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10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 18:37

Elle est en mouvement. Ses cheveux noirs au vent. Filet d’air frais venu de la lucarne entre-ouverte. Toile d’araignée _semble être un attrape-rêve_ ondule au gré de l’air. Sissi ne regarde pas l’objectif. La photo en noir et blanc semble prise sur le vif. Elle a peut-être dix-sept ans.  Un faisceau de lumière lunaire projette un rectangle sur le sol, à quarante centimètre de l’ouverture. La poussière _ paillettes d’or_danse en orbite autour d’un fil de la vierge en flottaison. Il pleut dans la douche. Une danseuse apparaît derrière Sissi. Elle est au seuil de la salle de danse que l’on devine…La danseuse _juste une silhouette, le visage flouté_ Sissi est vêtue d’une veste noire en simili cuir, ses jambes fluettes serrées dans un jean.  Ses pas touchent à peine le sol. Elle est de profil _diaphane et fine comme un croissant de lune_ avec un air de lutin. Une lueur brille sur sa joue. Peut-être une larme ? Elle sourit pourtant. Un sourire d’enfant timide en fait. Un sourire triste. Son œil d’égyptienne est noir. Ce que l’on ne perçoit pas sur la photo c’est la musique des sphères, un peu spatiale. Le grésillement et les sursauts subtils d’un tourne-disque. C’est la senteur d’un parfum mêlée à celle du savon d’Alep. C’est le carrelage glacé aux losanges noirs et blancs. C’est l’angoisse nichait au cœur de la poitrine de Sissi. Comme un coup de poignard. C’est la peur du vide face à l’espace infini criblé d’étoiles. Sissi à recouvert sa tête et ses épaules d’un châle de velours _bleu-nuit_ dans la nuit polaire, son ombre s’étire sur la route infini, absorbée par le point de fuite. De timides lueurs émeraude habitent les reflets des fenêtres songeuses…Une alpha-Roméo traverse la nuit. Un papillon bleu-ciel titube. Le parfum de Sissi- comme l’aura s’efface.

*

C’est dans le tiroir de la coiffeuse blanche en fer forgé que Lolita a retrouvé la photo. Fascinée elle la regarde. Elle distingue (sur la gauche) dans le miroir du vestiaire, au dessus du lavabo, une silhouette toute petite _la photographe. Une fille aux longs cheveux. Blonde. En tutu. Mais le flash éblouit son visage. Lolita retourne la photo, il est écrit (c'est une toute petite écriture serrée, penchée vers la droite) Sissi Polanski, ma meilleure amie, avril 1973.  Sissi est la maman de Lolita. Lolita à dix sept ans mais est encore très enfantine. Elle joue à la poupée. Une poupée danseuse étoile. Avec un tutu bleu-nuit. Elle a une maison de poupée mais aussi une salle de danse (en miniature) à l’échelle des poupées avec un vestiaire pour que la poupée puisse se métamorphoser ou prendre sa douche après sa leçon de danse. Lolita fait faire des exercices à la barre à sa danseuse. Il n'y a hélas plus de pille dans le tourne disque miniature. Alors Lolita chante d’une voix cristalline.

*

Avant de s’endormir Sissi lit une histoire à sa fille, La danseuse papillon. 

-Maman pourquoi tu ne danses plus ?

-Comment le sais-tu ? Je dansais…

-J’ai retrouvé une photo de toi dans la coiffeuse…

-Tu es entrée dans ma chambre…

-Oui...Mais je l’ai remise à sa place.  

-C’est Manon ma meilleure amie qui m’a prise en photo…Je rentrais à pieds. Il faisait très froid. Une voiture s’est arrêtée.  C’était mon père Ulrich…Il avait acheté une nouvelle voiture. Il était fier. Une alpha-Roméo noire. Il avait bu, un peu. Il avait un problème avec l’alcool. Mais ce soir là, il n’était pas trop ivre. Nous avons attrapés accident de voiture. Un chien a traversé la route, il a voulu l’éviter et la voiture a percuté un arbre. Nous étions presque indemnes. Je ne semblais pas blessé… Mais c’est quelques jours plus tard…J’ai eu des douleurs dans la colonne vertébrale. Je n’ai pas pu continuer la danse.

-Et le chien ?

