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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 15:55
Transparence

Tu n'as plus de secret pour moi

 

Je suis une fille de la nuit

Je danse en robe noire

Je suis transparente

Mon cœur émeraude

saigne à flot au milieu

de mes seins.

 

Je n'étais pas faite pour être sage

 

Je me sais observer

Je ressens son désir

j’embrasse ma peur

sur la bouche.

 

Je sais qu'il me sait perdue

et c'est ça qui le touche...

 

J'approche de briquet

de mon essence.

 

Ma fleure est déflorée.

 

Je n'étais pas faite pour être sage,

 

Je ris à gorge déployée

Je bois une gorgée à mon calice

 

Tu sais que je ris et je danse

en ayant les yeux tristes...

 

Je danse en robe noire

Je chante en robe noire

Possédée par la musique

 

Je suis un chat émotionnel

Je veux juste oublier

comme je suis triste

 

et ma voix à ce petit

vibrato-ému

C'est étrange comme le beau

Surgit de la noirceur:

 

C'est une phalène.

Une scintillance

dont le rayonnement

peut s'agrandir.

 

Une fille danse avec la mort

avec un squelette

Mais avant de mourir,

il faut tellement ressentir

de tout son être.

 

Je n'étais pas faite pour être sage

 

Tu n'as plus de secret pour moi

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14 mai 2021 5 14 /05 /mai /2021 13:22

 

Il fait nuit

 

Comme d'habitude...

 

A bord de ma voiture,

Je suis filante.

 

Les lumières de la ville,

Sont autant d'étoiles,

 

Au loin,

Au loin.

 

Des sœurs étoilées

Comme la rosée

disparaît sous les

doigts.

 

Si je suis émerveillée

Demain je le sais,

je pleurerai...

 

Autant de larmes

Scintillent dans la nuit.

 

Des villes

si lointaines.

 

Les chevaux ailés

de ma voiture rétro,

S'envolent.

 

Je me suis aperçue

Dans les airs,

reflétée sur un lac

troublant les cygnes.

 

Mon corps/épave marine,

En étoile, sur le bord du chemin.

 

Des fleurs pourpres, au bord

de la route,

sont dans le prolongement

de mes bras, de mes mains,

paumes contre ciel.

 

Elles pleurent

Les effleurer

c'est les effacer.

 

Pourquoi je suis filante?

 

Parce qu'il n'y a que l'intensité

qui me fait ressentir,

que j'aime.

 

Parce que j'ai eu des frayeurs,

que je souhaite oublier.

 

Et je suis morte,

en dedans moi.

 

 

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 17:27
Filante

Il fait nuit

 

Comme d'habitude...

 

A bord de ma voiture,

Je suis filante.

 

Les lumières de la ville,

Sont autant d'étoiles,

 

Au loin,

Au loin.

 

Des sœurs étoilées

Comme la rosée

disparaît sous les

doigts.

 

Si je suis émerveillée

Demain je le sais,

je pleurerai...

 

Autant de larmes

Scintillent dans la nuit.

 

Des villes

si lointaines.

 

Les chevaux ailés

de ma voiture rétro,

S'envolent.

 

Je me suis aperçue

Dans les airs,

reflétée sur un lac

troublant les cygnes.

 

Mon corps/épave marine,

En étoile, sur le bord du chemin.

 

Des fleurs pourpres, au bord

de la route,

sont dans le prolongement

de mes bras, de mes mains,

paumes contre ciel.

 

Elles pleurent

Les effleurer

c'est les effacer.

 

Pourquoi je suis filante?

 

Parce qu'il n'y a que l'intensité

qui me fait ressentir,

que j'aime.

 

Parce que j'ai eu des frayeurs,

que je souhaite oublier.

 

Et je suis morte,

en dedans moi.

 

 

 

 

 

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 12:43
Elle pleure sur mon âme

Dans une photo,

D'un reflet d'eau,

D'un charmant endroit,

Une fée mauve,

M'est apparue

 

Et la mariée qui s'est noyée...

 

C'était la balade du chat,

Avec sa maîtresse,

Dans le jardin bordé

De bois et d'eau.

 

"Nous allons vous quitter

Et la maison,

J'en suis triste.

 

Je souhaite une paire d'ailes,

Et une baguette, pour transformer

Ma vie...

 

Elle pleure sur moi,

Ça fait des ronds dans l'eau,

Sur mon âme,

Et des cercles autour

De ma taille et de mes

Chevilles...

 

Je souhaite une clef,

Pour habiter quelque part

Dans un endroit que j'ai rêvé,

Que j'ai espéré...

 

Sans la chagriner,

Sans l'abandonner,

Mais je veux voler

Briser les cercles.

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 22:44
La naissance de Centaurelles et Rock'n'roll

Parution de mes Centaurelles chez Unicité !

« Les Feuilles mortes ne sont pas mortes mais depuis elle a tant besoin de toi …»

Il m’a écrit cela au beau milieu d’un rêve…

Alors que je m’endormais, entre rêve et éveil j’ai vu les feuilles mortes tourbillonner devant mes yeux.

Puis j’ai fait d’étranges songes la nuit, c’était en automne…

Il y a eu un meurtre dans la forêt où je me baladais.

Où je me promenais même la nuit, il y a même un château et des écuries.

Ce fait divers m’a effrayée mais m’a fascinée : cela m’a fait écrire un récit onirique vécu de l’intérieur : c’est le miroir d’une autre histoire.

Une autre voie dans la forêt.

Là où les dangers ne sont pas que des chimères.

Il s’agit d’une histoire habitée à la semblance d’un rêve éveillé.

L’écriture s’accompagnait de musique : une ballade sombre et boisée,

Un peu Rock’n’roll…

La centaurelle, mi femme, mi cheval, est un alchimiste dans ce conte initiatique à l’image de la corne de la licorne qui purifie l’eau et le vin de la couleur du sang.

Prisca Poiraudeau est une auteure qui écrit des récits fantastiques et qui peint. Elle habite à la campagne dans le Poitou-Charentes et vit avec ses animaux. Elle est publiée depuis 2014.

Disponible sur le site de l'éditeur Unicité et bientôt sur amazon etc... On peut le faire commander en librairie aussi.  

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 22:34
Phalène de maison

 

Une phalène virevolte devant les vitraux,

Au delà il y a la lune,

Berceau de lumière.

 

Chez soi ça ne serait pas si mal

Mais le chagrin inconsolable

d'un autre est un vampire.

 

Qu'une consolation

est un puits sans fond

 

Le vin est un vampire,

Il infuse sa haine dans

ses veines et elle voit la

vie en pourpre, sans voir

son enfant la phalène.

 

Une phalène rêvant de pureté,

bat des ailes devant les fenêtres fermées.

Elle ne veut pas rêver, ni même s'endormir.

 

Il lui faut s'évader.

 

Si un autre est à fleur de peau,

Il lui faut alors, elle, s'effacer.

 

Les larmes effacent les mots

La douleur éloigne de l'âme,

et des amis...

 

Sans la lumière à la fenêtre,

Personne ne sait...

