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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 19:22
Les retrouvailles avec une demoiselle

Je me suis dessinée en demoiselle(avec des ailes et une robe violette) dans les bras de celui que j'aime. Je semble venir des eaux. L’extrémitée de ma robe se confond avec le courant de la rivière dont les vaguelettes forment des tourbillons. L'homme semble être dans le ciel et la retient dans ses bras. On ne voit que son buste. Comme en flottaison.

Il y a un pont de pierres(symbole de communication). Il fait nuit et il neige. Sur le côté gauche il y a une forêt de sapins.

Ce sont des retrouvailles qui n'auront pas lieu ce mois ci. Pas de carte et de petit cadeau. Et pas d'embrassade non plus...

Peut-être qu'un jour... C'est une espérance.

Et une consolation en dessinant les retrouvailles.

Si il la lâche l'eau va l'emporter. Elle va redevenir de l'eau.

Il est dans le ciel comme irréel. C'est une image.

 

Ou bien c'est un amour qui a toujours était seulement spirituel.

 

Ce dessin parle de mes sentiments et de mon besoin d'affection pour ne pas me noyer dans ma rivière des émotions. L’hiver et féerique mais dehors il fait si froid. Il fait nuit et il neige.

 

Ce dessin ressemble à une carte féerique de noël à envoyer...

A envoyer à celui qui me manque.

Nous sommes un flocon.

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 19:18
photo de Nathalie Bon

photo de Nathalie Bon

C'est un casse tête de démonter le lit médical. Si elles avaient su qu'il se démonte. Il est si lourd. Rosalie a mis une annonce sur le bon coin mais personne n'en veut. Emmaüs s'est déplacé aussi. Mais les gens malades peuvent en avoir gratuitement grâce à leur mutuelle de santé. Celui ci est bien trop lourd à transporter. Monsieur Meunier, un grand monsieur, moustachu qui a un peu d’embonpoint et qui est un peu rustre n'en a pas voulu.

 

Remonter le lit de mariage de ses grands-parents est en revanche un jeu d'enfant.

 

Le menuisier réalisa l'armoire à glace ainsi que le lit(en 140)pour les mariés.

C'était en chêne brut. Des roses étaient sculptées à même le bois.

 

Élisabeth, une petite dame rousse, apparaît sur une photo recolorée à la main, sa robe de mariée est faite de dentelles blanches. Un ruban mauve pour le corset. Elle tient un bouquet de roses blanches. A ses côté, il y a son époux Renaud, un homme brun, en costume bleu ciel(veste et pantalon) et en dessous une chemise bleu nuit. Sa cravate est blanche presque argentée. Ils posent devant une Deux-chevaux et en arrière plan on voit la maison dans le jardin et plus loin la mer à l'infini qui se détache du ciel nuageux. Les feuilles du figuier semblent vert-émeraude et les figues de couleur pourpre. Les feuillages de l'arbre ressortent comme des vitraux. Mais les personnages paraissent plus pâles. Dans la voiture, on aperçoit une petite fille assise à l’arrière, elle est blonde. La petite fille est coiffée d'un grand chapeau de paille avec un ruban bleu ciel. On devine son col dentelé autour de son cou très fin.

 

Au dos de la photo il est écrit: 14 juin 1960. Mariage d’Élisabeth et de Renaud. La petite fille Maud a un an.

 

Rosalie, la petite fille d’Élisabeth, retrouve la photo de ses grands parents dans le petit tiroir se fermant à clef. Elle n'a jamais vu cette photographie. Ses grands-parents étaient très beaux et sa mère était très mignonne. Rosalie est très émue de retrouver ce souvenir...Et il n'y a pas que cela dans ce tiroir, il y a la bague en or ornée d'une magnifique pierre bleu-émeraude. Rosalie reconnaît cette bague, Élisabeth l'a porté souvent. C'était Renaud qui l'avait offert à son épouse Élisabeth. Rosalie a des doigts fins. Elle l’essaye: visiblement sa mamie aussi avait des doigts fins. Comme Rosalie est un peu sorcière, elle nettoie le bijoux à l'eau de mer pour le délester de ses mauvaises énergies. Et elle recharge le bijoux à la lueur de la pleine lune.

 

Rosalie hérite de la maison de sa grand-mère morte cette année, en juillet, à l'âge de 94 ans. Son grand-père est mort il y a déjà 20 ans d'un infarctus.

Sa mère Maud l'aide à mettre de côté certaines affaires qui appartenaient à Élisabeth et à réaménager à sa façon mais des secrets restent comme des cahiers à lire, ou des diapos à regarder (mais l'appareil ne fonctionne plus)...Sa mère Maud l'aide aussi à rénover la maison. Des abat-jour a installés au plafonnier, refaire les peintures. Réparer la douche qui fuit.

 

*

 

Élisabeth et Renaud s’installèrent dans une maison au bord de la mer en 1958.

 

 

L’océan était gris et déchaîné. La pluie s'écoulait sur les vitres.

Ils étaient bien à l’abri à côté du poêle.

Il entendait le chant un peu lugubre du vent.

De gros nuages se déplaçaient dans le ciel. L'un était bleu.

Il y avait des rayons qui perçaient les nuages malgré la pluie.

On voyait des faisceaux dorés tombant sur la mer. Et des goélands les traversaient. Se laissant glisser sur le vent. Les vagues heurtaient violemment les roches. Les mouettes qui se posaient se faisaient éclabousser.

Le couple était attablé autour d'une table ronde. Ils mangeaient des huîtres et buvaient du vin blanc. Ils avaient chacun leur moitié de citron. Et ils tartinaient un peu de beurre sur leur tranche de pain. Les lueurs de la lampe à pétrole vacillaient joliment sur la table. Ils avaient chacun leur petits opinel. Ils détachaient l’huître de la coquille. La petite fille était sage. Assise à sa haute chaise d'enfant. Elle mangeait déjà seule et proprement de la purée de pomme de terre et de carotte. Maud ne mangea pas tout. Élisabeth ramassa son assiette et lui proposa une pomme cuite au four, au miel et à la cannelle. Élisabeth en avait fait trois, une pour chacun.

 

Rosalie sait qu'elle assiste à une scène du passé: Élisabeth et Renaud ne peuvent pas la voir. Mais la petite fille l'observe et c'est pour ça qu'elle n'a plus faim. Elle est intriguée par cette inconnue: une jeune femme en noir aux longs cheveux. L'inconnu traverse le couloir et entre dans la chambre. Elle s'observe doublement dans les glaces de cette armoire. Elle adore cette odeur de cire d'abeille qui fait scintiller le bois. Elle ouvre le meuble. Fait tourner la petite clef. Les portes grincent un petit peu. C'est risqué. On peut l'entendre. Mais ils sont en train de débarrasser la table et de faire la vaisselle. Dans la penderie elle retrouve la robe de mariée d’Élisabeth et le costume de Renaud. Les habits sont exactement comme sur la photographie pourtant repeinte à la main.

La petite fille Maud intriguée par l'apparition prétexte qu'elle a envie d'aller faire pipi pour se libérer de table. Mais elle a besoin d'avoir beaucoup plus de temps:

 

-Puis-je manger la pomme cuite au goûter maman?