-C’était un chien roux. Il a disparu en la forêt…La forêt qui bordait la route. Mon père ne l’a même pas effleuré…

*

 Sissi sort un petit coffre de son armoire à glace. Un coffre en bois incrusté de pierreries. Et l’ouvre avec une petite clef en or.  Les chaussons de danse par-dessus le tutu bleu-nuit. Un flacon de parfum en forme de papillon de couleur bleu-ciel. Une photo. Manon cygne blanc et Sissi cygne noir.  Elles sont sur la scène, sous un faisceau lumineux. Face à face. En miroir.

Lolita assise par terre, dans la chambre de sa mère, découvre les objets et la photo. Elle respire l’odeur du tutu et le serre contre sa poitrine. Sa mère a recouvert ses épaules de son châle. Le châle bleu-nuit qu’elle aime tant, qu’elle portait déjà adolescente. Un cadeau de Manon. Sissi ne se reflète pas dans la coiffeuse blanche en fer forgé. Comme si elle n’était plus…Sissi est un fantôme. Elle sort une cigarette de son jean et s’en grille une. Elle est nerveuse. Elle tourne le dos et paraît si fluette. Toute vêtue de noire. On dirait un chat triste.

-Et Manon ?

-Elle était venue me visiter à l’hôpital. Elle m’a apporté des chocolats. Elle m’a serré très fort dans ses bras. Quand nous étions petites, elle venait souvent à la maison…Elle dormait chez moi. Nous jouions à cache-cache et à la poupée. Nous nous maquillions assise devant cette coiffeuse. Ma mère faisait des merveilles ou des crêpes.

*

Lolita se déshabille et enfile le tutu de sa mère. Il est à sa taille. Lolita se regarde dans le miroir de l’armoire.

-Maman, j’aimerai devenir danseuse étoile.

Sissi revient dans la chambre. Sursaute en découvrant sa fille. Elle est surprise car elles se ressemblent comme deux gouttes d’eaux…Après un long silence, Sissi lui répond enfin :  

-Je veux bien t’inscrire dans une école de danse, si tu veux. Mais j’aime aussi t’entendre chanter. Tu es un rossignol !

Sissi étreint Lolita. Dehors la neige tourbillonne. Le disque Pro Mémoria s’enclenche.   

Les jeunes filles au vestiaire
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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 08:29
Naiade fantôme

La naïade fantôme est blessée,

Si au fond, il ne la comprend pas

Et s’il veut la métamorphoser...

Au fond d'elle, elle veut être aimée

Pour ce qu'elle est et même dans

son extrême fragilité...

Dans ce flot d'émotivité souhaite t-il
l'abandonner à elle même?

Au fond de ses abysses, elle

enfile une queue de sirène, à

ses jambes fuselées, et ses

nageoires sont autant d'ailes

à fleur d'eau, à fleur de sensation,

Et elle chante, un filet de voix qui le

rend captif de son charme.

Et elle danse, danse...sur le flot

Ses reflets sur l'eau, autant de lames,

autant de larmes...

Autant d'images sur les lames

d'un oracle...Elle s'est dévoilée,

Au creux d'un coquillage, mais

Comment Être. Sans le voile d’écume.  

Si il ne peut la comprendre et

l'aimer où elle en est.


"Ne me secouez pas,
je suis remplie de larmes!"

 

Il est toujours à la surface de

ses sentiments, c'est cela l'humanité

alors que les sirènes sont

si profondes...Une turquoise

scintille timidement en son âme,

il ne pleut l’effleurer

il réfléchit à la surface,

et ne l’aperçoit plus

elle est dans son château

Sous les eaux, réfugiée

dans le sommeil, un

sommeil océanique peuplé de rêves et

de ténèbres.

