un arbre, ou d’une plante…Amusez- vous. Dansez bien mes demoiselles !

Des lampions sont accrochés aux branches des arbres. De la musique celtique s’infuse dans la forêt, et guide les pas des deux amies. Elles dansent en marchant. Elles ramassent quelques chocolats déposés sur la mousse, entre les racines d’un vieux chêne. Les hautes herbes semblent bleutés sous les rayons de la lune, des papillons flottent…Se posent sur des fleurs. Les ficaires, les violettes, les jonquilles tapissent le sol…Des lucioles virevoltent, semblent ivres, en suspension dans l’air.

Dans la clairière, de jeunes musiciens et des danseurs vêtus en costume médiévale s’amusent…Rient aux éclats. Ils boivent du vin dans des cornes, des amoureux allongés sur un tapis de feuilles fument de l’opium. Des jeunes filles aux rondeurs juvéniles se baignent nues dans le ruisseau et s’éclaboussent. Flora les rejoint et danse avec un jeune homme qui s’appelle Peter Pan. Un garçon un peu petit, de longs cheveux bruns, un costume vert.

Une fontaine intrigue Sissi, un dragon crache un filet d’eau…Une petite grenouille verte sautille. De belles roses rouges sangs encerclent la belle fontaine, les fleurs se regardent dans l’eau, dans la lune rouge reflétée…Sissi retire sa culotte. S’accroupie. Des gouttes de sangs tombent une à une sur la mousse humide et nourrit le rosier. Elle en profite aussi pour faire pipi car elle en avait très envie. Elle adore faire pipi dans la nature, au clair de lune. Elle enfile sa culotte et en se relevant trouve une poule et un lapin en chocolat cachés dans les fougères.

Sissi rejoint le groupe euphorique. Les jeunes filles dans l’eau chantent d’une voix cristalline…Mais Flora et Peter Pan ne sont plus là…Sissi n’a pas le cœur à danser, elle part à la recherche de Flora. Elle aurait dû lui avouer qu’elle l’aime d’amour. Elle ne serait peut être pas en train de flirter avec ce garçon !

Mais la pauvre Sissi déchante en les découvrant…Flora est allongée sur le tronc d’un arbre rugueux, les jambes écartés, la jupe soulevée, la culotte par terre…Il est nu, il entre en elle, un filet de sang glisse entres leurs jambes moites. Elle était vierge. Ils tombent par terre. Eclatent de rire. Se roulent dans l’herbe. Il la pénètre, l’a fait glisser sur la mousse, en léchant ses seins, en mordillant sa nuque. Flora est en sueur et gémit.

Sissi s’enfuit, larmoyante…Des ronces au passage déchirent sa robe, et égratignent ses jambes. Elle a un point de côté, alors elle ralentit la cadence…Son cœur lui fait terriblement mal, il bât trop vite. Elle s’assoit sur une roche prés de la rivière. Sanglote à la lune.

Une belle jeune fille surgit de l’eau, souriante. Elle est nue. Elle s’assoit à côté d’elle. La jeune fille a de jolies courbes douces comme dans des tableaux de la renaissance. Elle prend Sissi par la main, et bise sa joue au goût de larmes.

-Je m’appelle Ophélie et toi ?

-Je suis Sissi.

-C’est jolie…

-A minuit je dois être au château, tu m’accompagnes ? Tu sais comment y aller ?

-Il est déjà 23h25…Il faut se dépêcher sinon tu seras emprisonné en la forêt, et ta famille t’oubliera… Je ne sais pas comment y aller, mais un lapin peut nous guider… Mais peux-tu retirer ton masque s’il te plaît…Je veux voir ton visage.

-D’accord.

Sissi retire son masque de loup.