-Bien sûre ma biche, tu peux sortir de table et aller jouer.

 

La petite fille emprunte le couloir...Il y a le parfum de cette fille qui flotte. Elle la retrouve dans la chambre de ses parents en train de caresser du bout des doigts la robe qui scintille sous ses doigts. Rosalie sursaute. La petite fille sur la pointe des pieds ôte la robe de la penderie et elle la libère du cintre.

 

-Madame je ne dis rien à maman et à papa mais je veux que tu sois ma poupée le temps d'un jeu...

On dira que c'est le jour de ton mariage...Tu vas enfiler la robe.

-Tu parles bien pour une petite fille de ton âge.

-Oui ma maman est institutrice et mon papa est libraire...D’où mon vocabulaire avancé pour une petite de mon âge!

-Félicitation Maud!

-Comment sais-tu mon prénom?

-C'est difficile à expliquer...Moi je m’appelle Rosalie.

 

Rosalie se cache derrière le paravent et enfile la robe.

Elle pense aux livres de lecture, d'école, qu'elle a retrouvé dans la bibliothèque chez sa grand-mère Élisabeth.

La petite fille lui serre le corset. Maud est surprise car elle n'est pas un fantôme...

 

-Rose-a-lie c'est merveilleux, j’entends battre ton cœur et je peux te toucher. J'ai pensé que tu es un fantôme. La petite fille Maud à du mal à prononcer son prénom, elle détache chaque syllabe.

Maud lui donne des chaussures de vair qui vont avec la robe.

 

-Mais tu as les mains froides.

Constate Maud. Rosalie rit et rétorque:

-Maud, tu vois souvent des fantômes?

-Des fantômes, des fées, des anges, des licornes...

-Maud, je ne devrais pas être ici, tu sais.

 

La petite Maud fait asseoir Rosalie devant la coiffeuse et à l'aide d'une brosse ronde en bois elle lui démêle les cheveux. Elle hume son oreille, là où les dames se mettent du parfum.

 

-C'est étrange tu portes le même parfum que ma mère. Rose, violette, fougère mais il y a quelque chose de différent. En plus tu as un air de famille.

-Est-ce que ce parfum existe réellement?

-Oui, bien sûr, mais je ne sais pas où elle le range. Comme je lui emprunte ses affaires de beauté...Elle cache certaines choses.

-Comment s’appelle son parfum?

-Rose-a-lie je ne sais pas encore lire. Mais le flacon est de forme ovale. Une biche est gravée dans le cristal. Autour les flocons de neige se confondent avec les étoiles. Le bouchon est de forme ronde. En cristal aussi. On dirait un diamant. Il se visse dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le liège résiste un peu quand on ôte le bouchon.

 

Rosalie tente d'imaginer le flacon qui semble très raffiné. Elle n'a jamais vu un flacon comme cela. Élisabeth entre dans sa chambre et elle surprend la petite fille devant la coiffeuse, avec la brosse dans la main, en train de coiffer une femme imaginaire...Et elle parle à voix haute.

 

-Mais elle était là! Lui dit la petite-fille.

-Qui est-ce? Élisabeth est un peu intriguée.

-Elle s’appelle Rose-a-lie.

 

Aussitôt prononcé, aussitôt Élisabeth est triste. Rose et non pas Rose-a-lie(qui est prénom semblable avec la même racine) était la petite sœur de son père. Rose s'était donnée la mort en se jetant dans un puits. Pour une histoire d'amour. Il y avait probablement d'autres raisons cachées. Mais on en parlait pas.

 

-Je veux que tu ailles te reposer un peu dans la chambre, après je te prépare un chocolat chaud.

 

Élisabeth accompagne sa fille dans sa chambre, Maud se met au lit, Élisabeth la borde, lui fait une bise sur le front et caresse ses cheveux...

 

-Maman regarde sous le lit, si il n'y a personne...

Et s'il te plaît, ne ferme pas les volets.

 

La petite Maud ne dort pas très bien, elle fait des rêves...C'est pour ça que sa mère l’encourage à aller se reposer le tantôt. La nuit, la petite rejoins ses parents au lit. Elle ne dort pas beaucoup dans sa chambre. Élisabeth regarde sous le lit et il n'y a rien. Juste de la poussière...Du ménage à faire.

 

-Il y a juste des mimis...Des petits moutons.

 

Elle tire le rideau mais ne ferme pas les volets.

 

Lorsque Élisabeth quitte la chambre Rosalie est à son chevet, elle vient de dessous le lit alors que sa maman a vérifié, Rosalie souhaite parler à la petite fille...Celle ci se fâche car elle a un peu peur:

 

-Maintenant je veux dormir, laissez-moi!

-Tu dors déjà. Tu es en train de rêver...

 

Rosalie ne sait pas si c'est réellement un rêve. Rosalie la dame en noir quitte la chambre de l'enfant sans un bruit, regagne le couloir et retrouve l'armoire à glace où elle entre dans le noir ou bien dans le miroir: elle ne le sait pas très bien: elle ne s'explique pas très bien les choses...Après les vêtements, il y a un long couloir dans la nuit qu'elle traverse.

 

*

Rosalie se réveille de ce rêve si étrange...Comme un voyage dans le passé.

Elle est surprise quand elle ouvre l'armoire à glace. Il y a la robe de mariée suspendue dans la penderie et le costume de Renaud...

Hier encore ils n'étaient pas là.

Elle caresse du bout des doigts le tissu. Un peu comme dans son rêve.

Elle prend la robe dans ses bras, caresse le tissu, la fait tournoyer devant elle. «Est-ce qu'elle est à ma taille?» Elle a presque envie de l'essayer mais Flocon, un petit chat blanc, trouve une pelote de laine blanche dans l'armoire et joue avec...Élisabeth tricotait des pulls, des chaussettes, des écharpes des gants, des bonnets et accessoirement des habits de poupée quand elle était petite. Le chat cache la pelote de laine sous le lit. Le fil dépasse du lit. De ses griffes, le chat en boule maintient la pelote emmêlée contre son ventre. Il n'arrive pas à se défaire des fils. Cela l'énerve un peu: il mord la pelote. Quelque chose attire Rosalie...Il y a quelque chose sous la latte. Elle cherche avec sa main. Une photographie tombe. Rosalie ramasse l'image et l'observe. Sur cette photographie couleur sépia, cette jeune fille lui ressemble beaucoup. Cette jeune fille tient dans sa main un flacon de parfum. On devine un sapin de noël derrière elle. C'est peut-être un cadeau de noël. Il est ovale, avec un bouchon rond, une biche est gravée et apparaît à travers les fougères. La petite Maud (c'est à dire sa mère enfant) lui en avait parlé au milieu d'un rêve. C'est troublant! Elle retourne la photo, il y a inscrit Rose 15 ans 25 décembre 1915, parfum offert par son ami à noël, mort dans les tranchées à l'âge de 14 ans.

Rosalie est si semblable à Rose des années 1915. Rose s'était-elle suicidée à cause de son ami mort à la guerre? Elle ne l'aurait pas supportée. Rosalie s'étonne qu'un jeune homme puisse avoir les moyens d'offrir un si beau parfum.