 

Naiade fantôme
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 16:11
Lecture du conte Le Kitsune de la voie ferrée
C’était une nuit, ivre, tu l’as trop frappée, tu avais bu un loup enragé, et l’orage sillonnait le ciel, zébrait à travers la fenêtre, où elle se recroquevillait, sous les coups électrifiés. Le tonnerre grondait, tes mains orageuses, mêlées à ses cris, étincelaient, à fissurer la vieille maison. Des taches bleutées apparaissaient sur le blanc calcaire de sa peau. La pleine lune a débordé d’émotions… L’averse frappait sur les vitres. Et une ombre s’est étirée dans la pénombre de la pièce… La gueule d’un loup, aux grandes oreilles pointues. Il a gratté à la porte de chez nous. Il la griffait en grognant. Des griffures apparaissaient, des perles de sève coulaient sur le bois mort comme des gouttes de sang. Un moment, ta main est restée figée en l’air, surpris, terrifié. La femme gisait à tes pieds dans une flaque de sang où la lune se reflétait. Tétanisé, tu étais devant la porte, les mèches de tes cheveux corbeau ombraient ton regard… Un grand coup de patte de la bête, vibrations du bois se tordant, la sève rouge a giclé sur ta gueule. Ton cœur cognait dans ta poitrine comme le coucou devenu dingue d’une pendule. La porte n’a pas cédé malgré la férocité de la bête, mais tu as vu la clef se retourner toute seule dans la serrure. La petite clef en argent est tombée sur le sol. Sa chute a retenti sur le carrelage noir et blanc, aux motifs d’abeilles. La bête s’est jetée sur toi, gueule ouverte, a dévoré tes cris, déchiqueté tes chairs…
 
Depuis je vis seule dans cette maison…
 
Un ancien chemin de fer traverse le jardin, parfois j’imagine surgir le train, alors que je joue l’équilibriste suivie du petit chat noir… Ma robe blanche est phosphorée dans le noir. Le petit chat joue avec mes rubans… L’écho de mon rire dans la forêt.
 
Je repense à ces souvenirs assise devant ma coiffeuse, coiffant mes longs cheveux avec un peigne couleur caramel que j’ai l’habitude de mordiller lorsque je suis nerveuse.
 
Les photographies sont éparpillées en éventail sur la moquette. Papa et maman s’enlacent, sont souriants, je suis un bébé.
 
Les vieilles tapisseries à fleurs sont jaunies… Un lambeau de lumière passe à travers la fente du volet. Le petit chat noir joue avec la poussière scintillante. Les poupées et les ours en demi-cercle autour du tableau apprennent leurs leçons.
 
La poupée Barbie se baigne dans l’eau (devenue froide) du bain. Semble morte.
 
Un cafard se promène dans l’évier, le robinet goutte à goutte. L’eau clapote sur la carapace noire de la bestiole.
 
Une souris grise grignote de l’emmental dans son trou, qu’elle a volé sur la table de la cuisine.
 
Je suis une petite fille qui a oublié son prénom. Je suis seule ou presque, j’ai le petit chat noir et les doubles de moi dans le miroir. Je ne vais plus à l’école, ça fait longtemps… Tant mieux, je n’aimais pas ça. Personne ne s’occupe de moi. Personne ne me donne à manger. Je me fais à manger toute seule. Le frigo, les placards ne se vident pas… Par exemple le chocolat en poudre que je mange à la petite cuillère, durant la nuit se re-remplit, au même niveau que le jour de la mort de mes parents. Ou plutôt la nuit de leur mort. Lorsque je mange je ne grandis pas, je ne grossis pas. Tant mieux car les grandes personnes ont peur de grossir… Mais je ne sais pas si je vais devenir une grande personne. Si je ne mange pas, je n’ai pas faim. Je mange par gourmandise. Des tartines de confitures à la groseille. Des poires au chocolat. Des merveilles.
 
Je me déguise avec les habits de ma mère. Porte ses hauts talons. Ses longues robes bohèmes à fleurs, à franges… Elle était petite et très frêle et moi je suis âgée de douze ans alors ses vêtements sont presque à ma taille. Je me maquille et me parfume.
 
J’étais en train de dessiner assise à la table de la cuisine. Une maison avec une cheminée, un renard devant la maison sortant de son terrier. Un terrier au pied d’un hêtre. Et moi en robe bleue marchant sur la voie ferrée.
 
J’ai vu par la fenêtre un renard aux poils dorés, et de nombreuses queues se dédoublant en éventail… Sept je crois. Il avait de grands yeux ronds très féminins. Comme s'il s’était maquillé. D’un bleu intense. Je suis sortie.
 
– Je suis un Kitsune. Tu devrais me suivre, si tu ne veux pas rester coincée ici.
 