 

Une maison devient cachée

Cernée de grosses pierres

Où les combats sont à l'intérieur,

Et Personne ne perçoit

Les sanglots d'une phalène,

ni de celle qui a noyé son chagrin

et sa colère en buvant.

 

Ce qui déchire l'âme ne sont pas des paroles,

Des éclats, ce sont bien des silences et

des attitudes dramatiques qui reviennent

Comme une comédie de marionnettes

et c'est toute la mélancolie et la haine qui

s'y infusent...

 

L'ange ailé serait un chat qui parle:

"Je pris la licorne,

De purifier cet aquarium,

où subsiste deux âmes..."

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2 février 2021 2 02 /02 /février /2021 14:09
GEORGE H. SEELEY, "Black Bowl", 1907

GEORGE H. SEELEY, "Black Bowl", 1907

Le puits

 

Je veux ressentir quand

je m’aperçois dans un écran

a jouer dans ma vie.

 

mes émotions dorment

dans un puits mais un chien

blanc lape l'eau des rêves.

 

Je veux voir des chandelles

même dans un reflet,

Je veux que le tourbillon

soi mon carrousel,

ma danse sur

une chanson

de music box.

Mon disque,

sur l'eau noir.

 

L'ange m'ouvre la porte,

Ma voix d'eau tourbillonne

doucement, l'écho m’enlève

Vers les abysses,

 

Dans sa robe déchirée

Que de rêves défaits

faits en toile d'araignée.

 

Au delà l'eau,

il y a peut-être toi

dans une forêt,

au delà l'eau,

écris moi des

chansons...

 

S'il te plaît...

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1 février 2021 1 01 /02 /février /2021 19:22
Le lit bateau (suite et fin)
Le lit bateau (suite et fin)

*

Rosalie se parfume chaque jour de La Forêt enchantée: le présent du fantôme de Rose.

 

Dans les albums photos elle retrouve le portrait ovale de Rose: Une jeune fille au visage rond coiffée d'une couronne de tresses. Elle est élégante. Elle ressemble déjà a une femme. Elle paraît songeuse. Il y a une tristesse dans le regard. Les enfants d'autrefois n'avaient pas le temps de rester des enfants.

Il y a aussi des photos de classes. Rosalie reconnaît sa maman: sur l'une d'entre elles: Maud est beaucoup plus jeune que les autres enfants. Elle a les cheveux mi-longs, elle a un ruban dans ses cheveux, et elle est auprès de sa maman institutrice.

Sur une autre photographie on voit Élisabeth à son bureau. Une plume dans l'encrier. Un grand cahier ouvert...Une pille de livres à gauche. Un tableau noir derrière elle. Une grande règle et une équerre accrochées au mur, à droite du tableau.

Élisabeth paraît épanouie dans son travail. Elle est souriante et elle semble dynamique.

 

Un soir, dans la pénombre de sa chambre, Rosalie tente de refaire marcher l'appareil qui lit les diapositifs. C'est l'ampoule qui ne fonctionnait plus. Mais par magie l'appareil s'enclenche avec un léger grésillement si singulier comme dans une salle de cinéma d'autrefois: c'est le bruissement de la nostalgie. C'est un rouage qui s'engendre, une rotation, le roulement d'un voyage dans le passé. La poussière en suspension est dorée dans le faisceau lumineux. Ce faisceau lumineux éclaire son profil: son ombre se projette entre le mur et l'écran. Rosalie introduit les bandelettes d'images, elle choisit la boite où il y a écrit Rose dessus: dans chaque boite il y a des séries plus ou moins longues. Peu de souvenirs concernant Rose. Rosalie replace l'appareil et fait quelques réglages afin que les images apparaissent droites et qu'elles soient projetées sur l'écran.

 

Rose apparaît de dos dans une prairie au côté de deux chèvres. Elle a les cheveux détachés et porte une longue robe assez simple. Plus loin on devine une maison un peu caché par un chêne qui semble très âgé.

Sur la suivante, elle est de profil dans la prairie et elle caresse le museau d'une chèvre et elle est à l'ombre de ce gros chêne.

Sur une autre diapositif, on voit Rose au côté d'un jeune homme. Il a un visage fin comme ceux des jeunes filles mais il semble très grand et il a un corps athlétique. Son visage fin, ses cheveux clairs, son regard un peu perdu dans le lointain lui donne un air angélique. Ils sont assis contre le chêne. Les deux chèvres apparaissent de dos et elles broutent. Leurs petites queues évoquent celles des daims. Sur cette photo on perçoit l'innocence de ces deux jeunes gens. Rose apparaît plus insouciante. Elle semble moins songeuse que sur le portrait ovale de petite taille. Sur le portrait ovale l'inquiétude qui la ronge l'a fait paraître plus âgée. Alors que sur cette diapositive ce sont deux enfants. Les photos ne sont pas datés mais Rosalie imagine que le portrait ovale a été fait durant la guerre. Alexandre devait être absent. Ses grands yeux noirs(ils sont sombres sur la photographie en noir et blanc alors qu'elle avait peut-être en réalité les yeux noisettes ou bien verts ou même bleus) sont insondables. La photo est très contrastée. L'ombre assombrit le contour des yeux et creuse les joues. Le fort contraste révèle quelque chose de tragique. Il y a une profonde mélancolie. Le sourire de Rose y est un peu triste.

 

Rosalie redécouvre le portrait de Rose mais très agrandie où elle est devant le sapin de noël tenant dans ses mains le flacon délicat. L'ovale de la tête est légèrement incliné, les yeux sont humides comme emplis de larmes: chose qu'on ne perçoit pas sur la photographie de petite taille. Les longues boucles cascadent les épaules.

Sur la dernière diapositif on voit Rose assise dans la cuisine, un chaudron est posé sur le feu dans la cheminé. Il y a sa mère Martha qui pose auprès d'elle, elle est debout. Mère et fille se ressemblent un peu. Même air de famille. Même coiffure: couronne de tresses. Même façon de s'habiller. La mère est juste plus âgée, plus fatiguée et légèrement plus ronde que la jeune-fille.

 

L'appareil revient au début de la série où Rose est de dos dans la prairie auprès de ses chèvres. Elle porte une longue robe de couleur clair sans motif. Les deux suivantes semblent avoir étaient prises le même jour: celle où elle est de profil et caresse la chèvre et l'autre où elle est adossée au chêne avec son ami Alexandre. C'est le même décor, la même luminosité, elle est coiffée de la même façon et porte la même robe. Les deux premières photos auraient pu êtres prises par Alexandre.

 

Rosalie a envie de mettre une autre série d'images dans le rétroprojecteur. Elle ôte la bande d'images pour en choisir une autre. Il y a dans la boite en carton d'autres petites boites de différentes tailles et des enveloppes. Sur l'une des enveloppe il y a écrit photo de mariage d’Élisabeth et de Renaud. Rosalie reconnaît bien l'écriture de sa grand-mère. Une écriture très appliquée mais un peu impersonnelle: celle d'une institutrice. Les lettres sont parfaites comme dans les cahiers d'écriture pour apprendre à former les lettres. Elle aperçoit la première image de mariage mais aussitôt la lampe du rétroprojecteur se brise en petits morceaux- éparses.