 

Rosalie remplie la gamelle de croquettes à Flocon, change son eau. Puis prend sa douche et s'habille, elle va chez sa mère qui habite juste à côté. Maud est encore en chemise de nuit et en robe de chambre. Tout en buvant un café Rosalie lui raconte son rêve qui semble si réelle. Elle lui montre les photographies qu'elle a retrouvé. Elle lui raconte avec beaucoup de détails. Sa mère ne sait pas grand chose mais le jeune soldat s’appelait Alexandre et ses parents travaillaient dans une boutique où l'on vendait du parfum et des produits de beauté.

 

-Maman peux-tu m’emmener sur la tombe de Rose?

-Oui, je me prépare et on y va. C'est assez loin, plus de deux heures de route, dans le village de Rufflec.

 

Maud finit d'avaler sa tasse de café en grimaçant. Elle n'aime plus le café dont l’arrière goût lui parait trop amer. Lorsque sa mère est prête, Rosalie monte dans la voiture de sa mère Maud. Chemin faisant Rosalie ouvre la vitre de l'Opel car elle fume une cigarette. Il fait très froid dehors. Rosalie est nerveuse. Les mains un peu moites. Son visage ne lui plaît pas dans le rétro car elle a mauvaise mine. Elle cherche un station de radio qui soit bien. La campagne en Saintonge est une campagne un peu désolée, Rosalie trouve ce paysage triste et ennuyeux. Elle se demande comment sa mère fait pour ne pas se perdre, ce sont des petites routes et il n'y a pas beaucoup d'indications. Enfin Rosalie lit Rufflec sur un petit panneau noir.

Elles arrivent devant une petite maison à l'abandon au beau milieu des champs. Les volets sont fermés. La maison est recouverte de lierre. Et il y a des ronces autour de la ruine. Ce fût là que Rose a habité avec ses parents Martha et Rodrigue et son frère Alain.

Maud souhaite entrer dans la maison mais la porte en bois est fermée à clefs. Elle regarde à travers la serrure, il n y a plus rien dans cette maison, plus de meuble, seulement des toiles d’araignées aux poutres et le plafond s’effondre, l'escalier est poussiéreux.

A côté, dans un corps de bâtiment, Rosalie découvre la carcasse d'une voiture, une Deux-Chevaux comme celle sur la photo de mariage.

Rosalie s'approche du puits: il est condamné.

C'était donc là qu'elle s'est jetée. Rosalie caresse la pierre, les rebords de ce puits, fait tourner la manivelle dans le vide. Un rosier grimpant s'est même enroulé autour du mécanisme et donne quelques roses de couleur rose-pâle.

 

-Est-ce juste après sa mort que le puits fût condamné?

Demande Rosalie qui se pique le doigt à une épine de rose. Une goutte de sang apparaît et coule à la manière des larmes.

-Non. En fait avec l'agriculture intensive l'eau dans les nappes-phréatiques est polluée.

-Je vois. Dit-elle mais Rosalie ne voit rien du tout.

 

Rosalie retourne s'installer dans la voiture, sa mère l’emmène au cimetière où il y a la sépulture de Rose, ce n'est pas très loin d'ici, c'est dans le village voisin. Il y a un médaillon, un portrait ovale incrusté à la pierre tombale. Rosalie reconnaît Rose et s’agenouille devant la tombe...Rosalie est en sanglot. Rosalie lit Rose Marelle née le 17 mars en 1900 et morte le 2 janvier 1916.

 

Rosalie est née elle aussi le 17 mars en 1990, elle est du signe du poisson.

 

-Maman est-ce que tu voyais des fantômes quand tu étais petite? Comme dans mon rêve.

-Oh non, pas moi. Mais toi, si, tu les voyais...

Ta mamie n'était pas au courant de cette histoire. Elle ne savait pas que son père Alain avait eu une sœur et qu'elle est morte à 15 ans en se donnant la mort. Ils n'en parlaient pas. Mamie l'a su a un age très avancé.

-Je ne comprend pas pourquoi la photographie de Rose était sous le lit...et dans mon rêve elle savait...

-Moi non plus je ne l'explique pas...Seulement le bois de cette armoire et de ce lit était un chêne dans le jardin, un très vieux chêne qu'on a sacrifié parce qu'il était malade.

 

Dans le jardin en friche derrière le corps de bâtiment où est garée la carcasse de la Deux-chevaux, Rosalie a remarqué le tronc circulaire d'un arbre tronçonné...De la mousse dessus, des souchettes. Il semblait vieux et il n'avait pas repris sa croissance. L'arbre devait être énorme. Assez pour en faire un lit et une armoire. Cala a dû être un crève-cœur d'abattre un si vieil arbre.

 

-Rosalie ta mamie ne le savait pas et moi non plus, sinon je ne t'aurais pas donné un prénom aussi semblable.

-Rose est le prénom d'une morte en effet. Mon rêve ressemble un peu à un voyage dans le passé mais il est un peu différent de la réalité. Mais je n'explique pas que les habits du mariage de mes grands-parents puissent réapparaître ce matin dans l'armoire alors que la veille ils n'étaient pas là...Et cela n'est pas vraiment lié à Rose.

-Mise à part que c'est un symbole. Le symbole d'amour. D'une union...Rose n'a pas eu cette chance puis-ce que son ami est mort à la guerre.

 

Mère et fille se promènent dans les allées du cimetière. Les feuilles craquent sous leurs pas. Le vent du nord est glacial. Rosalie frissonne un peu. Elles contemplent une dernière fois la sépulture de Rose. La jeune fille sur la photo ressemble à Rosalie. Rosalie a trente ans mais elle ressemble à cette jeune fille de 15 ans. Rosalie ne vieillit pas.

 

-Maman je pense que je suis la réincarnation de Rose. Je porte un prénom similaire. Moi aussi je suis née le 17 mars et je lui ressemble.

-Comme deux gouttes d'eaux! Mais il ne faut pas vivre dans le passé, tu as de belles années devant toi...

-J'aime beaucoup l'eau depuis toute petite. Je pourrais en avoir peur.

 

Rosalie va tous les mercredis après-midi à la piscine et elle est aussi danseuse aquatique.

Mais elle fait beaucoup de mauvais rêves depuis toute petite dans lesquelles l'eau submerge tout et parfois elle se noie. Elle ne peut plus respirer.

Elle rêve aussi de vortex comme les trous noirs dans l'espace.

Ou comme les expériences de vie après la mort. Où au moment de naître. Au sortir du ventre de la mère. La vie et la mort sont intimement liés.

Rosalie imagine la noyade de Rose. Dans un puits cela devait-être si profond et on doit se faire emporter dans un mouvement de spirale, un peu comme l'eau tournoyante autour du siphon.

 

-Il était très profond ce puits? Demande Rosalie dans un souffle. Elle est à la fois effrayée mais fascinée.

-Oui très profond! Répond Maud.

 

Au chemin du retour Maud fait une pause à une station service.

Elle remet un peu d'essence dans la voiture et elles décident d'aller se restaurer au snack.