Le renard s’en est allé, longeant la voie ferrée, pénétrant la forêt. Je l’ai suivi. Le petit chat noir nous suivait aussi. Nous avons marché longtemps sur l’ancienne voie ferrée. Les branchages et les ronces m’ont souvent gênée. Chemin faisant je trouvais des baies, je m’arrêtais pour en manger. Le renard impatient m’attendait, remuant ses sept queues sur le sol. Faisant virevolter la poussière, le feuillage mort. Kitsune n’était pas très bavard.
 
– Dépêche-toi avant que la nuit tombe.
 
Le feuillage, les brindilles cachaient la voie ferrée. Nous avons longé un long moment une rivière. J’ai bu un peu d’eau. Et je me suis baignée. Le renard a bu lui aussi. Il ne se reflétait pas dans l’eau…
 
– La nuit va tomber, vite, dépêchons-nous, chevauche-moi, tu marches trop lentement…
 
Je suis montée sur son dos, le chat aussi, et je me suis agrippée. Il a pris son élan, ses griffes griffaient le sol, il a accéléré… Nous allions à vive allure, ses pattes touchant à peine le sol… Le vent contre mes joues, contre notre corps… Car nous ne faisions qu’un, moi dans le prolongement de lui, de son corps animal. Son poil comme les hautes herbes au vent baigné de soleil. Le vent faisait virevolter mes cheveux, le feuillage des arbres nous fouettait. Basculé en avant, puis en arrière. Le soleil orange était bas, illuminant la verdure, allait se coucher. Le ciel mauve. Les oiseaux noirs.
 
Nous sommes enfin arrivés à la gare. Il n’y avait personne, juste un train, elle était ancienne, mais ce n’était pas une gare abandonnée… Et le Kitsune s’est métamorphosé en très jolie femme rousse. Elle m’a prise par la main, et m’a fait monter dans le train. Sur la marche, elle m’a murmuré :
 
– Tu t’appelles Limika, ne l’oublie pas, c’est important !
 
– Ah oui c’est vrai !
 
J’avais oublié mon prénom comme personne ne m’appelait.
 
– Tu vas dans le royaume des morts, droit dans l’un des rayons du soleil, le royaume céleste, rejoindre tes parents, ils t’attendent…
 
– Je ne veux pas y aller, j’ai peur… Je ne veux pas brûler. Ils se disputaient tout le temps… Je ne veux pas y aller… Je ne veux pas les voir !
 
– Que tes mots sont durs ! Dans la bouche d’une petite fille !
 
Le Kitsune me reprocha mes mots, puis me rassura :
 
– Ne t’en fais pas, là où ils sont, ils sont en paix…
 
– Et le petit chat ?
 
– Il reste là, il fait partie des vivants, je m’en occupe.
 
Le petit chat a miaulé d’une douce voix, se frottait à la blanche cheville de la belle femme. Elle l’a pris dans ses bras. Caressait son museau fin. J’ai embrassé le chat puis je suis montée dans le train. Je me suis assise. Par la fenêtre, j’ai vu son visage à l’abondante chevelure rousse s’effiler, se transformant en renard, courant à contresens, déterminé… Comme si le point de fuite, de la voie, l’avalait, elle aussi. Tirer ses sept queues vers la mort. Elle se débattait. Le petit chat noir s’agrippait de ses griffes sur son dos. Moi la rivière m’emportait. Je suis passée dans un tunnel lumineux, éclaboussé d’eau, la lumière intense ne m’aveuglait pas, ne me brûlait pas.
 
Je veux parler d’une jeune fille que j’ai rencontrée à l’occasion d’une lecture publique de ses Nouvelles, "La demeure des chiens fantômes". Je pense qu'elle ne m'en voudra pas. Elle s'appelle Prisca. Telle qu’elle m’apparaît, elle est très frêle, jolie, fragile, sensible, elle lit son texte à voix basse, dans un souffle, et s’excuse de mal lire et s'excuse d’exister. C’est une petite fée qui murmure le texte de son univers, illustré par de petits dessins singuliers, non sans une certaine inspiration de Chagall. L’univers est enfantin, il me ramène à mon fantasme ancestral de vivre seule sur une île avec mes morts et mes chats. ça fait peur aussi, un peu ; mais les enfants ont aussi peur des fantômes. Et puis la petite fée noire est comme moi, elle flirte avec la folie, douce Prisca.
Je me suis sentie bien dans sa bulle.
J’ai eu envie de la protéger comme si elle avait été ma petite sœur de cœur.
Catherine Andrieu (poétesse) 
 