 

Elle n'avait donc pas rêvé l'appareil dysfonctionne bel et bien depuis un long moment. Pourtant elle a pût observer les souvenirs qui concernent Rose comme si son âme avait voulu qu'elle les voit.

 

Elle a juste pu apercevoir Élisabeth et Renaud sortant de la mairie. Elisabeth coiffée d'un très long voile transparent. La petite fille Maud qui paraît espiègle sur cette image court après le voile de sa maman et semble vouloir en attraper l’extrémité car cela l'amuse. Il ne traîne pas par terre car un vent léger le soulève. Élisabeth tient dans ses main un bouquet de fleurs.

 

Après avoir ramassé les débris de verre Rosalie décide de s'installer à son bureau. Elle allume sa lampe de chevet et utilise une loupe pour découvrir les autres diapositifs mais c'est peine perdu d'avance, elle ne voit presque rien, ses yeux se fatiguent et elle perd patience. Rosalie ne persévère pas car elle a vu ce qu'elle avait envie de découvrir: la mémoire de Rose. Où des fragments de cette mémoire.

Rosalie ignore si elle peut retrouver un autre appareil pour lire les diapositifs ou faire réparer celui-ci.

 

*

 

Rosalie se contemple dans le reflet de l'eau au fond du puits.

Il y a la voix d'un chien qui semble aboyer dedans.

C'est pour cela qu'elle s'est penchée.

Les pépites d'or prisonnières des pierres scintillent.

Dans ce reflet elle est coiffée d'une couronne de rose comme une jeune fille d’antan.

Peut-être est-ce Rose?

 

Elle appelle: «Rose»

Et l'écho lui répond «Rose» ou bien l'écho la nome ainsi.

Rosalie ne sait plus qui elle est? Rosalie a peur du vide et elle perd l'équilibre.

Elle fait une chute dans le trou noir. La chute lui paraît infinie. le puits semble très profond.

Comment se fait-il que la chute ne la réveille pas?! D'habitude quand elle en rêve elle s'éveille en sursaut à bord de son lit bateau.

L'eau éclabousse en forme de fleur à son contact, la laissant entrer. Rosalie est sous l'eau. Elle réalise qu'elle peut respirer: des branchies s'ouvrent et se ferment au niveau des côtes. Et des écailles argentées apparaissent sur la peau.

Quand elle refait surface un petit chien roux est sur la rive du ruisseau. Elle entend quelqu'un l'appeler. «Pan Perdu où est tu?». C'est la voix d'une jeune homme semblant venir du bosquet d'arbres. Rosalie à l'impression de reconnaître cette voix et de reconnaître aussi cet endroit comme si c'était un lointain souvenir qui se réanimait. Rosalie n'a pas envie d'être vue. Elle se replonge dans l'eau en espérant qu'il s'en aille au plus vite. Elle aurait honte: avec sa peau recouverte d'écailles elle a l'air d'une créature. Pan Perdu est intrigué et le jeune homme à beau l'appeler il ne veut pas s'en aller. Rosalie sort de l'eau et se cache dans un buisson. Elle s'accroupit. Étrangement aussitôt qu'elle sort de l'eau, aussitôt sa peau n'est plus recouverte d'écaille et à la place elle est vêtue d'une longue robe mauve d'un autre temps. Pan Perdu passe sous le buisson en creusant la terre et l'a rejoint. Il lui lèche la main. Le jeune homme qui cherche Pan Perdu s'approche et semble la deviner. Elle frissonne derrière les feuillages. Rosalie le reconnaît. Il s'agit d'Alexandre: le jeune homme de la photo. Alexandre la prend pour Rose.

 

-Rose que fais-tu là?

 

Rosalie est un peu troublée alors elle ne lui dit rien. Elle ne sait plus qui elle est? Même si elle sait qu'elle est liée à Rose. Rosalie se lève et contourne le buisson pour rejoindre le jeune homme. Alexandre porte une fragrance qui ressemble à la senteur des cèdres. Rosalie se souvient que les parents d'Alexandre travaillaient dans une boutique où l'on vend des parfums. La jeune fille suit le garçon et reconnaît l'endroit où elle est allée avec sa mère. C'est la maison où habite Rose. Alexandre lui prend doucement la main et Pan Perdu les suit docilement. C'est étrange de se sentir amoureuse. Elle a des papillons dans le cœur. Rosalie remarque que la campagne est beaucoup plus boisée. Il n'y a pas de grands-champs cultivés. Justes quelques prairies. Ils traversent celle qui mène à la petite maison. La jeune fille reconnaît le chêne de la photographie. Pan Perdu ignore les chèvres et se dirige vers le vieil arbre. Alexandre veut aller à la maison. Par la fenêtre, Rosalie devine les flammes d'un feu de cheminée et une femme s'approche de la fenêtre. C'est Martha la mère de Rose. Rosalie la reconnaît. Martha paraît inquiète. Elle est fatiguée.

Rosalie aperçoit ce puits. Elle le regarde sans rien ressentir de particulier. Pourtant c'est là que Rose s'est tuée. Rosalie, elle, se souvient de sa chute. Ce n'était pas comme le suicide de Rose, pour Rosalie c'est plutôt comme une porte sur le passé.

Rosalie n'a jamais vu Pan Perdu sur les photos et n'a pas entendu parler de ce petit chien. Elle se demande pourquoi il s’appelle ainsi? C'est sans doute un chien qui a été retrouvé vu le nom. Elle décide de le suivre...Car si elle s'écoutait elle irait jusqu'au puits. Elle s'imagine à son rebord, les mains posées sur les pierres, le corps légèrement penché pour deviner sa profondeur et se regarder dans le reflet noir de cette eau. Cela l'effraye et la fascine en même temps. Elle se le reproche car elle pense que c'est un peu malsain.

 

Mais le chien se dirige vers l'arbre alors Rosalie le suit. Un cœur est gravé sur le tronc de l'arbre alors cela l'attire, elle lit les initiales R+A qui entoure le cœur. Elle veut s'approcher et sa main veut caresser ce symbole d'amour mais elle chute dans un terrier.

 

Elle s'éveille en sursaut dans son lit. L'armoire à glace est ouverte.

Était-elle fermée? L'armoire et le lit a été fait dans ce chêne. Est-ce que l'âme de cette arbre veut lui raconter des histoires. C’était un chêne qui veillait sur la maison et sur la famille.

Dans la pénombre de sa chambre elle se devine dans le miroir.

Le tiroir de l’armoire à glace s'ouvre tout seul et une photographie tombe en virevoltant à la manière des feuilles mortes. Rosalie se lève pour la ramasser et allume sa lampe de chevet. Elle voit Pan Perdu auprès de Rose et d'Alexandre. Ils sont à l'ombre du vieux chêne qui semble sage. Rosalie s'assoit sur son lit et retourne la photographie, elle lit: Pan Perdu, nommé ainsi car retrouvé au bord de la route, à l'orée de la forêt.