 

Lorsque Rosalie rentre chez elle il n y a plus la robe et le costume de mariage de ses grands-parents dans la penderie. Mais la bague est toujours là dans le petit tiroir. Elle vérifie sous le lit, sous la latte du lit il n'y a rien qui permette de ranger des documents comme une photo. Pourtant elle n'a pas rêvé. Les deux photos elle les a mise dans une grande enveloppe et elle les a fait voir à sa mère. Rosalie sort de son sac à main l'enveloppe et vérifie, les deux photos sont là: une des photographies du jour du mariage d' Elisabeth et Renaud avec leur fille Maud. Et la photo de Rose devant le sapin de noël tenant un flacon de parfum très raffiné dans ses mains.

 

*

Le lit où dort Rosalie flotte sur la mer. Elle sait qu'elle est en train de rêver.

Elle se retourne dans son lit une autre fille qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau dort à ses côtés mais elle n'est pas réelle, elle est nue sous une robe bleu(comme la couleur de la bague d’Élisabeth), la robe est tournoyante est elle ressemble à de l'eau, à un tourbillon autour de son corps...Ses longs cheveux ondulés sont en forme de vagues.

Des branchages avec ses feuilles de chênes naissent au niveau de la tête de lit.

Les pieds et les jambes de Rosalie redeviennent des racines qui pénètrent dans la terre.

L'herbe caresse son dos, ses bras, son oreille lorsqu'elle se retourne.

Rose n'est plus. Rose est sous l'eau turquoise.

Elle tourbillonne sous l'eau en s'éloignant vers le fond.

Rose à les yeux au ciel et pose une énigme.

 

*

La mamie de Rosalie est apparue dans le miroir de l'armoire à glace. La vieille femme a le visage reposé, ses boucles argentées joliment faites et elle porte une robe à fleurs avec gilet en laine bleu ciel. Et la turquoise à son doigt, à sa main gauche. Rosalie se demande si elle ne rêve pas. Son grand-père apparaît lui aussi et prend la main de sa bien aimée. Sa longue barbe blanche est vaporeuse et ses yeux sont malicieux.

 

-Les miroirs sont des portes et les vieux chênes assistent à l'histoire...Nous avons une lettre pour toi, nous l'avons mise dans le petit tiroir.

 

Ses grands-parents disparaissent. C'est son image qui se reflète à présent. Pour le réveillon de noël elle a mit une longue robe noire pailletée et des souliers rouges. Rosalie ouvre l'armoire à l'aide de la petite clef. Puis le petit tiroir avec l'autre petite clef. Rosalie trouve une lettre. C'est une lettre de Rose. Une lettre adressée à elle même, ou à Marie (comme une prière). Cette lettre à une senteur de forêt. C'est le parfum de Rose offert par Alexandre.

 

25 décembre 1915,

 

Chère Marie,

 

Je me fais un sang d'encre pour Alexandre.

Ils ne devraient pas envoyer de si jeunes personnes au front.

Nous serons adulte seulement à 21 ans.

Dans une lettre Alexandre a demandé à son père de m'offrir un parfum pour Noël.

Forêt enchantée est une nouvelle fragrance. Alexandre l'a choisit pour moi.

Mon père Rodrigue m'a prit en photo devant le sapin que j'ai décoré.

Dans ma prochaine lettre je lui envoie et je parfume mon mot.

Ma mère Martha prépare des pommes de terre et des pommes cuites avec des champignons qu'Alain à cueilli dans les bois. Elle ouvre aussi des huîtres mais je me demande si je peux avoir de l'appétit en imaginant Alexandre et nos hommes dans les tranchées.

 

Mon père est trop âgé pour aller à la guerre.

Alain mon frère a une santé fragile.

Ils ont pu y échapper.

 

Alexandre était naïf pour croire que la guerre n'allait pas durer longtemps...

Mensonge.

 

Hier soir nous sommes allés à la messe de Noël j'ai prié très fort.

Je veux qu'il me revienne. Je veux me marier avec lui quand nous en aurons l'âge.

La couronne de Jésus crucifié sont des roses aux épines qui le blessent un peu.

En contemplant cette statue j'ai songé que moi aussi Rose j'ai des épines dans la tête qui piquent, qui piquent...Le cœur et l'âme.

 

Je n'irais pas au paradis en souhaitant mourir mais ma chère Marie faite qu'il me revienne.

Je suis honteuse mais j'ai des mises en scènes tragiques(comme au cinéma) de moi. Disparaissant.

Lorsque je suis allée puiser de l'eau...Me voyant les larmes aux yeux au fond du puits j'ai songé à me noyer ici. Je deviens folle et je vais finir à l'asile si les miens étaient au courant.

 

Je veux qu'il revienne auprès de moi sain et sauf

Sans blessure ni même à l'âme.

Car j'ai beaucoup d'amour à lui donner.

Je serai heureuse je le promets.

 

Merci d'entendre ma prière.

 

Rose Marelle

 

Lorsque Rosalie a finit de lire, elle ferme l'armoire, serrant de ses bras la lettre contre son cœur.

 

Rose se tient devant elle mais cette fois ci elle n'est pas dans le miroir. Rose ne se reflète même pas dans la glace. Rosalie perçoit sa propre silhouette de côté qui ondoie comme une surface d'eau mais la fille devant elle ne se réfléchie pas. Rosalie est pâle. Rose est coiffée d'une couronne de roses, porte une longue robe blanche et elle lui donne le flacon de parfum. Rosalie n'ose pas le prendre car elle a un peu peur de ses visions.

 

-Ce parfum est à toi, autant qu'à moi...D'autant que je ne suis plus de ce monde. Mais tu sais que nous avons la même âme et maintenant que tu connais les secrets de famille, tu peux cheminer...Je ressens que tu vas retrouver l'âme d'Alexandre surtout si tu portes la fragrance de Rose.

-Je ne connais pas tous les secrets...Tant de mystère.

-La porte du vieux chêne te révélera bien des secrets et des souvenances.

-Ce n'est pas exact. C'est en forme de rêve.

-Oui mais les rêves révèlent ce qui est le plus essentiel ou quelque chose de plus subtil.

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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 09:18
Je rêve d'être une fée

Je rêve d'être une fée

 

Je m’appelle Aura. J'étais allongée dans mon lit à baldaquin blanc en fer forgé chez ma mamie Marthe. Je dormais déjà dedans quand j'étais petite. Il y avait trois petites fées grandes comme des poupées ou plutôt deux. La troisième était aussi grande que moi et elle me ressemblait beaucoup car elle avait de longs cheveux brun et elle était vêtue d'une longue robe noir.

 

La première était proche de mon visage et elle s’épanchait au-dessus de moi. Sa baguette magique éparpillait des scintillements dorés. Je crois que cette fée était habillée en bleu et avait de longs cheveux blonds. Elle avait le visage diaphane, et des ailes transparentes. Je la connais depuis longtemps. Elle m'apaisa simplement à l'aide de sa baguette qu'elle secouait, une baguette qui éparpillait son charme.

 

La deuxième était une fée africaine, la peau noire. Son visage était fin, les traits étaient délicats. Ses yeux étaient maquillés en bleu indigo. Et ses longs cils étaient recourbés. Ses yeux étaient de la couleur ambre. Elle était habillée d'une longue robe blanche scintillante. Cette fée avait de longues tresses noires, elle portait des créoles en or à ses oreilles. Cette fée noire flottait et éparpillait sa senteur de ylang-ylang mais je ne me souviens pas de ses ailes. En avait-elle? Cette fée parlait en chantant. Cette fée me redonna le don de chanter même si elle n'avait pas le même style de voix que moi. Elle chantait du blues. Moi j'avais une voix plus aiguë, un peu lyrique et fluette.