 
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 10:24

Tu as plongé dans tes abysses, en un puits infinie, dans le cosmos ou sous la terre...Il faisait peut-être nuit comme dans ces pays du nord...Et tu souhaitais dormir pour oublier, flotter dans l'eau du ciel...Tu semblais fragile mais j'ai cueilli des émeraudes en toi et tu es traversé par les couleurs des aurores boréales...tu as parfois ouvert la porte de ton âme mais l'écho n'était pas celui que tu voulais entendre. Et tu ne te reconnaissais pas dans les miroirs ...Tu ne t'es pas senti aimé alors tu as fermé ta porte à clef. Tu n'étais pas compris des autres dans ton extrême émotivité sauf de moi, ta fille adoré. Tes démons faisaient partie de toi, née des failles de ton existence...Tu as finis par les apprivoiser puis ce que lutter était bien plus douloureux. D'autres disent qu'ils t'on vampirisés. Moi je ne pense rien...La vie est une initiation. C'est douloureux d'apprendre.
Les vitraux sont en éclat. Autant d'ailes déchirées. Ton âme est brisée mais scintille...des larmes... Tu n'allais peut-être pas bien mais tu étais profond et moi papa je suis la même, perdue au fond de toi, au fond de tes yeux si clairs, dans le cœur d'une baleine qui chaque jour me broie. J'ai cherché la lumière en écrivant ses quelques mots maladroits mais j'ai le sentiment que cela ne suffit plus et je n'arrive même plus à écrire tous les jours. Je souhaite dormir, oublier, flotter dans l'eau du ciel...Hier soir je me sentais en colère. J'en ai eu assez de toujours pardonner. J'ai pardonné trop tôt, c'est à dire que je porte la responsabilité de vos maux et de la violence. J'aurai dû pardonner après...Ce matin je me lève et je te comprends, je te pardonne. Je me comprends aussi même si les autres ne me saisissent pas. Si perdue. Petite fille en proie à la peur du vide. Abandonnée. Est-ce que les arcanes du passés sont aussi dans les miroirs du futur? Je suis noyée à l'océan lunatique et je mène l'existence d'une naïade fantôme. Une lueur brille parfois dans ma paume. Je suis en silence. En apparence.

Lettre venue d'une abysse nuitée
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 09:56
Photographie d'Ellen Rogers

Photographie d'Ellen Rogers

Le bord du fleuve

Il y a au bord du fleuve
Une fille à robe rouge
Attendant la nuit pour vivre,

Tellement sauvage et belle
Qu’un soleil éblouissant
Marche au milieu de ses rêves,

Il n’a de ciel que ses yeux
Derrière une ombre d’orage
Couvrant l’azur interdit.

Une fille au bord du fleuve
En chemin vers une image
Que le jour ne peut montrer.

Les lampes, l’une après l’autre,
Les lampes prennent sa robe
Et la déchirent sur l’eau,

Mais jamais jusqu’à la chair,
Mais jamais jusqu’au soleil
Barré de chaudes ténèbres.

Partout montent, se confondent,
Des arches de nuit profonde,
Elle est nue, elle est cachée.

Henri Thomas (1912~1993)

 

Samedi 19 aout,

Cette nuit j'ai rêvé de nous. Nous étions à bord d'un gros bateau (mais pas un bateau pour les touristes) direction La Normandie. C'était très exaltant. J'étais allongée sur le balcon du bateau, à l'avant, contre la barre de fer parce que toi tu étais assis là. Tu n'avais pas peur...Moi j'étais en déséquilibre. J'avais une sensation de vertige. Mon corps était à moitié dans le vide alors que nous arrivions au port du Havre. Je pensais que c'était le Havre car c'était un port de pêche assez impressionnant, austère et industrielle... Je t'ai demandé de t'allonger à côté de moi et de me retenir pour ne pas que je tombe. Ce que tu as fait. Je revois des couleurs rouge et bleu nuit de grosses coques de bateaux. Mais aussi les vagues grises et noires...Il y avait la présence de ma mère...Elle nous avait préparé des sandwichs, de la salade et j'étais un peu contrariée. Elle nous accompagnait un bout mais elle allait repartir, je crois...Il y avait dans ce bateau une petite cuisine pratique comme dans le camping car et les hommes de la mer en haut de l'escalier de fer nous parlait et nous les remercions de nous avoir accueilli à bord.