 

*

 

Tout en buvant mon café j'ai fais des recherches sur internet. Je ne connais pas le nom de famille d'Alexandre. J'ai trouvé une boutique qui s’appelle Féerie d’antan non loin de Rufflec, elle est aussi musée du flacon à parfum(à l'étage) mais ils continuent à vendre de nouvelles fragrances et divers produits de beauté. C'est la famille Davy qui tient cette boutique depuis 1900. C'est une famille originaire d’Amérique. Sur les photos j'ai remarqué son charme d'autrefois. Sa boiserie peinte en mauve, ses miroirs ovales. J'ai recherché l'itinéraire sur Google maps.

 

J'y suis allée. J'ai trouvé facilement à me garer devant. Derrière la vitrine je voyais la gueule d'un petit chien qui ressemble étrangement à Pan Perdu. Un chien roux aux longs poils ressemblant presque à un renard. Un homme âgé d'une trentaine d’années m'a ouvert. Il avait un air de famille avec Alexandre. J'étais troublée. Le chien était particulièrement affectueux avec moi comme si j'étais une personne de la famille.. J'ai failli faire un malaise quand il l'a appelé Petit Pan. Le jeune homme m'a trouvé pâle. Il m'a demandé si ça va?

 

Dans mon sac j'ai mit dans une petite boite en carton Forêt Enchanté. Ainsi que des photographies dans une enveloppe:celle où Rose est devant le sapin de noël et tient le flacon de parfum dans ses mains. Et les deux autres où Alexandre apparaît dessus. Ainsi que la lettre de Rose adressée à Marie, comme une prière où elle parle de son ami Alexandre. Je n'y suis pas allée par quatre chemins: «Je fais des recherche sur ma famille, en particulier sur Rose.»

Je lui ai montré le flacon de parfum Forêt Enchanté. C'est un parfum très rare d’après lui. Il m'a fait visiter le petit musée à l'étage qui est un endroit très délicat. Féerique. On y monte par un simple escalier en bois. Forêt enchanté fait parti de la collection. Sous un faisceau de lumière le flacon étincelait comme un diamant. Je lui ai fait voir la photo de Rose, celle devant le sapin: il trouve que je lui ressemble beaucoup. Lui aussi ressemble étrangement à Alexandre et Petit Pan est semblable à Pan Perdu. Je lui en ai parlé. Intrigué il m'a invité dans l’arrière boutique et m'a préparé du thé. Du thé noir en vrac, à la framboise.

 

Le jeune homme qui tient la boutique s’appelle Alexie! Alexandre, Alexie ça se ressemble. Rosalie, Rose. Petit Pan, Pan Perdu... C'est comme une renaissance.

Alexie avait déjà vu les photographies que je lui ai apporté: elles étaient chez son grand-père John qui est décédé. Alexie était très ému à la lecture de la lettre de Rose. Mais nous ne savons pas quoi nous dire. La réalité dépasse la fiction et ses anciennes histoires sont des drames familiaux que nous portons inconsciemment. Surtout qu'il y a des non dits alors les fantômes restent...Où quelque chose qui hante. Un peu à l'image d'un ancien carrousel, il tourne sur lui même ensorcelé par le son de sa berceuse revenante de music box.

 

Le portrait ovale d'Alexandre (accroché dans la petite cuisine) semblait nous observer avec un regard malicieux. Il avait d'épais sourcils donnant un côté sauvage à se visage doux et fin. Je me suis approchée de plus prés pour l'observer. Le portrait semblait avoir écouté attentivement la lecture de la lettre écrite par Rose. Elle s'adresse à lui.

 

«Qui es-tu par rapport à lui?Murmura Rosalie d'un air énigmatique. Rosalie un peu rêveuse semblait s'adresser à Alexandre mais c'est Alexie qui a répondu à sa question.

-John était le père d'Alexandre mais Alexandre est mort très jeune à la guerre. Il y a des photographies mais papy ne parlait pas.

-Rose s'est suicidée en se jetant dans le puits. Élisabeth ma grand-mère ne savait pas que son père avait eu une sœur.

-Je ne savais pas que Rose s'est tuée. C'est triste.»

 

Un passé persiste dans le présent. Nous sommes nés des fantômes, nous sommes des doubles. Nous sommes semblables a eux mais légèrement modifiés. Un peu comme si le ciel nous attribuait une deuxième chance car quelque chose à été rompu dans le passé. L'amour a été empêché et nous sommes partis trop tôt.

 

Je suis allée avec Petit Pan et Alexie à la maison où vivait Rose.Ce lieu se souvient des amoureux Rose et Alexandre. Et il se souvient de Pan Perdu. Le chêne est coupé mais il y a un singe caché dans l'armoire de mamie. Un singe caché dans le placard est une expression. Une image pour parler des secrets de famille.

 

Peut-être faut-il résoudre l’énigme pour que la famille soit en paix. Je me suis garée devant la maison de Rose, Alexie s'est volatilisé! Pourtant il était assis à côté de moi et nous bavardions. De quoi est-ce que nous parlions? Je ne m'en souviens pas précisément mais nous étions en train d'imaginer la vie amoureuse de Rose et d'Alexandre. Petit Pan était toujours là, assit dignement sur le siège arrière. Alexie n'y était plus. Je l'ai cherché aux alentours de la maison avec Petit Pan. Comme si il avait pu descendre de la voiture précipitamment. Mais je ne l'ai pas cherché longtemps, je n'y croyais plus vraiment et je me sentais fatiguée comme quelqu'un de mal réveillé. J'ai regardé au fond du puits: une forêt y était reflétée mais le jeune homme n'y était pas.

 

Je suis retournée à la boutique, le musée du flacon à parfum était fermé. Il avait l'air fermé définitivement depuis quelques années. Le store métallique était baissé. La devanture mauve était écaillée, les écritures effacées. A travers la vitre je ne voyais rien mise à part la pénombre.

 

Je me souviens que lorsque j'y suis allée avec ma mère le puits était condamné. Je ne peux donc pas y voir de l'eau pour de vrai, je ne peux pas y voir des branchages d'arbres et des silhouettes reflétées.

 

En errance dans mon rêve éveillé j'ai aperçu un reflet de forêt au fond du puits.

Il n'y avait pas l'image d'Alexandre.

La forêt se fait rare dans cette immensité de terres cultivés et de cieux infinis.

La forêt c'est du passé.

 

J'ai ramené Petit-Pan à la maison qui dort avec moi en boule dans le lit bateau.

Il est bien réel. Cette petite boule de poil est toute chaude.

Mon chat Flocon dort en boule contre lui et il souhaite nous suivre dans nos balades mais nous allons si loin que Flocon doit garder la maison.

 

Rose dans le miroir m'a révélé qu'en portant la fragrance j'allais retrouver l'âme d'Alexandre comme une magie. Je l'ai retrouvé mais d'une façon inattendue: Alexandre n'est plus de ce monde. Je n'ai pas retrouvé un amour du passé. C'était juste un flash devant mes yeux. Mais Petit Pan existe. Du mystère demeure mais une âme sombre s'est soulevée au dessus de moi pour rejoindre le ciel. Depuis j'y pense un peu moins. Je connais un peu mieux l'histoire de ma famille, c'est cela l'essentiel.

 

Je m’appelle Rosalie et je me balade avec Petit Pan à la plage.