Elle s'est éloignée, en passant par la porte de l'armoire à glace. Dans l'ombre elle n'était plus et un étrange animal la suivait. Un oryctérope je crois, un fourmilier semblable au tapir. J'écoutais son chant lointain qui disparaissait avec l’oryctérope de par la porte de l'armoire.

 

La troisième était aussi grande que moi et elle me ressemblait. Elle était longiligne. La peau diaphane. Les yeux verts maquillés de mauve et de noire. Ses cheveux bruns était très longs et très lisses. Elle était habillée d'une longue robe gothique. Mon double était bien moins sympathique que les deux autres fées. Elle s'en allait en me regardant par dessus l'épaule et elle me reprochait de ne pas avoir évolué depuis que je suis petite. D'avoir des rêves futiles ou des rêves malades. Toujours les mêmes choses qui me hantent depuis l'adolescence et qui engendre les mauvais comportements. Des symptômes en forme de spirale, en trois étapes. C'était ma conscience qui me parlait. Mais je voulais riposter. «Ce que je fais ainsi je n'arrive pas à le faire autrement. Cela serait à l'encontre de moi...» Bien sûr ma voix est restée au fond de moi et les mots se coinçaient dans ma gorge, comme un chat. Elle n'entendait pas ma voix. Mon double était sévère avec moi, plus maléfique et elle détruisait «presque» les bienfaits des deux autres fées. Pourtant, cette fée gothique était la plus lucide et je ne pense pas qu'elle me voulait du mal.

 

Le lit flotta sur la mer. Une mer grise et calme. L'eau devient plus lunatique et tumultueuse. Je m'inquiétais un peu. Je ne voulais pas que mon lit chavire ou prenne l'eau. Il y avait un fort au milieu de la mer ressemblant au Fort Enet. Mon lit accosta devant l'escalier en pierre, je montais jusqu'à la porte bleue faite en bois massif, je l'ouvris et j'entrai dans la tourelle.

 

Le lendemain, je m’éveillais les yeux pleins de soleil. Un soleil qui entrait par la fente du volet. Le faisceau lumineux et doré me faisait penser à la baguette magique de la première fée, une fée blonde diaphane vêtue d'une robe bleue. Je l'avais déjà rencontrée lorsque j'étais petite fille et que j'allais en vacances au bord de la mer chez mes grands-parents. Elle a traversé ma chambre sans me regarder et ses pieds semblaient ne pas toucher le sol, elle flottait. Sous mon lit il y avait une lueur rouge pourpre comme un point et j'entendis une voix caverneuse. Cette fée n'était pas libre et elle appartenait à cette voix de dessous le lit.

A six ans, moi Aura, je m'étais déguisée en fée bleue pour le carnaval de l'école. Une fée médiévale. J'étais coiffée d'un hennin. Ma maman Sandra m'avait maquillé les yeux de bleu: mascara et crayon. Et elle me mit de la poudre de riz à l'aide d'un pinceau. C'était ma première fois avec le maquillage. Ma maman Sandra et mon papa Patrice et moi Aura étions allés chez la costumière. C'était une roulotte ronde en bois. Maman a été attirée par la robe médiévale bleue avec des manches évasées. Je voulais celle-ci moi aussi et mon papa aussi.

 

Magie notre sorcière bien aimée, fée de ménage qui a l'âge d'être une mamie pour moi (même si ma mamie Marthe était plus âgée) avait dépoussiéré les meubles. Magie avait l'âge de se reposer mais elle travaillait encore un peu car sa pension de retraite était maigre. L'armoire à glace, ainsi que la bibliothèque et les étagères sentait la cire d'abeille et brillaient. Je mis la cafetière en route(c'était la petite cafetière noire de mamie qui était fragile mais rapide) et c'était encore le café que ma mamie s'était achetée «carte noire, café-intense, issu de l'agriculture biologique». Ma grand-mère Marthe était insomniaque. Elle buvait du café lorsqu'elle se levait à quatre heure du matin et une autre tasse après sa petite sieste. Les gens qui ne dorment pas assez ne sont jamais réveillés. C'est un peu comme les fantômes entre deux mondes. Je me demande ce qui a pu la hanter à ce point? Est-ce qu'elle s'en souviens...Nerveuse, elle n'était pas en paix.

Alors que je buvais mon café à la table de la cuisine, je notais mon rêve dans mon journal de rêves. Dans la partie de maison de ma maman, la radio était allumée. Une petite radio rétro dans sa cuisine qui était celle de ma grand-mère. La voix de Grace Jones flottait. Je pensais à la fée africaine et à son oryctérope. L'oryctérope est plutôt l'animal totem de mon ami Jonathan poète/archéologue, il avait été professeur de lettres et de latin. J'utilisais mon tarot des fées puisqu'elles semblaient vouloir me parler ou me redonner du baume à l'âme. J'ai eu la fée Babouchka dans mon tirage. La carte représente une jeune femme tenant sa poupée dans ses bras. La fée babouchka est une fée russe. Cette lame parle de la famille, du foyer familiale, de maison de famille, mais aussi d’héritage ou de transaction immobilière.

 

Dans la bibliothèque de ma grand-mère, je retrouvais mes livres de lecture, celui pour les CP Dame Coca qui vit avec son chat dans une cabane construite dans un bananier, elle est très coquette... Ainsi que Comme un livre pour la classe de CE1, la couverture est illustrée par Le ballon de Felix Vallotton. Dans cette bibliothèque, il y a aussi les livres de lectures qui appartenaient à ma grand-mère institutrice. Celui de la classe préparatoire à la couverture rose avec l'histoire du petit chacal. Mais aussi Le Tour de La France par deux enfants. Je rejoins ma mère Sandra dans sa cuisine avec les livres à la main. De toute façon Blanche grattait à la porte pour entrer chez moi. Je caresse la féline qui se frotte à mes chevilles et miaule. Ma maman m'explique que sa grand-mère Lucie(sa grand-mère paternel) lui faisait lire des passages de ce livre assises dans les champs en gardant les chèvres. J'avais vu la photo de Lucie, elle ressemble beaucoup à ma maman dans sa façon de se tenir. Elle est coiffée d'un chignon elle aussi.

 

J'écris un message sur l'ordinateur à mon ami Jonathan pour lui raconter mes rêves. Ce n'est pas la première fois que des fées ou des licornes apparaissent dans mes rêves. Il y a un mois, je rêvais de petites fées comme des lueurs, des petites lumières autour de mon visage. C'était apaisant. Je n'avais pas encore emménagé chez ma mère, dans la partie où habitait ma mamie. Ma grand-mère Marthe est morte il y a peu de temps. Maman Sandra me fait de l'espace, ôte certaines affaires qui appartenaient à mamie. Nous réaménageons le lieu et nous faisons quelques petits travaux afin que je me sente chez moi.

Je cherche le mot fée dans le livre des rêves, je lis: L'envie de changer rapidement sa réalité. Chance. Bonheur en amour. Une femme protectrice ou encore Le besoin de se reconnecter à son enfant intérieur.