 

photos de Clair-obscur source https://lenversdescorps.wordpress.com/2017/09/21/summertime-sadness/
photos de Clair-obscur source https://lenversdescorps.wordpress.com/2017/09/21/summertime-sadness/

photos de Clair-obscur source https://lenversdescorps.wordpress.com/2017/09/21/summertime-sadness/

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 13:58
Les flocons de neige

J'ai cru voir ton visage dans un flocon de neige,
Un diamant froid glissant sur ma joue
Un médaillon

 

Du ciel, je ne t'ai oublié

 

La neige danse et éparpille sa magie
Je ne sais si je suis triste ou émerveillée...

 

Quand la neige tourbillonne, je vois des fantômes danser...

Se souvenir les réveille...


Ils sont là...entre les squelettes des chevaux...

 

Mais les hautes herbes glacés, si blanches, ne
se plient plus au vent...seule lui chante...Mais je
peux percevoir d'autres voix, dans les miroirs des
miroirs des lacs...Lorsque je feuillette...
pellicule après pellicule...de glace.

 

Toutes ses images, ses mémoires de l'eau...

 

Le flot des larmes déchire la robe des sapins des bois...(Les seules témoins de la scène)

 

Et si la neige fond dans ma paume elle empreinte mes voies...

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 09:47
Les jeunes filles au vestiaire

C'est dans les vestiaires glacés qu'une fille pleure assise par terre, en dessous du lavabo...Blanc comme l'ivoire. C'est dans son silence que j'ai entendu ses pas. Les sabots subtiles d'une licorne. Elle s'est défait sa queue de cheval en partant, s'est habillée rock’n’roll. C'est dans un miroir furtif qu'elle s'est mit du rouge à lèvre...Les larmes aux yeux. Et a filé dans la nuit...C'est ici que j'ai dit à Emma mon secret.
Juste un endroit qui est "entre"...ou elles préparent leurs métamorphoses...Elles ne s'en préoccupent pas, elles papotent et rient. S'attachent les cheveux. Certaines filles ont une aura féminine...D'autres sont mal dans leurs corps...Certaines sont heureuses d'aller à la gymnastique, d'autres ne le sont pas...En sortant, les plus tourmentées s’allument des cigarettes qui brillent comme des lucioles la nuit...La vie d'une lycéenne à sa part d'ombre et de lumière. Il y a parfois une fille solitaire...Et les autres...Mais les autres la vampirisent parfois... Quand elle n'ose pas être elle-même. Pour Être, à l'infini-Aimé.

"Alors quand je cours j'oublie, j'oublie...Qui je suis."

C'est un chant dans un écho que les murs ont oubliés...Je l'ai surprise. Elle était toute seule ici, dans les vestiaires et elle ne m'a pas regardé...

"Alors quand je cours j'oublie, j'oublie...Ce n'est plus la même douleurs, ce n'est plus la même...Je donne tout de moi."

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 14:17
Lizzie Saint Septembre

Lizzie Saint Septembre

C'est peut-être la fille de Pan, c'est le feu mais c'est surtout le vent, c'est parfois la rivière...c'est insaisissable...
C'est la silhouette qui fille...
C'est le tintement de ses sabots...
La cascade d'un rire...

La fille bélier a un saphir entre la poitrine,
Elle a deux cornes tressés, elle est indomptée...
Elle est émotion, la pierre à l'état brut...Mais elle
est entière. Et ses yeux reflètent le cosmos émerveillé...

Au bord du précipice, elle a toujours peur du vide...

Car les filles béliers, aux longs cheveux détachés, escaladent la montagne...tout à fait insouciantes...

-Jeunes innocentes, il est trop tard pour avoir peur! Il fallait y songer...

Mais moi je vis! Comme un brin d'air, comme un ruisseau qui court...Sans songer au lendemain.