Petit Pan me vient d'un pays magique, d'un passé, d'une forêt, il ne se souvient probablement de rien mais au fond de ses grandes pupilles noires il y a une mémoire. Petit Pan semble apercevoir des fantômes et les regarde comme si c'était des êtres faits de sang et de chair. Il ne fait pas la différence. Pour lui les apparitions sont naturels et non surnaturels. Ma main porte la bague émeraude de ma grand-mère, je caresse Petit Pan qui vit l'instant présent malgré son regard abyssale. Parfois, au retour d'une balade, Petit Pan retrouve le chat flocon sur le linge dans l'armoire. Petit Pan le lèche pour le réveiller, le chat ronronne. Peut-être ils s'amusent à passer de l'autre côté car l'armoire est magique. Et le lit aussi: mon sommeil y est un peu perturbé et ma réalité chamboulée.

Le lit bateau (suite et fin)
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11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 19:22
Les retrouvailles avec une demoiselle

Je me suis dessinée en demoiselle(avec des ailes et une robe violette) dans les bras de celui que j'aime. Je semble venir des eaux. L’extrémitée de ma robe se confond avec le courant de la rivière dont les vaguelettes forment des tourbillons. L'homme semble être dans le ciel et la retient dans ses bras. On ne voit que son buste. Comme en flottaison.

Il y a un pont de pierres(symbole de communication). Il fait nuit et il neige. Sur le côté gauche il y a une forêt de sapins.

Ce sont des retrouvailles qui n'auront pas lieu ce mois ci. Pas de carte et de petit cadeau. Et pas d'embrassade non plus...

Peut-être qu'un jour... C'est une espérance.

Et une consolation en dessinant les retrouvailles.

Si il la lâche l'eau va l'emporter. Elle va redevenir de l'eau.

Il est dans le ciel comme irréel. C'est une image.

 

Ou bien c'est un amour qui a toujours était seulement spirituel.

 

Ce dessin parle de mes sentiments et de mon besoin d'affection pour ne pas me noyer dans ma rivière des émotions. L’hiver et féerique mais dehors il fait si froid. Il fait nuit et il neige.

 

Ce dessin ressemble à une carte féerique de noël à envoyer...

A envoyer à celui qui me manque.

Nous sommes un flocon.

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23 décembre 2020 3 23 /12 /décembre /2020 19:18
photo de Nathalie Bon

photo de Nathalie Bon

C'est un casse tête de démonter le lit médical. Si elles avaient su qu'il se démonte. Il est si lourd. Rosalie a mis une annonce sur le bon coin mais personne n'en veut. Emmaüs s'est déplacé aussi. Mais les gens malades peuvent en avoir gratuitement grâce à leur mutuelle de santé. Celui ci est bien trop lourd à transporter. Monsieur Meunier, un grand monsieur, moustachu qui a un peu d’embonpoint et qui est un peu rustre n'en a pas voulu.

 

Remonter le lit de mariage de ses grands-parents est en revanche un jeu d'enfant.

 

Le menuisier réalisa l'armoire à glace ainsi que le lit(en 140)pour les mariés.

C'était en chêne brut. Des roses étaient sculptées à même le bois.

 

Élisabeth, une petite dame rousse, apparaît sur une photo recolorée à la main, sa robe de mariée est faite de dentelles blanches. Un ruban mauve pour le corset. Elle tient un bouquet de roses blanches. A ses côté, il y a son époux Renaud, un homme brun, en costume bleu ciel(veste et pantalon) et en dessous une chemise bleu nuit. Sa cravate est blanche presque argentée. Ils posent devant une Deux-chevaux et en arrière plan on voit la maison dans le jardin et plus loin la mer à l'infini qui se détache du ciel nuageux. Les feuilles du figuier semblent vert-émeraude et les figues de couleur pourpre. Les feuillages de l'arbre ressortent comme des vitraux. Mais les personnages paraissent plus pâles. Dans la voiture, on aperçoit une petite fille assise à l’arrière, elle est blonde. La petite fille est coiffée d'un grand chapeau de paille avec un ruban bleu ciel. On devine son col dentelé autour de son cou très fin.

 

Au dos de la photo il est écrit: 14 juin 1960. Mariage d’Élisabeth et de Renaud. La petite fille Maud a un an.

 

Rosalie, la petite fille d’Élisabeth, retrouve la photo de ses grands parents dans le petit tiroir se fermant à clef. Elle n'a jamais vu cette photographie. Ses grands-parents étaient très beaux et sa mère était très mignonne. Rosalie est très émue de retrouver ce souvenir...Et il n'y a pas que cela dans ce tiroir, il y a la bague en or ornée d'une magnifique pierre bleu-émeraude. Rosalie reconnaît cette bague, Élisabeth l'a porté souvent. C'était Renaud qui l'avait offert à son épouse Élisabeth. Rosalie a des doigts fins. Elle l’essaye: visiblement sa mamie aussi avait des doigts fins. Comme Rosalie est un peu sorcière, elle nettoie le bijoux à l'eau de mer pour le délester de ses mauvaises énergies. Et elle recharge le bijoux à la lueur de la pleine lune.

 

Rosalie hérite de la maison de sa grand-mère morte cette année, en juillet, à l'âge de 94 ans. Son grand-père est mort il y a déjà 20 ans d'un infarctus.

Sa mère Maud l'aide à mettre de côté certaines affaires qui appartenaient à Élisabeth et à réaménager à sa façon mais des secrets restent comme des cahiers à lire, ou des diapos à regarder (mais l'appareil ne fonctionne plus)...Sa mère Maud l'aide aussi à rénover la maison. Des abat-jour a installés au plafonnier, refaire les peintures. Réparer la douche qui fuit.

 

*

 

Élisabeth et Renaud s’installèrent dans une maison au bord de la mer en 1958.

 

 

L’océan était gris et déchaîné. La pluie s'écoulait sur les vitres.

Ils étaient bien à l’abri à côté du poêle.

Il entendait le chant un peu lugubre du vent.

De gros nuages se déplaçaient dans le ciel. L'un était bleu.

Il y avait des rayons qui perçaient les nuages malgré la pluie.

On voyait des faisceaux dorés tombant sur la mer. Et des goélands les traversaient. Se laissant glisser sur le vent. Les vagues heurtaient violemment les roches. Les mouettes qui se posaient se faisaient éclabousser.

Le couple était attablé autour d'une table ronde. Ils mangeaient des huîtres et buvaient du vin blanc. Ils avaient chacun leur moitié de citron. Et ils tartinaient un peu de beurre sur leur tranche de pain. Les lueurs de la lampe à pétrole vacillaient joliment sur la table. Ils avaient chacun leur petits opinel. Ils détachaient l’huître de la coquille. La petite fille était sage. Assise à sa haute chaise d'enfant. Elle mangeait déjà seule et proprement de la purée de pomme de terre et de carotte. Maud ne mangea pas tout. Élisabeth ramassa son assiette et lui proposa une pomme cuite au four, au miel et à la cannelle. Élisabeth en avait fait trois, une pour chacun.