 

Je me demande comment elles s’appellent? La troisième fée pourrait s'appeler Aura comme moi car elle me ressemble tant et la première aussi puis-ce que j'étais une fée bleue au carnaval de l'école. La fée bleue est moi lorsque j'étais petite. Petite, je n'étais pas encore brune, j'avais les cheveux blonds. Et la fée noire qui est-elle? Je me souviens du livre La Belle Rochelaise dans la bibliothèque de mes parents. Un livre que je n'ai jamais lu mais qui raconte, je crois, l'histoire d'une esclave noire. Elle n'est peut-être pas africaine. Peut-être est-ce une afro-américaine? Une amérindienne? Je ne le sais pas. C'est l’oryctérope qui est une espèce originaire d'Afrique. Je crois qu'il ne sort que la nuit, vît dans les galeries et mange des fourmis. Il a un excellent flair. Mais il pourrait vivre ailleurs...D'ailleurs des gens de ma famille vivent en Amérique.

Pourquoi Aura la fée gothique me reproche de ne pas avoir évolué? J'ai toujours été assez sévère envers moi même. Les deux premières fées sont petites, la troisième est de grande taille. Je n'ai plus les cheveux blonds. Le bleu est une couleur douce pour les enfants alors que le noir me rend féminine, plus sombre, plus sobre, plus élégante.

 

Je prend un bain avant d'aller à ma leçon de chant. Je ne chantais plus depuis longtemps. Je n'avais plus de voix...Et plus envie. Je prend un bain aux chandelles. J'ai mis des huiles essentielles dans l'eau: amande douce et lavande, ainsi que du sel marin. Dans la transparence de l'eau des écailles argentées apparaissent sur mes jambes...jusqu'au nombril. Et mes pieds sont palmés. J'hésite un peu à ôter ce bouchon en liège.

Notre maison familiale n'est pas celle de mon enfance. Mes grand-parents vivaient au bord de la mer d’Atlantique, la maison était agrippée à la falaise. Du jardin, face à la mer, on apercevait les îles: île d'Aix, île d'Oléron, l'Île Madame, le Fort Enet et le Fort Boyard. Les vagues frappaient les rochers. On descendait à la côte par un escalier abrupt en bois. Mes parents ont loué beaucoup de maisons et nous avons beaucoup déménagé. Mais il y a une maison en Creuse que j'aimais, on a habité là-bas assez longtemps, elle était cernée par la forêt.

Cette maison où je suis à présent, a été acheté en 2014, c'est une charentaise, la prairie est une presque-île, entourée d'eau des bras de la boutonne. Il y a un saule pleureur torsadé très ancien digne des contes de fées,une balançoire suspendue à sa branche, des fraises des bois, des rondes de cyclamens et des demoiselles(petites libellules colorées qui flottent au dessus de la rivière)...Si je me laisse m'écouler par le siphon parmi l'eau puis-je redevenir immatérielle? Une fée? Redevenir l'aura d'Aura?

Une coquille Saint-Jacques cache mon sexe. Mes cheveux semblables à des algues veulent me lacérer le cou. Tout mon être semble être attiré par la destruction, le trou noir dans l'espace, celle qui broie du noir et ses étoiles...C'est aussi une porte dans la voie lactée et la promesse d'une métamorphose.

Ma maman, ma mamie et moi sommes venues habiter ici en 2014. Mais un an plus tard je suis allée vivre seule en ville pour voler de mes propres ailes. Ma mamie était déjà veuve depuis longtemps. Papé est mort d'un infarctus, ou plutôt comme des cailloux dans le sang, des cailloux de sang.

Il y avait eu un raz-de-marée à Aytré, un village voisin à chez elle, les habitants de ce village furent relogé après le sinistre car ils étaient en zone inondable, c'était trop risqué. Mes grands-parents eux même on déjà été victimes d'inondations lors de tempêtes. La tempête 1999 avait été un choc pour eux. Alors elle a vendu. Ma mère et ma mamie ont cohabité ensemble car ma maman voulait retourner vivre à la campagne, faire du jardin mais elle n'avait pas les moyens de louer une maison en Charente-Maritime et ma grand-mère avait besoin d'aide comme elle était âgée. Ma mamie Marthe est décédée il y a peu de temps. Je reviens vivre ici. C'est différent d'avant car je m'installe dans le logement de ma grand-mère. Mais ma maman va être obligée de la mettre en vente car il y a trop de frais et elle n'a qu'une petite retraite. En attendant on s’entraide et je lui verse un petit loyer pour participer aux frais. Ma mère souhaite me faire hériter de son vivant, elle souhaite acheter deux petites maisons dont l'une pour moi, je rêve d'une petite maison à l'orée d'un bois afin de disparaître.

 

Je sors de l'eau en larmes. Je m'habille d'une robe noire. Je lisse mes cheveux et accroche ma fleur violette en tissus. Je me parfume de l'eau de toilette Angel. J’enfile mon long manteau noir bien chaud et mes bottines. Dans mon cartable il y a mes partitions de musique. Je vais au conservatoire rejoindre Cécilia ma professeure de chant.

Lorsque je sors de la salle de musique, je flâne dans les rues médiévales de la petite ville. Les rues sont illuminées par les décorations de noël. J'entre dans la librairie. J’achète un recueil de poésies de Marceline Desbordes-Valmore. Je cherche une carte postale pour Jonathan même si je sais que je ne vais pas le voir ce mois-ci. Je vais parfumer la carte de mon parfum. J'en trouve une recouverte de véroniques bleues, certaines ont des nuances de mauves. Je me dis que cela nous ressemble. Je songe à parfumer la carte. Je lui choisis un livre: L'enchanteur de Renée Barjavel. La libraire me fait un joli paquet cadeau. Je sors de la librairie le cœur léger même si je suis dans l’impossibilité de le voir pour l'instant. Pour le noël de ma maman je songe à lui acheter du parfum. Au salon d'esthétique bio il y en a un à la rose et à la violette. L'apprentie qui s'occupe de moi me fait sentir à nouveau. Je le prend. Elle me fait un papier cadeau de couleur rose.

De retour à la maison, je découvre que ma maman a décoré le sapin et elle a fait un feu de cheminée. Je mets au pied du sapin mes cadeaux.

 

Malgré mon sourire et les apparences, mon cœur est triste. Jonathan me manque et je ne trouve pas d'éditeur pour publier Demoiselles. Mon éditeur habituel ne veut pas publier ma poésie...

 

Je fais un mauvais rêve durant la nuit, je rêve de ma sœur jumelle de cœur liée par le ciel, elle m'avait dit qu'elle est un peu sorcière(si on lui fait du mal volontairement cela se retourne contre l'autre sans qu'elle le souhaite elle même)...Dans ce rêve, cette sœur est fâchée après moi. Ce rêve est terriblement douloureux. Je n'ai pas de nouvelles de cette amie de fac. Nous nous étions disputées car elle voulait me changer...Elle ne me comprenait pas. J'ai le sentiment que dés que j'aime beaucoup une amie, je me dédouble...Ce n'est pas que je soi envieuse ou jalouse, au contraire...Mais ma personnalité change et disparaît derrière une autre, je deviens comme elle. C'est assez étrange. Lorsque j'ai été agressée elle ne m'a pas soutenue. J'admirais cette amie car elle avait un visage d'enfant, très angélique. Elle était mélancolique et écrivait dans son blog de jolis poèmes.