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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 16:49

Rêve II
Bercée par la lune, la jeune femme semblait dormir paisiblement sur le sable finement granuleux; les étoiles illuminaient ses rêves, refoulement de joies et de peines... Mais ce n'était guère une plage où elle s'était échouée!
Dans son sommeil, les branches des arbres se pliaient pour lui tenir la main et la réchauffer par la caresse de leurs doux feuillages. Faiblement éclairé par le jeu du clair obscur, son visage s'adoucit peu à peu malgré les cauchemars qui viennent hanter sa nuit.
Étendue de tout son long, son corps d'apparence frêle ne frissonne pas au contact de ce lit de neige d'une blancheur pure. Étrangement, les flocons cotonneux l'entourent sans la recouvrir. ils fondent dès qu'ils se heurtent à l'émanation de sa simple présence.
Ses fines mains croisées sur le haut de sa robe de lin précieusement dentelée dont les mailles serrées dessinent les courbures de ses formes au point de la dénuder, ces mains écoutent la palpitation des battements de son cœur au gré de ses rêves...
[...]
Lorsqu'elle s'éveille dans la coquille aux écailles acérées qui la protège des vautours tournoyant au-dessus d'elle, ses paupières commencent à cligner légèrement et ses pupilles à se dilater au fur et à mesure que s'ouvrent ses yeux d'un bleu se confondant avec la couleur du ciel, comme s'ils se miraient l'un dans l'autre...
Se levant prudemment, elle parvient non sans effort à se tenir debout et, tournant sur elle-même afin d'observer ces lieux inconnus, elle sent vaciller ses souvenirs...
Dans sa mémoire, toutes les images et sonorités tendent à se perdre dans leur sens d'ordonnance: des paysages absorbant le regard le plus indifférent, des chants d'oiseaux, d'animaux sauvages ou en élevage et des visages déformés et usés par le temps, ...
En perte de repère, la belle n'ose faire un pas alors que l'océan l'appelle de toute la force de ses vagues et du mouvement de leur ressac.Ses pieds nus sèment leurs empreintes plus profondément à chaque rapprochement de l'eau.
Sur le sable humide, elle s'accroupit pour plonger ses mains dans le liquide translucide et observer les jeux de l'eau sur ses doigts aux ongles vernis d'un rouge d'une intensité corruptrice. Sa robe s'imbibe rapidement de la matière de l'océan puis s'alourdit jusqu'à perdre ses plis si bien sculptés sans pour autant se froisser...
Sans hésiter, elle recule de l'océan, soudainement paniquée par le retour à la réalité; elle ne peut s'abreuver de cette étendue bleuâtre dans laquelle le ciel lumineux se reflète. C'est une certitude pour elle à présent: elle appartient au monde onirique et rien ni personne ne pourra l'en dissuader...
Elle est destinée à demeurer libre et pailletant les rêves des enfants... Ces âmes innocentes auxquelles elle tente d'ôter toute disgrâce. Elle ne retournera plus dans la coquille où elle s'est éveillée au contraire!
Le cœur léger et l'esprit serein, les ailes de la jeune femme s'ouvrent et voilà qu'elle se découvre fée.

 

Juana

Poéme de Juana (écrit en pensant à moi)
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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 20:35
Yasmine

 

Yasmine ton filet de voix est un voyage
Un faisceau de lune...
Ensorcelée je suis
Le fascinant saphir saigne au chœur de toi,
Dans mon sommeil j'écoute la litanie,
Qui résonne...dans ta poitrine,
Je suis dans une mosquée, je suis dans
un palais, je suis au jardin enclos...
Femme fantôme aux voiles pourpres,
Parle-moi de ce Djinn
Je semble sous les eaux les
nuits de lune de sang et tes yeux
Sont de l'émeraude...
Comme l'eau de la fontaine,
Filet de voix,
Filet de féminité...
Qui ma terre mère absorbe.

 

Certaines chanteuses sont des vampires
Elles semblent avoir 20 ans, mais elles ont l'âge de leur âme,

 

Elles sont écorchées, il y a le reflet dans ce filet de voix
Dans ce filet d'eau qui file...Il y a le reflet...
la brisure et l'abysse...

 

Et je sombre avec Yasmine, je file
Sous terre, filet de sang...

 

 

*

Le disque de lune,

Le filet de voix

Pleure…

En pétale de rose

En l’espace

De l’instant.

Yasmine
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