 

Rosalie sait qu'elle assiste à une scène du passé: Élisabeth et Renaud ne peuvent pas la voir. Mais la petite fille l'observe et c'est pour ça qu'elle n'a plus faim. Elle est intriguée par cette inconnue: une jeune femme en noir aux longs cheveux. L'inconnu traverse le couloir et entre dans la chambre. Elle s'observe doublement dans les glaces de cette armoire. Elle adore cette odeur de cire d'abeille qui fait scintiller le bois. Elle ouvre le meuble. Fait tourner la petite clef. Les portes grincent un petit peu. C'est risqué. On peut l'entendre. Mais ils sont en train de débarrasser la table et de faire la vaisselle. Dans la penderie elle retrouve la robe de mariée d’Élisabeth et le costume de Renaud. Les habits sont exactement comme sur la photographie pourtant repeinte à la main.

La petite fille Maud intriguée par l'apparition prétexte qu'elle a envie d'aller faire pipi pour se libérer de table. Mais elle a besoin d'avoir beaucoup plus de temps:

 

-Puis-je manger la pomme cuite au goûter maman?

-Bien sûre ma biche, tu peux sortir de table et aller jouer.

 

La petite fille emprunte le couloir...Il y a le parfum de cette fille qui flotte. Elle la retrouve dans la chambre de ses parents en train de caresser du bout des doigts la robe qui scintille sous ses doigts. Rosalie sursaute. La petite fille sur la pointe des pieds ôte la robe de la penderie et elle la libère du cintre.

 

-Madame je ne dis rien à maman et à papa mais je veux que tu sois ma poupée le temps d'un jeu...

On dira que c'est le jour de ton mariage...Tu vas enfiler la robe.

-Tu parles bien pour une petite fille de ton âge.

-Oui ma maman est institutrice et mon papa est libraire...D’où mon vocabulaire avancé pour une petite de mon âge!

-Félicitation Maud!

-Comment sais-tu mon prénom?

-C'est difficile à expliquer...Moi je m’appelle Rosalie.

 

Rosalie se cache derrière le paravent et enfile la robe.

Elle pense aux livres de lecture, d'école, qu'elle a retrouvé dans la bibliothèque chez sa grand-mère Élisabeth.

La petite fille lui serre le corset. Maud est surprise car elle n'est pas un fantôme...

 

-Rose-a-lie c'est merveilleux, j’entends battre ton cœur et je peux te toucher. J'ai pensé que tu es un fantôme. La petite fille Maud à du mal à prononcer son prénom, elle détache chaque syllabe.

Maud lui donne des chaussures de vair qui vont avec la robe.

 

-Mais tu as les mains froides.

Constate Maud. Rosalie rit et rétorque:

-Maud, tu vois souvent des fantômes?

-Des fantômes, des fées, des anges, des licornes...

-Maud, je ne devrais pas être ici, tu sais.

 

La petite Maud fait asseoir Rosalie devant la coiffeuse et à l'aide d'une brosse ronde en bois elle lui démêle les cheveux. Elle hume son oreille, là où les dames se mettent du parfum.

 

-C'est étrange tu portes le même parfum que ma mère. Rose, violette, fougère mais il y a quelque chose de différent. En plus tu as un air de famille.

-Est-ce que ce parfum existe réellement?

-Oui, bien sûr, mais je ne sais pas où elle le range. Comme je lui emprunte ses affaires de beauté...Elle cache certaines choses.

-Comment s’appelle son parfum?

-Rose-a-lie je ne sais pas encore lire. Mais le flacon est de forme ovale. Une biche est gravée dans le cristal. Autour les flocons de neige se confondent avec les étoiles. Le bouchon est de forme ronde. En cristal aussi. On dirait un diamant. Il se visse dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Le liège résiste un peu quand on ôte le bouchon.

 

Rosalie tente d'imaginer le flacon qui semble très raffiné. Elle n'a jamais vu un flacon comme cela. Élisabeth entre dans sa chambre et elle surprend la petite fille devant la coiffeuse, avec la brosse dans la main, en train de coiffer une femme imaginaire...Et elle parle à voix haute.

 

-Mais elle était là! Lui dit la petite-fille.

-Qui est-ce? Élisabeth est un peu intriguée.

-Elle s’appelle Rose-a-lie.

 

Aussitôt prononcé, aussitôt Élisabeth est triste. Rose et non pas Rose-a-lie(qui est prénom semblable avec la même racine) était la petite sœur de son père. Rose s'était donnée la mort en se jetant dans un puits. Pour une histoire d'amour. Il y avait probablement d'autres raisons cachées. Mais on en parlait pas.

 

-Je veux que tu ailles te reposer un peu dans la chambre, après je te prépare un chocolat chaud.

 

Élisabeth accompagne sa fille dans sa chambre, Maud se met au lit, Élisabeth la borde, lui fait une bise sur le front et caresse ses cheveux...

 

-Maman regarde sous le lit, si il n'y a personne...

Et s'il te plaît, ne ferme pas les volets.

 

La petite Maud ne dort pas très bien, elle fait des rêves...C'est pour ça que sa mère l’encourage à aller se reposer le tantôt. La nuit, la petite rejoins ses parents au lit. Elle ne dort pas beaucoup dans sa chambre. Élisabeth regarde sous le lit et il n'y a rien. Juste de la poussière...Du ménage à faire.

 

-Il y a juste des mimis...Des petits moutons.

 

Elle tire le rideau mais ne ferme pas les volets.

 

Lorsque Élisabeth quitte la chambre Rosalie est à son chevet, elle vient de dessous le lit alors que sa maman a vérifié, Rosalie souhaite parler à la petite fille...Celle ci se fâche car elle a un peu peur:

 

-Maintenant je veux dormir, laissez-moi!

-Tu dors déjà. Tu es en train de rêver...

 

Rosalie ne sait pas si c'est réellement un rêve. Rosalie la dame en noir quitte la chambre de l'enfant sans un bruit, regagne le couloir et retrouve l'armoire à glace où elle entre dans le noir ou bien dans le miroir: elle ne le sait pas très bien: elle ne s'explique pas très bien les choses...Après les vêtements, il y a un long couloir dans la nuit qu'elle traverse.

 

*

Rosalie se réveille de ce rêve si étrange...Comme un voyage dans le passé.

Elle est surprise quand elle ouvre l'armoire à glace. Il y a la robe de mariée suspendue dans la penderie et le costume de Renaud...

Hier encore ils n'étaient pas là.

Elle caresse du bout des doigts le tissu. Un peu comme dans son rêve.

Elle prend la robe dans ses bras, caresse le tissu, la fait tournoyer devant elle. «Est-ce qu'elle est à ma taille?» Elle a presque envie de l'essayer mais Flocon, un petit chat blanc, trouve une pelote de laine blanche dans l'armoire et joue avec...Élisabeth tricotait des pulls, des chaussettes, des écharpes des gants, des bonnets et accessoirement des habits de poupée quand elle était petite. Le chat cache la pelote de laine sous le lit. Le fil dépasse du lit. De ses griffes, le chat en boule maintient la pelote emmêlée contre son ventre. Il n'arrive pas à se défaire des fils. Cela l'énerve un peu: il mord la pelote. Quelque chose attire Rosalie...Il y a quelque chose sous la latte. Elle cherche avec sa main. Une photographie tombe. Rosalie ramasse l'image et l'observe. Sur cette photographie couleur sépia, cette jeune fille lui ressemble beaucoup. Cette jeune fille tient dans sa main un flacon de parfum. On devine un sapin de noël derrière elle. C'est peut-être un cadeau de noël. Il est ovale, avec un bouchon rond, une biche est gravée et apparaît à travers les fougères. La petite Maud (c'est à dire sa mère enfant) lui en avait parlé au milieu d'un rêve. C'est troublant! Elle retourne la photo, il y a inscrit Rose 15 ans 25 décembre 1915, parfum offert par son ami à noël, mort dans les tranchées à l'âge de 14 ans.