 

Lorsque je me réveille en sursaut , j'écris un mail à mon éditeur. C'est une lettre d'Adieu et je joins avec mes manuscrits.

 

Cher Xavier,

Pardonnez-moi mais je vous dis Adieu.

Je prend le soin de vous envoyer les trois manuscrits...Je ne trouve pas d'éditeur.

Personne ne me prend au sérieux dans le cercle très élitiste de la littérature et même ma propre famille ne me lit pas .

Je compte sur vous pour que mes amis puisse me lire (à peine 5 exemplaires de chaque suffit, un de chaque pour Jonathan et quelques un pour notre cercle littéraire), ainsi je laisse une trace de mon passage. Mon existence a tout de même eu sa raison d'être...et l'amour que je portais à mes muses ne m'a pas rendu très heureuse mais m'a fait parfois écrire.

Je n'arrive plus à écrire depuis quelques temps. Alors ma vie n'a plus de sens.

Je vis sans affection, en plus j'ai l'impression de décevoir Jonathan.

j'ai un mal être dans mon corps.

Je me déteste et je m’écœure.

Je ne peux plus supporter d'exister et je veux me cacher.

C'est douloureux de vivre.

Je vous remercie d'avance de diffuser aux miens mes livres afin qu'ils me lisent pour toujours...

Adieu

Pardonnez-moi

Aura

 

Je suis dans le noir. Je n'allume pas la lumière. Je reste en longue chemise de nuit blanche. Je fais couler un bain, un pied dans l'eau comme un pied dans la sépulture. Puis je m'allonge dans l'eau. Quand l'eau arrive à ma poitrine, j'ôte le petit bouchon en liège...mes écailles scintillent. Ma robe ressemble à une méduse qui se déforme. L'eau entre dans ma bouche. Mes poumons se remplissent d'eau. Petit à petit je me sens m'en aller, je m'écoule...C'est un toboggan. Ce siphon m'avale et je tournoie. Je vois la lumière au bout. J'ai traversé la boutonne émeraude entre les éclats d'eau et de lumière...

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 16:21
Rendez-moi mes ailes

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 16:20
je pleure de par les ailes

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28 novembre 2020 6 28 /11 /novembre /2020 09:56

La grande canidé si blanche.

 

Pourquoi pleures-tu petite?

 

Grand-maman t'aura conter l'histoire au sujet de

La Ganipote et nous nous apprêtons à fêter le solstice.

Maguy la dame de ménage a balayé la maison ce matin,

Nous avons enfilées nos robes noires , et nous avons allumées

chaque chandelles, ce sont des cœurs pourpres,

comme les cœurs pourris des morts, mais ce sont

les «nôtres» alors nous les aimons.

 

Des chandelles, une dans chaque betteraves évidées,

Semblables à des cœurs de biches.

 

Les betteraves en Saintonge éclairent les potagers et

les maisons, on fait aussi des feux de cheminé et l'on

se tient si proche des lampes à pétrole la nuit de la

Samain car l'on craint la Ganipote.

 

Grand chien blanc fantôme qui vît sous la terre

et ne sort que la nuit de la Samain, la bête craint la

lumière.

 

On peut l'entendre aboyer et chanter sous la lune

Mais on peut la confondre avec d'autres chiens.

 

Mamie au ciel protège moi!

Papa au ciel protège moi!

Descendez du ciel et venez partager

un repas et buvez un peu de vin,

parmi nous, nous les vivants,

et que les anges protègent ce foyer!

 

Nous avons préparé une soupe au potimarron,

et fait cuire des châtaignes au feu de bois,

Ce sont des mets de saison et le vin est d'ici.

 

La maison en Saintonge est cernée

de champs battus par les vents, le corbeau

perché sur la croix inclinée croasse et moi

je crois qu'une lueur dans un cœur peut

suffire à éloigner La Bête.

 

Loup notre brave chienne saura nous prévenir

si quelque chose rôde, Loup a du flair.

 

Alors que nous dînions avec les fantômes,

Ils étaient assis en transparence sur les chaises en osier,

fins comme du papier, les dossiers de chaises effleuraient

presque la table en bois massif,

un chêne découpé dans sa longueur.

Un bruit nous surprit et nous fit tressaillir,

c'était un bruit un peu métallique.

Loup grogna...Et les «esprits» se dissipèrent.

Les nuages s’éloignèrent de table et les formes

de nos défunts se mirent, craintifs, au coins

des murs et sous les meubles...

 

Ma mère tourna le loquet de la porte,

Elle grinça, au seuil les croquettes

étaient renversées et sous la gamelle

il y avait un hérisson en boule, Loup se

piqua le museau.

 

Les lueurs dans les betteraves faiblissaient

et le vent soufflait un peu trop, est-ce que la

peau des betteraves suffissent contre le souffle

qui veut réveiller ta peur, elles qui veillent sur

celle-ci, ta peur, les chandelles, tes croyances,

ta peur, les chandelles veillent sur celles ci.

 

Loup avait une forte odeur de chien mouillé

et lorsqu'on ferma la porte, les fantômes dans

des formes du nuages blancs se remirent à table

La table trembla un petit peu...

 

Dans le noir je sais,

dans le noir je vois,

dans le noir je perçois,

le rayon de lune aveugle

tes yeux/la vérité dans

le noir j'ai mon flair.

La grande Canidé si blanche

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21 novembre 2020 6 21 /11 /novembre /2020 14:17
Les Métamorphoses, Animaux

Animaux est un bestiaire qui peut évoquer les cabinets de curiosité. Ce sont des animaux surnaturels mais qui semblent vraisemblables tant l’auteur les décrit avec précision. En effet l’écriture n’est pas celle des contes mais plutôt celle des sciences naturelles. Il y a des animaux forestiers et d’autres sont aquatiques.

Cela me fait penser un peu à un grimoire de sorcier. L’auteur parle de certaines pratiques un peu païennes car certains animaux mi-végétaux, mi-minéraux ont  des propriétés ou des vertus. Les animaux décris par Etienne Ruhaud sont le monde « des petites bêtes » grossies au microscope (ils sont de taille monstrueuse à hauteur humaine), c’est un monde assez cruel et morbide, les animaux sont assez répugnants et malsains. La nature y est extrêmement hostile. Cela me fait penser au dégout de Baudelaire pour la nature. Ce recueil pourrait être une sorte d’abécédaire, où chaque espèce est décrite en quelques mots, une espèce par page, les noms sont assez poétiques : Les Bôlces, Les Braïans, Les Kabutos…D’autres noms sont  connus, plus familiers comme Les Dragons, Les Cèpes, Les Centaures, Les Scorpions, Les Lunes, Les Baignoires, mais la plume d’Etienne Ruhaud les a réinventés. Ils nous sont faussement familiers. Les dragons ne sont pas ceux de nos livres d’enfants, ils sont moins merveilleux, le monde d’Etienne est désenchanté.  Nous sommes téléportés dans un étrange monde qui semble si  proche du notre. Nous ne savons pas de quel côté du miroir nous sommes. Est-ce l’univers d’un rêve Lovecraftien ? Ou bien la métamorphose de Kafka ? Quelles sont les angoisses qui se cachent derrière les métamorphoses? Tous les animaux apparaissent écœurants mais ce sont aussi des formes très diverses de « Vampires », ils sont vampirisant.