-Tu es charmante…

Ophélie invoque à la lune, le lapin, un gros lapin blanc apparait…L’animal se met à bondir de plus en plus vite dans la forêt, zigzaguant entre les arbres, elles le suivent tant bien que mal…Il se faufile dans un terrier entres les racines d’un marronnier. Les jeunes filles tombent dedans, la spirale les aspirent, elles tourbillonnent à vive allure. Leurs chevelures virvoltent, et s’entortillent l’une à l’autre. Elles se tiennent la main. Elles atterrissent en douceur devant un grand miroir ovale. Aradia se coiffe. Les cloches sonnent les douze coups de minuit.

-Ah Sissi tu es là !? Il était temps…Mais où es Flora ? Bonsoir Ophélie.

-Bonsoir Aradia

Lui répond la jeune nymphe.

-Flora est avec un garçon, Peter Pan, j’espère qu’elle a trouvé le chemin, à temps…

Lui dit Ophélie.

-Bon, nous allons faire le rituel de blanche neige.

-Regarde Aradia, j’ai trouvé des œufs de pâques, une poule et un lapin.

-C’est bien ma biche !

Aradia allume une bougie dorée, elles se tiennent la main et elles se regardent intensément dans le miroir. Elles formulent un vœu dans leurs têtes. Et le visualise dans le reflet.

Sissi à un flash. Il est trouble. Un petit château médiéval dans l’est…Pologne. Des flocons de neige, une infinie forêt. Une princesse en longue robe blanche, regarde la forêt perchée à la fenêtre de sa chambre, située en haut de la plus haute tour. Un lévrier cherche sa main, la caresse. Elle se retourne, s’agenouille et caresse le museau de l’animal. Un feu crépite dans sa cheminée.

Le dîner est prêt. Des chandeliers éclairent l’immense table ovale en chêne massif, aux pieds griffus. Les jeunes gens s’installent. Sissi aperçoit Flora à l’autre bout de la table, elle est soulagée de la voir ici…Mais Peter Pan n’est plus avec elle. Elle fait un signe de la main à Sissi, mais celle-ci baisse les yeux. Sissi s’assoit à côté d’Ophélie qui est restée nue. Elle n’est pas la seule, et cela ne semble gêner personne. La nudité dans ce royaume féérique est naturelle.

La table est décorée de belles lanternes chinoises, de fougère, de bouquets de houe…Dans les écuelles, une petite salade de fleurs assaisonnée à la sève d’érable est servit. Les jeunes personnes mangent et boivent du vin dans une ambiance jovial. Ils chantent des chansons à boire.

Sissi se réveille nue dans son lit. Le soleil se lève sur la citée. Elle sort de son lit. Cherche sa tenue qu’elle portait cette nuit. Elle l’avait posé sur le dossier de la chaise…Elle s’en souvient. Mais elle ne la voit pas, elle fouille sa chambre mais ne la trouve pas…Seulement son soulier droit. Ce n’était donc pas un rêve.

Le beau carrosse attelait de beaux chevaux blancs l’attendait, et en descendant les escaliers du château elle a perdu sa pantoufle de vair. Elle n’a pas pu la récupérer car il fallait qu’elle se dépêche…La voiture allait partir sans elle.

La belle Ophélie est restée dans son monde, elle ne la reverra jamais…Peter Pan est restée de l’autre côté aussi, et Alexander McQueen aussi, normale, il est mort le 11 février 2010. Mais Flora, elle, est revenue. Et sera prés d’elle pour longtemps…Sissi aimerait lui dire qu’elle l’aime.

Sa maman entre dans sa chambre, l’embrasse, en lui disant

-Bonne anniversaire ma fille, 18 ans, tu es si grande…Tu vas souffler tes bougies !

-Oh maman, je ne veux pas grandir…

Sissi s’agrippe à sa mère et pleure.

-Tu seras toujours mon enfant, ma petite fille…Même lorsque tu voleras de tes propres ailes. Prend le temps qu’il te faut pour devenir adulte mais garde à jamais ton âme d’enfant.

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