Rosalie est si semblable à Rose des années 1915. Rose s'était-elle suicidée à cause de son ami mort à la guerre? Elle ne l'aurait pas supportée. Rosalie s'étonne qu'un jeune homme puisse avoir les moyens d'offrir un si beau parfum.

 

Rosalie remplie la gamelle de croquettes à Flocon, change son eau. Puis prend sa douche et s'habille, elle va chez sa mère qui habite juste à côté. Maud est encore en chemise de nuit et en robe de chambre. Tout en buvant un café Rosalie lui raconte son rêve qui semble si réelle. Elle lui montre les photographies qu'elle a retrouvé. Elle lui raconte avec beaucoup de détails. Sa mère ne sait pas grand chose mais le jeune soldat s’appelait Alexandre et ses parents travaillaient dans une boutique où l'on vendait du parfum et des produits de beauté.

 

-Maman peux-tu m’emmener sur la tombe de Rose?

-Oui, je me prépare et on y va. C'est assez loin, plus de deux heures de route, dans le village de Rufflec.

 

Maud finit d'avaler sa tasse de café en grimaçant. Elle n'aime plus le café dont l’arrière goût lui parait trop amer. Lorsque sa mère est prête, Rosalie monte dans la voiture de sa mère Maud. Chemin faisant Rosalie ouvre la vitre de l'Opel car elle fume une cigarette. Il fait très froid dehors. Rosalie est nerveuse. Les mains un peu moites. Son visage ne lui plaît pas dans le rétro car elle a mauvaise mine. Elle cherche un station de radio qui soit bien. La campagne en Saintonge est une campagne un peu désolée, Rosalie trouve ce paysage triste et ennuyeux. Elle se demande comment sa mère fait pour ne pas se perdre, ce sont des petites routes et il n'y a pas beaucoup d'indications. Enfin Rosalie lit Rufflec sur un petit panneau noir.

Elles arrivent devant une petite maison à l'abandon au beau milieu des champs. Les volets sont fermés. La maison est recouverte de lierre. Et il y a des ronces autour de la ruine. Ce fût là que Rose a habité avec ses parents Martha et Rodrigue et son frère Alain.

Maud souhaite entrer dans la maison mais la porte en bois est fermée à clefs. Elle regarde à travers la serrure, il n y a plus rien dans cette maison, plus de meuble, seulement des toiles d’araignées aux poutres et le plafond s’effondre, l'escalier est poussiéreux.

A côté, dans un corps de bâtiment, Rosalie découvre la carcasse d'une voiture, une Deux-Chevaux comme celle sur la photo de mariage.

Rosalie s'approche du puits: il est condamné.

C'était donc là qu'elle s'est jetée. Rosalie caresse la pierre, les rebords de ce puits, fait tourner la manivelle dans le vide. Un rosier grimpant s'est même enroulé autour du mécanisme et donne quelques roses de couleur rose-pâle.

 

-Est-ce juste après sa mort que le puits fût condamné?

Demande Rosalie qui se pique le doigt à une épine de rose. Une goutte de sang apparaît et coule à la manière des larmes.

-Non. En fait avec l'agriculture intensive l'eau dans les nappes-phréatiques est polluée.

-Je vois. Dit-elle mais Rosalie ne voit rien du tout.

 

Rosalie retourne s'installer dans la voiture, sa mère l’emmène au cimetière où il y a la sépulture de Rose, ce n'est pas très loin d'ici, c'est dans le village voisin. Il y a un médaillon, un portrait ovale incrusté à la pierre tombale. Rosalie reconnaît Rose et s’agenouille devant la tombe...Rosalie est en sanglot. Rosalie lit Rose Marelle née le 17 mars en 1900 et morte le 2 janvier 1916.

 

Rosalie est née elle aussi le 17 mars en 1990, elle est du signe du poisson.

 

-Maman est-ce que tu voyais des fantômes quand tu étais petite? Comme dans mon rêve.

-Oh non, pas moi. Mais toi, si, tu les voyais...

Ta mamie n'était pas au courant de cette histoire. Elle ne savait pas que son père Alain avait eu une sœur et qu'elle est morte à 15 ans en se donnant la mort. Ils n'en parlaient pas. Mamie l'a su a un age très avancé.

-Je ne comprend pas pourquoi la photographie de Rose était sous le lit...et dans mon rêve elle savait...

-Moi non plus je ne l'explique pas...Seulement le bois de cette armoire et de ce lit était un chêne dans le jardin, un très vieux chêne qu'on a sacrifié parce qu'il était malade.

 

Dans le jardin en friche derrière le corps de bâtiment où est garée la carcasse de la Deux-chevaux, Rosalie a remarqué le tronc circulaire d'un arbre tronçonné...De la mousse dessus, des souchettes. Il semblait vieux et il n'avait pas repris sa croissance. L'arbre devait être énorme. Assez pour en faire un lit et une armoire. Cala a dû être un crève-cœur d'abattre un si vieil arbre.

 

-Rosalie ta mamie ne le savait pas et moi non plus, sinon je ne t'aurais pas donné un prénom aussi semblable.

-Rose est le prénom d'une morte en effet. Mon rêve ressemble un peu à un voyage dans le passé mais il est un peu différent de la réalité. Mais je n'explique pas que les habits du mariage de mes grands-parents puissent réapparaître ce matin dans l'armoire alors que la veille ils n'étaient pas là...Et cela n'est pas vraiment lié à Rose.

-Mise à part que c'est un symbole. Le symbole d'amour. D'une union...Rose n'a pas eu cette chance puis-ce que son ami est mort à la guerre.

 

Mère et fille se promènent dans les allées du cimetière. Les feuilles craquent sous leurs pas. Le vent du nord est glacial. Rosalie frissonne un peu. Elles contemplent une dernière fois la sépulture de Rose. La jeune fille sur la photo ressemble à Rosalie. Rosalie a trente ans mais elle ressemble à cette jeune fille de 15 ans. Rosalie ne vieillit pas.

 

-Maman je pense que je suis la réincarnation de Rose. Je porte un prénom similaire. Moi aussi je suis née le 17 mars et je lui ressemble.

-Comme deux gouttes d'eaux! Mais il ne faut pas vivre dans le passé, tu as de belles années devant toi...

-J'aime beaucoup l'eau depuis toute petite. Je pourrais en avoir peur.

 

Rosalie va tous les mercredis après-midi à la piscine et elle est aussi danseuse aquatique.