Les humains sont en arrière-plan. Des peuples qui semblent primitifs avec certaines pratiques magiques qui ne sont pas sans évoquer le chamanisme. La nature fait loi même si l’homme s’en défend ou cohabite tant bien que mal et en tire parfois profit. Si les animaux sont décrits avec une extrême précision, l’univers fantastique (ou de science fiction) qu’ils entrouvrent est assez flou. Etienne a su préserver le mystère. On peut songer à un monde du futur, quelques décennies après une catastrophe nucléaire où des animaux auraient pu muter et où la civilisation humaine est redevenue sauvage et s’est adaptée.

Je parle de populations humaines mais ce sont peut-être d’autres peuples plus lointains. On peut s’imaginer sur une autre planète, dans une autre galaxie, semblable à la notre.

La couverture est joliment illustrée par une encre en couleur de Jacques Cauda, un animal étrange légèrement flouté, dilué. Cela m’a rappelé les estampes (qui sont moins connues du grand public que d’autres œuvres) de Salvador Dali : des animaux un peu enfantins, aux couleurs pastelles, les contours estompés d’eaux. Il y a deux autres encres en noir et blanc dans ce bestiaire.

 

Note de lecture par Prisca Poiraudeau écrite 21 novembre 2020.  

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27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 13:38
Enlevée dans son sommeil

Enlevée dans son sommeil

 

Endormie dans un lit de plumes,

Dans sa chambre chez sa grand-mère,

Elle fût enlevée dans son sommeil

Par des gnomes de jardins

passés par la fenêtre...

 

La souvenance des rêves fût

si douloureuses, elle ne voulait

pas revenir à la terre,

Le lit bateau aurait pût flotter

sur l'Atlantique, les voiles

transparentes se gonfler

dans l'espace.

 

Les nuits furent si agitées,

Qu'elle ne voulait pas revenir à la terre,

S'agrandir dans le jardin.

 

Elle demanda à une phalène

de lui redonner sa miniature

et une paire d'ailes.

 

Les pâquerettes s'étaient grandies,

et les petites feuilles d'érables,

encore vertes fluorescentes

Valsaient dans sa parfaite respiration.

 

Elle aima s'endormir entres les lames

de son oracle et rêver de petites fées

translucides autour de son visage,

elles avaient une aura verte

de luciole ou peut-être bleu.

 

Ses souhaits dissimulaient à

peine sa fascination pour les trous

noirs...Elle avait hontes de

ses rêves et sa marraine la fée lui

disait que cela l'éloignait d'elle-même et elle

fut enlevée dans son sommeil mais ce

ne fût pas par son propre désir.

 

Elle fût enlevée dans son sommeil,

par des gnomes pour être déposée sur la terre.

 

A l'endroit même où elle avait posé

sa question. C'était durant une balade,

son jeu éparpillé sur l'herbe.

 

Sa frayeur

parlait de métamorphose,

d'ailes trop fragiles qui

se déchiraient au

sortir d'un cocon.

 

Les petites feuilles d'érables, alignées en sphère,

Les autres à l’arrière, comme les strates

que sa respiration feuilletait.

Un balancement du bas vers le haut,

de la droite à la gauche et l'inverse

mais toujours en ronde.

 

Mais ce daim qui bondissait

l'avait réveillé en sursaut,

dans la nuit.

 

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9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 08:31

La tristesse se lit sur elle,

Elle est une absence,

Comme un être fatigué,

Mais à une soirée personne

ne lit dans les âmes et dans

les yeux, sauf sa jeune amie,

La discrétion est son habit pour elle,

Son habit habituel, peut-être pour

cela qu'ils ne savent pas lire ses jours

de nuits et ses jours de clartés. Cacher

ce que l'on ressent. Être là, être loin à

l'intérieur, en son cœur. Les cristaux de

la couleur du rubis sont en dedans

autant de lames miniatures qui

transpercent la peau l'air de rien,

La jeune amie voudrait déposer

des petites plumes sur les blessures.

Âme naïve car si pure, pure mais négligée

Car elle ne s'aime pas alors les autres ne la

respectent pas...Ils ne voient pas sa vraie

beauté...Le corps des femmes sont des

montures, sont-elles toutes des apparences,

des surfaces d'eaux où sont réfléchies

leurs désirs, sous l'eau il n'y a rien

Comme si c'était un écran,

Elle est pourtant incarnée,

de glaise et de sang,

Elle a froid mais son cœur

bat derrière ce visage

qui ne veut rien exprimer.

 

Lors d'une soirée

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8 octobre 2020 4 08 /10 /octobre /2020 11:19
l’éternelle mélancolie

D'où vient ma tristesse?

Porter en soi une mélancolie à vie

C'est être déjà un fantôme.

Suis-je juste trop émotive?

Où suis-je la somme de mes chocs?

Les deux se mêlent...Ou des déceptions

qui réaniment les stigmates.

 

Les idées noires ne me quittent pas,

c'est un paradoxe, quand on a de l'espoir

et quelques envies, comme cheminer avec

une plume sur un papier. Où se ressourcer

dans la forêt.

 

Je ris, je pleure, puis

je ne ressens plus rien.

 

Je me sens inutile,

Je ne veux plus exister.

 

Cacher moi derrière l'invisibilité.

 

Je veux être anonyme.

 

Je vis dans mes rêves

mais ce rêve m'est inaccessible,

L'aile coincée dans la glace

C'est une beauté fragile.

 

Quelle extrême vulnérabilité humaine!

 

Avec une amie de balade

J'ai un sanglot, quand je réalise

ne pouvoir exister que dans le monde

des rêves...

 

Et lorsque les muses m'abandonnent

à mon sort, c'est la chute.

J’attends des mois qu'elles reviennent,

Pour faire stopper hémorragie à

l'encre de mon sang.

 

On pense que je peux guérir,

Mais je ne peux pas, je suis fêlée

de l'intérieur, je ne veux pas

qu'on docteur me change, je

veux juste cheminer:

Sous la lune d'automne,

Des jours qui déclinent.

C'est déjà tant.

 

Peut-être mes mots

parleront à un passant,

qui porte le lourd fardeau,

de l'éternelle mélancolie.

 

On veut sublimer la tristesse,

Mais il y a des souffrances qui

sont inutiles et ne servent qu'à la

destruction de soi...

 

Ceux qui se sentent mal aimés,

où ne s'aiment pas assez

ou porte des culpabilités

Possèdent des miroirs déformés,

des lumières inversés qui passent

par les filtres des vitraux...

Ils agissent en fonction de leurs

réalités qui leurs font écho.

 

Une cathédrale en soi,

Est inversée.

 

Un rouage est engendré,

Le mécanisme est de l'envers.

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  • : Mon univers sombre et féérique...Je m'appelle Prisca Poiraudeau,une rêveuse gothique, je suis passionné d'art...
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