Mais elle fait beaucoup de mauvais rêves depuis toute petite dans lesquelles l'eau submerge tout et parfois elle se noie. Elle ne peut plus respirer.

Elle rêve aussi de vortex comme les trous noirs dans l'espace.

Ou comme les expériences de vie après la mort. Où au moment de naître. Au sortir du ventre de la mère. La vie et la mort sont intimement liés.

Rosalie imagine la noyade de Rose. Dans un puits cela devait-être si profond et on doit se faire emporter dans un mouvement de spirale, un peu comme l'eau tournoyante autour du siphon.

 

-Il était très profond ce puits? Demande Rosalie dans un souffle. Elle est à la fois effrayée mais fascinée.

-Oui très profond! Répond Maud.

 

Au chemin du retour Maud fait une pause à une station service.

Elle remet un peu d'essence dans la voiture et elles décident d'aller se restaurer au snack.

 

Lorsque Rosalie rentre chez elle il n y a plus la robe et le costume de mariage de ses grands-parents dans la penderie. Mais la bague est toujours là dans le petit tiroir. Elle vérifie sous le lit, sous la latte du lit il n'y a rien qui permette de ranger des documents comme une photo. Pourtant elle n'a pas rêvé. Les deux photos elle les a mise dans une grande enveloppe et elle les a fait voir à sa mère. Rosalie sort de son sac à main l'enveloppe et vérifie, les deux photos sont là: une des photographies du jour du mariage d' Elisabeth et Renaud avec leur fille Maud. Et la photo de Rose devant le sapin de noël tenant un flacon de parfum très raffiné dans ses mains.

 

*

Le lit où dort Rosalie flotte sur la mer. Elle sait qu'elle est en train de rêver.

Elle se retourne dans son lit une autre fille qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau dort à ses côtés mais elle n'est pas réelle, elle est nue sous une robe bleu(comme la couleur de la bague d’Élisabeth), la robe est tournoyante est elle ressemble à de l'eau, à un tourbillon autour de son corps...Ses longs cheveux ondulés sont en forme de vagues.

Des branchages avec ses feuilles de chênes naissent au niveau de la tête de lit.

Les pieds et les jambes de Rosalie redeviennent des racines qui pénètrent dans la terre.

L'herbe caresse son dos, ses bras, son oreille lorsqu'elle se retourne.

Rose n'est plus. Rose est sous l'eau turquoise.

Elle tourbillonne sous l'eau en s'éloignant vers le fond.

Rose à les yeux au ciel et pose une énigme.

 

*

La mamie de Rosalie est apparue dans le miroir de l'armoire à glace. La vieille femme a le visage reposé, ses boucles argentées joliment faites et elle porte une robe à fleurs avec gilet en laine bleu ciel. Et la turquoise à son doigt, à sa main gauche. Rosalie se demande si elle ne rêve pas. Son grand-père apparaît lui aussi et prend la main de sa bien aimée. Sa longue barbe blanche est vaporeuse et ses yeux sont malicieux.

 

-Les miroirs sont des portes et les vieux chênes assistent à l'histoire...Nous avons une lettre pour toi, nous l'avons mise dans le petit tiroir.

 

Ses grands-parents disparaissent. C'est son image qui se reflète à présent. Pour le réveillon de noël elle a mit une longue robe noire pailletée et des souliers rouges. Rosalie ouvre l'armoire à l'aide de la petite clef. Puis le petit tiroir avec l'autre petite clef. Rosalie trouve une lettre. C'est une lettre de Rose. Une lettre adressée à elle même, ou à Marie (comme une prière). Cette lettre à une senteur de forêt. C'est le parfum de Rose offert par Alexandre.

 

25 décembre 1915,

 

Chère Marie,

 

Je me fais un sang d'encre pour Alexandre.

Ils ne devraient pas envoyer de si jeunes personnes au front.

Nous serons adulte seulement à 21 ans.

Dans une lettre Alexandre a demandé à son père de m'offrir un parfum pour Noël.

Forêt enchantée est une nouvelle fragrance. Alexandre l'a choisit pour moi.

Mon père Rodrigue m'a prit en photo devant le sapin que j'ai décoré.

Dans ma prochaine lettre je lui envoie et je parfume mon mot.

Ma mère Martha prépare des pommes de terre et des pommes cuites avec des champignons qu'Alain à cueilli dans les bois. Elle ouvre aussi des huîtres mais je me demande si je peux avoir de l'appétit en imaginant Alexandre et nos hommes dans les tranchées.

 

Mon père est trop âgé pour aller à la guerre.

Alain mon frère a une santé fragile.

Ils ont pu y échapper.

 

Alexandre était naïf pour croire que la guerre n'allait pas durer longtemps...

Mensonge.

 

Hier soir nous sommes allés à la messe de Noël j'ai prié très fort.

Je veux qu'il me revienne. Je veux me marier avec lui quand nous en aurons l'âge.

La couronne de Jésus crucifié sont des roses aux épines qui le blessent un peu.

En contemplant cette statue j'ai songé que moi aussi Rose j'ai des épines dans la tête qui piquent, qui piquent...Le cœur et l'âme.

 

Je n'irais pas au paradis en souhaitant mourir mais ma chère Marie faite qu'il me revienne.

Je suis honteuse mais j'ai des mises en scènes tragiques(comme au cinéma) de moi. Disparaissant.

Lorsque je suis allée puiser de l'eau...Me voyant les larmes aux yeux au fond du puits j'ai songé à me noyer ici. Je deviens folle et je vais finir à l'asile si les miens étaient au courant.

 

Je veux qu'il revienne auprès de moi sain et sauf

Sans blessure ni même à l'âme.

Car j'ai beaucoup d'amour à lui donner.

Je serai heureuse je le promets.

 

Merci d'entendre ma prière.

 

Rose Marelle

 

Lorsque Rosalie a finit de lire, elle ferme l'armoire, serrant de ses bras la lettre contre son cœur.

 

Rose se tient devant elle mais cette fois ci elle n'est pas dans le miroir. Rose ne se reflète même pas dans la glace. Rosalie perçoit sa propre silhouette de côté qui ondoie comme une surface d'eau mais la fille devant elle ne se réfléchie pas. Rosalie est pâle. Rose est coiffée d'une couronne de roses, porte une longue robe blanche et elle lui donne le flacon de parfum. Rosalie n'ose pas le prendre car elle a un peu peur de ses visions.

 

-Ce parfum est à toi, autant qu'à moi...D'autant que je ne suis plus de ce monde. Mais tu sais que nous avons la même âme et maintenant que tu connais les secrets de famille, tu peux cheminer...Je ressens que tu vas retrouver l'âme d'Alexandre surtout si tu portes la fragrance de Rose.

-Je ne connais pas tous les secrets...Tant de mystère.

-La porte du vieux chêne te révélera bien des secrets et des souvenances.

-Ce n'est pas exact. C'est en forme de rêve.

-Oui mais les rêves révèlent ce qui est le plus essentiel ou quelque chose de plus subtil.

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  • : Mon univers sombre et féérique...Je m'appelle Prisca Poiraudeau,une rêveuse gothique, je suis passionné d'art...
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